18/12/2025
Vendredi dernier se tenaient, dans le cadre du procès de la société et de ses anciens dirigeants poursuivis pour financement de terrorisme, les plaidoiries des parties civiles.
Le cabinet Bagard Avocats (Matthieu Bagard / Baptiste Vachon), aux côtés d'Elise Le Gall, a eu l’honneur de représenter près de 60 anciens salariés syriens de l’usine Lafarge implantée au nord-est syrien. Entre 2013 et 2014, ces travailleurs ont été contraints de poursuivre leur activité dans des conditions insoutenables, exposés quotidiennement à des risques d’enlèvement et d’exécution, contraints de franchir les checkpoints tenus par les groupes terroristes dont l’État islamique et d’engager leur vie afin de permettre la poursuite de l’activité industrielle de l’entreprise.
Si la recevabilité de leur constitution de partie civile demeure juridiquement discutée en raison de la jurisprudence de la Chambre criminelle considérant l’infraction de financement de terrorisme comme une infraction-obstacle – qui serait insusceptible de causer des préjudices directs et personnels à des personnes physiques – leur participation à l’instruction comme aux nombreuses journées d’audience a été essentielle et permet de questionner une nouvelle fois cette position jurisprudentielle qui se heurte à la réalité des faits.
Leur présence durant ce procès a permis de rappeler, avec constance, la réalité humaine sous-jacente aux choix stratégiques opérés par les dirigeants de la société Lafarge et d’en mesurer les conséquences concrètes pour les salariés concernés.
L’engagement du cabinet Bagard Avocats durant ces 8 dernières années d’instruction et ces deux mois de procès s’inscrit dans une volonté forte de défendre les droits des travailleurs et des communautés locales dans les contextes internationaux sensibles, notamment dans les situations de conflits armés. Cet engagement a été renforcé par le travail remarquable des ONG de défense des droits humains – en particulier Sherpa et ECCHR – mobilisées de longue date aux côtés de ces anciens salariés pour faire reconnaître les atteintes subies et garantir leur accès effectif à la justice.
Après les réquisitions du Parquet national antiterroriste ce mardi, les plaidoiries de la défense se poursuivront aujourd’hui et demain, avant la mise en délibéré de cette affaire, dont la décision très attendue marquera une première étape importante dans cette procédure initiée il y a près de 10 ans.