12/08/2026
En matière d’urbanisme, la démolition peut être ordonnée en référé pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Mais sa validité dépend aussi de la manière dont elle est organisée.
Il était question en l'espèce de constructions et d'aménagements irréguliers (édifiés sans autorisation d'urbanisme).
Par son arrêt du 25 juin 2026, la Cour de cassation confirme que le juge dispose d’un pouvoir d’aménagement concret : différer l’expulsion, reporter les travaux et articuler la remise en état avec la situation personnelle des occupants.
Le contrôle de proportionnalité devient ainsi un contrôle d’exécution. L’atteinte au domicile n’est pas appréciée au regard du seul principe de la démolition, mais à travers ses effets réels, son calendrier et les garanties laissées aux personnes concernées.
Pour les praticiens, la stratégie contentieuse doit évoluer. Il ne suffit plus de discuter la nécessité de la mesure ; il faut aussi plaider ses modalités, souvent décisives pour sa conformité à l’article 8 de la Convention européenne.
Source : Cass. 3e civ., 25 juin 2026, n° 22-13.550