16/06/2026
Peut-on lier le juge par la seule concordance des écritures ? La réponse est non. Dans un arrêt du 1er avril 2026, la Cour de cassation rappelle qu’une analyse commune des parties ne vaut pas, à elle seule, accord exprès.
Le point est central en procédure civile. Le juge doit donner aux faits et aux actes leur exacte qualification. Il peut aussi, dans certaines limites, ne pas reprendre le fondement juridique choisi par les parties. Cette liberté ne disparaît que si les parties l’ont lié de façon explicite et non équivoque sur les qualifications ou points de droit en débat.
Dans l’affaire jugée, une cession d’actions avait été traitée dans les écritures comme une cession de fonds de commerce. La cour d’appel en avait déduit un accord suffisant. La Cour de cassation censure cette lecture : une simple convergence procédurale ne remplace pas une volonté commune clairement formulée.
En pratique, ce rappel conduit à sécuriser la rédaction des conclusions et, si nécessaire, à formaliser expressément l’accord à l’audience. À défaut, le juge conserve son pouvoir de requalification.
Accord exprès des parties et pouvoir de requalification du juge : la concordance des écritures ne suffit pas