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02/07/2026

La douleur était encore vive lors du rassemblement, dimanche 28 juin 2026, pour Jibril Mulard, tué à Niort en 2024. Présente lors de cet hommage, une ex-compagne du suspect a décidé de s’exprimer.

Marche blanche pour Jibril Mulard
02/07/2026

Marche blanche pour Jibril Mulard

Dans la nuit du 22 au 23 juin 2024, à Niort, Jibril Mulard a succombé à plusieurs coups de couteau au cours d'une rixe. Deux ans plus t**d, ses proches se rassemblent en sa mémoire, et demandent que la justice avance alors...

30/06/2026

Le projet de loi justice criminelle dans les tourments de l’affaire Lyhanna
PÉNAL
Ce mardi, commencera l’étude en séance du projet de loi sur la justice criminelle. Le ministre Gérald Darmanin a déjà annoncé vouloir renoncer à l’article premier sur le plaider-coupable criminel. Conséquence de l’affaire Lyhanna : l’article 2 sur les cours criminelles départementales est également menacé. Par ailleurs, une partie des députés souhaitent l’expérimentation des juridictions spécialisées en matière de délinquance sexuelle.

Déjà adopté par le Sénat, le projet de loi sur la justice criminelle arrive à un moment où la justice connaît une grave crise, à la suite de l’affaire Lyhanna (Dalloz actualité, 26 juin 2026, obs. L. Dargent). Il y a deux semaines, les débats en commission ont d’ailleurs tourné court. Les rapporteures Laure Miller (EPR) et Anne Bergantz (Modem) avaient veillé, à l’instar du Sénat, à préserver le projet initial, sans l’étendre. Le texte a pourtant été rejeté par les commissaires aux lois, à une courte majorité.

L’article le plus contesté du texte est l’article premier, créant le plaider-coupable criminel. Les sénateurs avaient adopté l’article, en renforçant les droits des victimes. En commission, le gouvernement a présenté un amendement pour exclure les viols de cette procédure (Dalloz actualité, 1er juin 2026, obs. P. Januel). Mais cela n’a pas suffi. Les oppositions étant trop nombreuses à l’Assemblée pour sauver son texte, le gouvernement a annoncé qu’il renonçait totalement à cet article premier. Interrogée, la corapporteure Laure Miller justifie ce choix : « il faut être pragmatique. C’est une mesure qui, malheureusement, est politiquement contestée ». Il ne resterait de l’article que les dispositions sur l’octroi de l’aide juridictionnelle dès le dépôt de plainte, pour les victimes de violences intrafamiliales.

Pour la députée, « il est raisonnable de renoncer à cet article premier pour pouvoir préserver l’article 2, qui réforme les cours criminelles départementales » (CCD). À la suite du rapport Mazars-Bordes (Dalloz actualité, 11 sept. 2025, obs. P. Januel), cet article vise à assouplir l’usage des CCD. Les sénateurs ont toutefois supprimé les dispositions visant à permettre le jugement en appel en CCD. Par ailleurs, un amendement des rapporteures propose de permettre le dessaisissement d’une cour d’assises saturée au profit d’une autre du même ressort de cour d’appel.

Toutefois, dans la proposition de loi intégrale portée par les députés à la suite de l’affaire Lyhanna, il est question de supprimer totalement les CCD. Les modes de justice simplifiée des viols sont très contestés par les associations féministes et une partie des avocats. Toutefois, le ministère de la Justice juge les CCD nécessaires pour répondre à la grave crise de l’audiencement criminel (Dalloz actualité, 11 sept. 2025, obs. P. Januel). Pour Laure Miller, « aujourd’hui, ces cours sont installées et très largement utilisées. Il faut assouplir leur fonctionnement comme le propose l’article 2, mais nous en avons vraiment besoin. Il ne faut pas faire d’idéologie en la matière ».

Le retour des juridictions spécialisées
Par ailleurs, le débat sur les juridictions spécialisées en matière de viol et d’agression sexuelle devrait revenir en séance. En mars, le ministre Gérald Darmanin s’y était déclaré favorable devant la délégation aux droits des femmes du Sénat. L’idée avait été remisée, faute d’unanimité (Dalloz actualité, 14 avr. 2026, interview de D. Vérien).

Mais la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée, et notamment sa présidente Véronique Riotton, ont travaillé à des amendements pour expérimenter ces juridictions. Le premier amendement transpartisan vise à expérimenter des juridictions spécialisées. Il y aurait un « tribunal correctionnel des violences sexistes et sexuelles », une « cour criminelle des violences sexistes et sexuelles » (mais qui serait une cour d’assises) et un juge dédié, qui serait chargé des ordonnances de protection. L’objectif est d’avoir des magistrats dédiés et formés. Le second amendement, concurrent, est porté par le groupe EPR et vise à instaurer, au sein de chaque tribunal judiciaire, une formation spécialisée en matière de violences sexistes et sexuelles.

Laure Miller voit ces amendements d’un bon œil : « vu le nombre d’affaires qui arrivent devant nous, cela peut être une solution pour répondre à la crise de l’audiencement ». Toutefois, il n’est pas certain que l’idée aboutisse dans ce texte, en raison du temps court pour évaluer leurs impacts. D’autant qu’avec les projets de loi de protection de l’enfance (mi-juillet) et la proposition de loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles (septembre), il y aura d’autres occasions de revenir sur ces sujets.

Le régime des nullités conservé
Un autre article très contesté par les avocats est l’article 7, sur les nullités. Les rapporteures souhaitent porter le délai pour présenter des requêtes en nullité à quatre mois, à compter de la notification de la mise en examen. Elles sont également favorables à un amendement qui exclut le délai butoir pour la production des mémoires devant le tribunal correctionnel, lorsque la convocation pour l’audience interviendrait moins de vingt jours avant l’audience. Le délai de dépôt des conclusions soulevant des exceptions de nullité devant le tribunal correctionnel serait ramené de cinq à trois jours.

Le dernier point de crispation porte sur l’article 10, qui prévoit l’anonymisation des noms des magistrats et greffiers dans les décisions mises en open data ou communiquées à des tiers. Les représentants des avocats ont émis le souhait que les noms des avocats soient eux aussi retirés. Toutefois, en commission, des amendements de suppression de l’article ont été adoptés.

Le débat sera donc incertain, tout comme l’adoption globale du projet de loi. En période de crise, les positions de vote sont souvent plus politiques que sur le fond du texte.

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29/06/2026 - JOURNEE JUSTICE MORTE
30/06/2026

29/06/2026 - JOURNEE JUSTICE MORTE

Les avocats du barreau de Poitiers se sont rassemblés, lundi 29 juin 2026, pour réaffirmer leur opposition au projet de loi « Justice criminelle et respect des victimes », la veille de son examen à l’Assemblée nationale.

23/06/2026

Affaire Lyhanna : comment la justice et la gendarmerie se sont perdues
PÉNAL
Le gouvernement a diffusé lundi le rapport d’inspection sur l’affaire Lyanna. Le pré-rapport, de 46 pages, fait le point sur les responsabilités dans une affaire précédente concernant Jérôme Barella. De multiples erreurs, des systèmes d’information défaillants font qu’une justice et des enquêteurs surchargés n’ont pas priorisé une affaire pourtant signalée.

par Pierre Januel, Journalistele 23 juin 2026

Depuis la mort de la jeune Lyhanna, les révélations successives sur l’absence de suites dans d’autres procédures judiciaires visant Jérôme Barella provoquent un vif émoi. Sans attendre les résultats de l’inspection, le gouvernement pointait le fait que la circulaire demandant de prioriser les procédures où les enfants étaient victimes n’avait pas été appliquée par la procureure d’Auch (Dalloz actualité, 10 juin 2026, obs. P. Januel).

Ce premier rapport de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et de l’Inspection générale de la justice (IGJ) était donc attendu. Selon Stéphane Noël, directeur de l’IGJ, ce rapport révèle « un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure, tant de la part du parquet que de la gendarmerie à l’arrivée de la procédure au parquet d’Auch ».

