11/05/2026
Neuf années d’attente.
Neuf années de silence, de blessures invisibles et de reconstruction difficile.
La semaine dernière, devant la Cour criminelle départementale, j’ai eu l’honneur de porter la voix d’une femme victime de viol.
Une femme qui, après toutes ces années, n’avait plus la force de se retrouver face à son agresseur. Une femme qui a choisi de ne pas revivre une nouvelle fois ce traumatisme dans une salle d’audience. Son absence n’était pas un renoncement. C’était une manière de se protéger.
Parce qu’il faut parfois un courage immense pour parler.
Et un courage tout aussi immense pour ne plus avoir à affronter.
Ce dossier avait déjà connu un premier procès jugé par défaut, l’auteur étant alors introuvable. Neuf années après les faits, la justice a enfin pu entendre cette affaire.
Dans ces dossiers, derrière la procédure et les débats judiciaires, il y a surtout une vie bouleversée. Une souffrance qui ne disparaît pas avec le temps. Des cicatrices psychologiques profondes que les années n’effacent pas.
Être avocat de victimes, c’est défendre bien plus qu’un dossier.
C’est porter une parole fragilisée.
C’est rappeler que derrière chaque affaire pénale, il y a un être humain qui tente de se reconstruire.
Je remercie la Cour pour son écoute attentive et respectueuse tout au long des débats.
Une pensée particulière pour ma cliente, pour sa dignité, sa force et le chemin qu’elle continue de parcourir. 🌿
La cour criminelle de l’Aube a jugé, ce mercredi 6 mai, un viol en réunion datant de juillet 2017, à Troyes. Un seul homme a pu être identifié à l’issue de l’enquête. Il a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle.