18/05/2026
La CEDH resserre-t-elle le contrôle des conditions de détention ? Désormais, lorsqu’elle est saisie sur une mesure d’isolement, elle limite le périmètre du litige aux seuls faits pour lesquels les voies de recours internes ont été effectivement épuisées.
Le point central est là : la période complète de détention n’entre plus automatiquement dans le débat. La Cour peut encore la prendre en considération pour apprécier la situation concrète, mais elle ne se considère plus saisie de l’ensemble de cette période si chaque décision n’a pas été contestée jusqu’à son terme.
Sur le plan pratique, cela renforce la place du recours pour excès de pouvoir, du référé-suspension et du référé-liberté. Lorsqu’ils sont regardés comme effectifs, il faut aussi aller au bout des voies d’appel ou de cassation disponibles. À défaut, une partie du contentieux peut sortir du champ examiné à Strasbourg.
Dans cette affaire, la Cour n’a pas retenu de violation de l’article 3, notamment faute d’éléments précis sur les conditions concrètes de l’isolement. La tendance est claire : en matière de détention, la stratégie contentieuse se construit décision par décision, avec une attention stricte aux recours exercés, aux délais et à la preuve.