Pour la justice, tout commence, le 18 août 2025 à 22 heures, quand le parquet de Toulouse est avisé par un officier de police judiciaire de Tournefeuille de multiples faits de viols sur une enfant de onze ans, commis entre septembre 2024 et avril 2025. La veille, la victime s’est confiée. Sa mère l’a rapidement conduite à l’hôpital pour procéder aux premières constatations. Immédiatement, le « chef de patrouille identifie la sensibilité de l’affaire ».

La plainte est déposée par la mère dès le 22 août 2025 à la brigade de gendarmerie de Plaisance-du-Touch (31). Les faits ont été commis dans le département voisin du Gers, où réside le suspect. Même s’il apparaît que la juridiction compétente sera celle d’Auch, le parquet de Toulouse fait procéder aux premiers actes (audition de l’enfant dans un cadre protégé, examen médico-légal et examen psychologique). Dès ce moment, il apparaît que le mis en cause est déjà connu pour des faits similaires. L’ensemble de ses actes est réalisé dès le 8 octobre, un délai rapide, voire « exemplaire » pour la mission.

Les erreurs dans le Gers
C’est ensuite que les difficultés apparaissent. Le dessaisissement en faveur du parquet d’Auch est signé par le magistrat du parquet de Toulouse le 28 octobre. La procédure arrive au parquet d’Auch le 10 novembre, par sous format papier. La justice est actuellement en période transitoire entre les procédures papier et la procédure pénale numérique, obligeant les bureaux d’ordre pénal à jongler entre les différents canaux. Première erreur : la mission observe que « rien n’a été fait pour signaler au parquet d’Auch l’urgence détectée, faisant ainsi courir à la procédure le risque d’être noyée dans le courrier abondant reçu par la juridiction, risque qui s’est réalisé ».

La procédure n’est alors pas enregistrée immédiatement par le bureau d’ordre pénal. Les agents du BOP « reconnaissent un classement par erreur dans la pile des procédures non urgentes ». Le 2 décembre, c’est la mère de la victime qui appelle le BOP. L’agent constate alors le problème et s’engage à rechercher la procédure pour l’enregistrer. Elle est alors remise au magistrat dans une pochette rouge dédiée aux urgences, mais sans avertissement verbal.

Quelques jours après, la procédure enfin enregistrée, la substitut l’adresse par erreur à la brigade de Plaisance-du-Touch accompagnée d’un soit-transmis pour enquête « à poursuivre », demandant l’audition du mis en cause en garde à vue. La brigade la reçoit le 21 janvier et informe immédiatement le parquet d’Auch de l’erreur d’aiguillage. Celui-ci la renvoie aussitôt vers la brigade de Lectoure.

Averti du fait qu’une précédente affaire visant Jérôme Barella avait été classée sans suite, le gendarme, qui n’a pas été informé des instructions ab initio du parquet demandant une garde à vue, décide de « bétonner le dossier ». Le 23 janvier, il échange avec la substitut souhaitant procéder d’abord à de nouvelles auditions avant la garde à vue. La magistrate ne fixe pas de délai pour la réalisation de ces actes.

La mission d’inspection constate que « cet OPJ, pourtant expérimenté dans le traitement de viol sur mineur, n’a pas pris la réelle mesure de la situation et de l’urgence à traiter cette enquête qu’il avait identifiée comme sensible ». Reste « que la garde à vue de l’auteur désigné aurait dû intervenir dans des délais beaucoup plus contraints et acceptables ». Par ailleurs, tout porte à croire que la substitut « s’en est remis à l’OPJ, alors que la gravité des faits et le risque de réitération méritaient qu’il exerce la direction d’enquête ». Pour la mission, « cette absence de contrôle hiérarchique et par le magistrat a laissé perdurer une carence d’actes d’enquête différant l’audition du mis en cause sous le régime de la garde à vue ».

Sur X.com, Sébastien Lecornu a indiqué que « dans cette affaire, la chaîne de protection a failli ». Il faudra « établir précisément les responsabilités et en tirer toutes les conséquences, y compris individuelles ». Toutefois, « cette exigence de vérité ne doit cependant pas conduire à jeter l’opprobre ni sur la gendarmerie nationale ni sur l’autorité judiciaire dans leur ensemble ».

15/06/2026

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