20/02/2024
Trois ans de harcèlement sur son ex-conjointe : un commercial de 52 ans condamné à Strasbourg https://www.dna.fr/faits-divers-justice/2024/02/19/trois-ans-de-harcelement-sur-son-ex-conjointe-un-commercial-de-52-ans-condamne-par-le-tribunal-correctionnel-de-strasbourg
Trois ans de harcèlement sur son ex-conjointe : un commercial de 52 ans condamné à Strasbourg
Après six mois de relation, un quinquagénaire a harcelé son ancienne compagne pendant trois ans à Wissembourg. Pour l’avoir épiée chez elle, s’être invité sur son lieu de travail… ce commercial a été jugé lundi devant le tribunal correctionnel de Strasbourg.
Le jour de son anniversaire, la victime partageait un barbecue en famille dans son jardin. Elle a reçu un SMS dénigrant le peu de standing de ce repas, que le prévenu avait observé depuis la rue. Des messages comme celui-là, la trentenaire en a reçu « des dizaines et des dizaines » depuis leur séparation en octobre 2020. « Je pourrais passer une demi-journée à les lire », liste la présidente du tribunal, Valentine Seyfritz.
« Plus aucun espace à elle »
L’homme, âgé de 52 ans, s’est invité de très nombreuses fois dans le restaurant où travaillait son ex-compagne. Il a contacté ses collègues, l’a attendue au coin de la rue, a déposé des cartes de visite sur son pare-brise, des tickets de cinéma ou des livres dans sa boîte à lettres… « C’est obsessionnel », constate Me Xavier Metzger, conseil de la partie civile. « Elle n’a plus aucun espace à elle », appuie la procureure Élise Wolton.
« Je me sens épiée tout le temps », confirme celle qui a demandé à l’importun d’arrêter, sans succès. Sa santé en a pâti. « Quand il y a de gros moments de stress, je fais des malaises. Je sursaute la nuit si j’entends une porte. Je me retourne quand je marche dans la rue. » Un médecin fait le lien entre sa « dépression sévère » et le harcèlement dont elle a été la cible.
Un CV envoyé à son insu
Le quinquagénaire est allé jusqu’à envoyer son CV à un employeur à son insu. Il s’était donné pour mission d’améliorer son destin mais « elle n’a rien changé », déplore-t-il. « En quoi ça vous concerne ? interroge la juge. À quel titre vous permettez-vous de lui donner sur sa vie, pendant trois ans, un avis qu’elle ne vous a pas demandé ? »
« Pour cette relation, il a tout plaqué », révèle Me Yaëlle Cohen-Ruimy en défense. Elle décrit « un coup de cœur », « un flash », « un crush » qui a poussé son client à quitter la femme qui partageait sa vie depuis trente ans. Peut-être « la crise de la cinquantaine », avance l’avocate.
« Je n’avais pas conscience qu’elle réceptionnait les messages », assure le son client. « Quelle erreur j’ai faite ? » se lamente-t-il. « C’est sa vie, il n’y a rien à comprendre », répond la juge.
Le tribunal a condamné Monsieur S. à quinze mois de prison avec sursis probatoire. Il lui est interdit d’entrer en contact avec la victime, de paraître à Wissembourg et dans le village où elle réside pendant trois ans. Il devra l’indemniser, notamment au titre de son préjudice moral.
Après six mois de relation, un quinquagénaire a harcelé son ancienne compagne pendant trois ans à Wissembourg. Pour l’avoir épiée chez elle, ...