Emmanuelle RAM - Avocat

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ce, Conseil de prud'hommes et devant les instances arbitrales telles que les médiations, conciliations et toute forme de règlement amiable.

Vers une définition plus précise de l’avantage de retraite ? La décision du 15 avril 2026 confirme une évolution nette :...
18/06/2026

Vers une définition plus précise de l’avantage de retraite ? La décision du 15 avril 2026 confirme une évolution nette : le maintien de tarifs préférentiels par un assureur, après le départ à la retraite et aux frais de l’ancien salarié, ne suffit pas à créer un avantage de retraite.

Trois éléments ressortent. D’abord, l’accord collectif ne visait pas les retraités. Ensuite, l’engagement de maintenir des conditions préférentielles venait du seul assureur. Enfin, aucune cotisation n’était encore financée par l’employeur après la liquidation de la retraite.

Pour les acteurs de l’entreprise et de la protection sociale, la conséquence est concrète : la qualification ne dépend pas seulement de l’existence d’un avantage économique. Elle dépend aussi de son auteur, de ses bénéficiaires et, probablement, de son financement.

La jurisprudence se précise donc, sans livrer encore de définition complète. Un point paraît acquis : un avantage de retraite suppose au moins un bénéfice accordé aux retraités par volonté de l’employeur. Le critère du financement, lui, reste à suivre.

Aurons-nous, un jour, une véritable définition de l’avantage de retraite ?

En principe, l’employeur peut invoquer une irrégularité de l’instruction pour demander l’inopposabilité. Exception : enc...
11/06/2026

En principe, l’employeur peut invoquer une irrégularité de l’instruction pour demander l’inopposabilité. Exception : encore faut-il que cette irrégularité lui fasse réellement grief dans le contradictoire. ⚖️

Sur la rechute de maladie professionnelle, la Cour de cassation écarte précisément l’argument tiré de l’absence d’envoi du questionnaire médical à la victime par le médecin-conseil, même en présence de réserves motivées. 📌

Pourquoi ? Parce que ce questionnaire relève du champ médical. 🔒 L’employeur n’y a pas accès, et il ne peut donc pas soutenir que son contradictoire a été atteint par cette seule omission, dès lors qu’il a pu émettre ses réserves dans les 10 jours francs et contester devant le juge.

Une contestation sérieuse doit viser un manquement qui altère effectivement les droits procéduraux de l’employeur, pas une irrégularité formelle sans incidence démontrable. ⚠️

C’est souvent là que se joue la solidité du recours.

Réf : Civ. 2e, 19 févr. 2026, F-B, n° 24-10.126

08/06/2026

Un faux RIB, un virement perdu… et la banque condamnée.

Signer un ordre prérempli ne ferme pas toujours le débat.
Si la banque a préparé le virement et que le RIB présentait des incohérences visibles, le droit commun peut revenir dans le jeu.

Réf : Com. 4 mars 2026, F-B, n° 25-11.959

Le bail commercial sous contrôle : la fin des équilibres implicitesLa loi de simplification de la vie économique ne se c...
05/06/2026

Le bail commercial sous contrôle : la fin des équilibres implicites

La loi de simplification de la vie économique ne se contente pas d’ajuster le statut des baux commerciaux : elle redistribue plusieurs leviers de négociation au profit du preneur tout en renforçant les exigences pesant sur les locataires en difficulté.

L’apport majeur réside moins dans chacune des mesures prises isolément que dans leur effet cumulatif. Paiement mensuel du loyer à la demande du locataire, plafonnement des garanties, transfert automatique de l’obligation de restitution du dépôt de garantie au nouvel acquéreur, délai maximal de restitution après remise des clés : autant de dispositions qui réduisent les zones d’incertitude et limitent les mécanismes de sécurisation traditionnellement utilisés par les bailleurs.

L’effet pratique le plus significatif est sans doute la réallocation du risque financier. Le bailleur dispose désormais de marges de protection plus étroites, tandis que le locataire bénéficie d’une trésorerie mieux préservée. En contrepartie, l’accès aux délais de paiement face à une clause résolutoire est durci par l’exigence de démontrer sa capacité à apurer la dette et à reprendre le paiement courant.

La réforme impose une révision immédiate des modèles de baux, des mécanismes de garantie et des stratégies contentieuses en matière d’impayés. Ce qui relevait hier de la liberté contractuelle devient largement encadré par la loi.

Réf : Loi n° 2026-403, 26 mai 2026, JO 27 mai

14 jours pour se rétracter : ce que change l’ordonnance du 5 janvier 2026À partir du 19 juin 2026, la souscription à dis...
03/06/2026

14 jours pour se rétracter : ce que change l’ordonnance du 5 janvier 2026

À partir du 19 juin 2026, la souscription à distance d’un service financier doit devenir plus lisible. Le professionnel doit fournir davantage d’informations avant contrat : contact de réclamation, effets d’un re**rd de paiement, et, si le prix dépend d’un profilage automatisé, le signaler. Il doit aussi prouver qu’il l’a fait, y compris avec un affichage « en cascade » en ligne.

🧾 Le consommateur pourra demander un échange avec une personne, dans la langue des informations, avant de conclure. La rétractation est facilitée : une fonction gratuite, simple et permanente permet d’agir sous 14 jours, et les interfaces manipulatoires sont interdites. Mais de nombreux produits restent exclus quand le prix dépend des marchés.

