29/06/2026
⚖️ 29 JUIN : JOURNEE JUSTICE MORTE
PROJET DE RÉFORME DE LA PROCÉDURE CRIMINELLE : LA MOBILISATION SE POURSUIT
Les avocats du Barreau de Poitiers (Ordre des Avocats de Poitiers) se sont une nouvelle fois mobilisés ce 29 juin devant le Palais de justice afin de réaffirmer leur opposition au projet de loi instaurant le dispositif de « Plaider coupable criminel ».
Le Bâtonnier François-Xavier CHEDANEAU a pris la parole devant les confrères réunis. Retrouvez ci-dessous le discours qu’il a prononcé lors de ce rassemblement :
"Depuis la fin du mois de mars 2026, et l'annonce par le garde des Sceaux du dépôt (via la procédure parlementaire accélérée) d'un projet de loi improprement appelé « Justice criminelle et respect des victimes », la profession d'avocat s'est mobilisée sur l'ensemble du territoire national.
A Poitiers, comme ailleurs, par des journées « justice morte » comme aujourd’hui, par des actions de défense de masse, par l’organisation d’une table ronde permettant d’expliquer aux citoyens les dangers de ce projet.
Demain, le texte sera examiné par l'Assemblée nationale.
Non seulement le « plaider coupable criminel » n'est pas enterré, puisque le Garde des Sceaux a, lui-même, indiqué qu'il faudrait en « rediscuter », mais les 9 autres articles du texte débattu demain demeurent, pour nous, inacceptables.
Ce texte organise une justice de rendement, moins collégiale, moins orale et moins démocratique.
Il légalise des détentions arbitraires en neutralisant l'effet protecteur des nullités.
Il crée une forme de « surveillance généalogique » et étend le principe du fichage sans garantie suffisante d’effacement.
Il affaiblit structurellement les droits de la défense et complique le parcours des victimes.
Le barreau de Poitiers réaffirme qu'il n'est pas acceptable que le justiciable soit ainsi transformé en variable d'ajustement statistique, de quelque côté de la Barre qu'il se trouve.
Monsieur le Garde des sceaux, on n’habille pas un objectif comptable en ambition de justice !
Une dernière fois, nous appelons les députés, représentants du peuple français au nom duquel la justice est rendue, à rejeter massivement ce texte.