08/04/2026
| CHLOÉ NICOSIA |
Nous sommes heureux d’accueillir une nouvelle exposition consacrée au travail de , dont la pratique interroge ce qui échappe à l’image, ce qui disparaît, ce qui ne se montre plus. Déjà accueillie au Cabinet il y a une quinzaine d’années, l’artiste revient aujourd’hui avec un projet d’une ampleur renouvelée.
Avec One hundred trillion dollars, l’artiste prend pour point de départ une série de panneaux publicitaires vides, photographiés au Zimbabwe. Des surfaces abandonnées, devenues silencieuses, presque irréelles. Derrière cette absence d’image, une histoire : celle de l’une des crises d’hyperinflation les plus extrêmes du début des années 2000.
En mêlant photographie argentique et archives de billets aux montants vertigineux - jusqu’à cent mille milliards de dollars zimbabwéens - Chloé Nicosia compose un récit visuel où l’économie devient matière, où l’absurde prend forme. Une monnaie dont la valeur s’effondre jusqu’à ne plus rien représenter, sinon la trace d’un système en dérive.
Le travail ne documente pas seulement un épisode historique. Il met en tension des mécanismes toujours à l’œuvre : la fragilité des équilibres économiques, la violence silencieuse de certaines décisions politiques, et leurs répercussions concrètes sur les territoires et les imaginaires.
Depuis ses premières expositions jusqu’à sa reconnaissance dans de nombreux festivals internationaux, le travail de Chloé Nicosia s’inscrit dans une recherche au long cours, à la croisée de l’image et de la matière.
À travers cette exposition, notre Cabinet poursuit un engagement initié dès l’origine : faire dialoguer création contemporaine et regard critique sur le monde.