25/06/2023
Quand le client rentre dans le cœur,
Voici l’histoire de A. (un de mes client), qui a des problèmes psychiatriques légers (schizophrénie) et qui a été interne (par erreur) dans un service psychiatrique sans sortie, et comment j’ai réussi a le sortir de cette histoire…de fous !!
L’histoire de A. m’a tout de suite ému... et énervé aussi, A est un garcon simple et sensible, qui a une âme sensible et douce. A. a immigré en Israël avec sa famille, venant d'un pays en voie de développement. Malheureusement, leur expérience antérieure des systèmes de santé ne correspondait pas à la réalité israélienne, surtout en ce qui concerne la santé mentale.
A. est une personne avec des difficultés cognitives, qui, ne sont gênantes ni pour lui ni pour son entourage A est calme et gentil. 2 semaines après avoir fait son alya, ses médicaments avec lesquel il est venu sont epuises.
Sa mère, désireuse de lui procurer un traitement continu, a pris la décision de se rendre à l'hôpital. Cependant, sans connaître les subtilités du système de santé israélien, elle a fait la scene habituelle pour recevoir le traitement, comme elle en avait l’habitude dans son pays. Sa chère mère a exprimé les préoccupations de manière exagérée, espérant ainsi obtenir l'attention nécessaire. Malheureusement, cette approche a eu des conséquences inattendues.
Un psychiatre qui a entendu le récit dramatique de la mère a immédiatement ordonné l'hospitalisation forcée de A. C'est à ce moment-là que notre histoire kafkaïenne a commencé. A. s'est retrouvé pris au piège, car s'il acceptait les dires de sa mère, il admettait implicitement être psychotique et dangereux pour lui-même et autrui. En revanche, s'il racontait les événements tels qu'ils s'étaient réellement déroulés, il risquait d'être considéré comme « dissimulateur », minimisant ainsi son état réel et donc … psychotique et dangereux.
Les psychiatres du service, les un après les autre ne prennent pas la peine de comprendre la situation de A, ils se contentent d’un « copier-coller » qui ne fera que grossir la « prestation » de la maman. A se retrouve engagé dans une voie sans issue.
Quand j’arrive au chevet de A, son dossier et déjà rempli d’évaluations de plusieurs psychiatres avec le même profil. A est désespéré, il se sent un étau se fermer sur lui. Comment sortir A de cette situation ? Avec un dossier pareil, quel juge permettra sa libération ? J’ai choisi comme stratégie d’induire le juge a poser des questions aux psychiatres et a l’obliger a faire des recherches, et cette fois, serieusement.
Vous imaginez bien que ca n’a pas été facile de susciter l’intervention de la justice, pour convoquer une commission d’expertise psychiatrique et une demande d’audience en urgence auprès du tribunal.
Alors que j’écrivais le dossier pour A et que les heures se suivaient dans la nuit, chaque fois que mes yeux se fatiguaient sur mon clavier, je pensais à mes parents eux aussi olims et à leur difficultes à se faire comprendre alors que j’étais enfant.
L’intervention de la justice a porté ses fruits, après que la juge a suggère au service psychiatrique de « repenser » le dossier de A. Trois jours après, A pouvait enfin rentrer chez lui. En dehors des heures d’écriture, de la confrontation avec la bureaucratie hospitalière et juridique, je n’ai pas eu de répit jusqu'à ce que A soit sorti. Je me sentais responsable de lui. Il a parfois des dossiers qui sont des missions et qui vous touche au cœur. Le sourire de A lorsqu’il est sorti de l’hôpital était pour moi une belle récompense.
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