Source : Ord. n° 2026-2, 5 janv. 2026, JO 6 janv. // Décr. n° 2026-3, 5 janv. 2026, JO 6 janv.

28/05/2026

2,41 % : c’est la hausse automatique du Smic au 1er juin 2026.

Le taux horaire brut passe de 12,02 € à 12,31 €. Pour 151,67 heures de travail, le Smic mensuel brut augmente de 1 823,07 € à 1 867,06 €. Le mouvement est automatique : il intervient lorsque le seuil légal de revalorisation est atteint en cours d’année.

Le déclenchement repose sur l’indice des prix à la consommation. Lorsque sa progression dépasse 2 % par rapport à l’indice retenu lors de la dernière fixation du Smic, la hausse s’applique dès le premier jour du mois qui suit la publication de l’indice. C’est ce mécanisme qui conduit à l’ajustement du 1er juin 2026.

Le point pratique est simple : vérifier sans attendre les paramétrages de paie, les rémunérations proches du minimum légal, les grilles internes et, si nécessaire, les minima conventionnels. Une mise à jour préparée en amont limite les écarts sur les bulletins de juin et facilite la communication avec les équipes concernées.

Le chèque “sans date” : la Cour ne le tolère plus comme zone grise L’arrêt du 4 février 2026 (Com. FS-B, n° 23-14.413) p...
21/05/2026

Le chèque “sans date” : la Cour ne le tolère plus comme zone grise

L’arrêt du 4 février 2026 (Com. FS-B, n° 23-14.413) pose une règle importante : la date n’est pas une formalité décorative, c’est une condition d’existence du chèque.

La date à apposer est celle de la création ; sans elle, “le titre ne vaut pas chèque”.

D’abord : rappel formaliste assumé.
La date de création sert à tout : capacité/pouvoirs du tireur, point de départ du délai de présentation, déclenchement des prescriptions. C’est la “clé de voûte” temporelle du chèque. Donc l’absence de date ne crée pas un “chèque imparfait”, mais un non-chèque : tu perds le régime cambiaire, les actions attachées, les prescriptions spécifiques… tu sors du droit du chèque.

Ensuite : la Cour “écrase” le débat de prescription en amont.
Le porteur plaidait une question de délai (L. 131-59) : la Cour répond “inopérant, puisque ce n’est pas un chèque”. C’est une stratégie jurisprudentielle claire : quand la datation est viciée, tout le contentieux cambiaire s’évapore. Résultat : la prescription n’est même plus le vrai problème ; la vraie question devient preuve du mandat / autorisation de dater.

En pratique, cet arrêt renforce une idée simple : si tu joues avec la date, tu joues avec l’existence même du titre. Et ce choix a une conséquence brutale : le porteur perd l’arme cambiaire, et se retrouve renvoyé vers le droit commun (créance, preuve, restitution, responsabilité), souvent moins favorable et plus incertain.

Cour de cassation : subrogation et dépôt de garantieUn assureur subrogé peut-il réclamer une dette déjà réduite par un d...
18/05/2026

Cour de cassation : subrogation et dépôt de garantie

Un assureur subrogé peut-il réclamer une dette déjà réduite par un dépôt de garantie ? La troisième chambre civile apporte une réponse précise.

Après indemnisation de la bailleresse, l’assureur réclamait 1 005 € aux locataires. Mais un dépôt de garantie de 780 € demeurait entre les mains de la bailleresse.

La Cour (Cass. civ. 3e, n° 24-17.255.) rappelle que le débiteur peut opposer au créancier subrogé les exceptions inhérentes à la dette, notamment la compensation de dettes connexes. Le subrogé ne reçoit pas plus de droits que le subrogeant.

La créance étant partiellement éteinte par imputation du dépôt, l’assureur ne pouvait agir qu’à hauteur du solde. S’il a trop payé, une action en répétition de l’indu contre la bailleresse reste envisageable.

Cette décision précise l’étendue des droits transmis par subrogation.

15/05/2026

Le recours amiable obligatoire devant la CRA impose-t-il de présenter dès le départ tous les arguments utiles ? La réponse donnée en 2026 par la Cour de cassation est claire : non, si la demande reste la même.

Dans un litige sur la prise en charge d’une maladie professionnelle, la Haute juridiction admet qu’un employeur peut invoquer devant le juge des moyens différents de ceux exposés devant la CRA. Le point décisif n’est pas l’identité des arguments, mais l’identité de l’objet du recours : contester la même décision de prise en charge.

Cette solution s’inscrit dans une ligne déjà retenue en matière de redressement social. En pratique, elle laisse davantage de marge pour affiner une stratégie contentieuse après le recours amiable, y compris en passant d’un moyen de procédure à un moyen de fond, ou inversement.

Conséquence directe : la saisine de la CRA demeure indispensable, mais elle ne fige pas l’argumentation. Pour les équipes RH, paie et contentieux, ce point change la préparation du dossier, le calendrier de collecte des pièces et la rédaction du recours initial.

12/05/2026

Un bail civil peut être légal… et pourtant requalifié.
Un « Bail Code civil uniquement » n’écarte pas automatiquement la loi de 1989.
Le juge regarde surtout l’usage réel du logement.
Une résidence principale peut entraîner une requalification.

Réf : Articles 1708, 1110, 1188 et suivants du Code civil, article 12 du Code de procédure civile

Adresse

103 Rue Du Général De Gaulle
Troyes
10000

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