30/07/2026
➡️ Ordre public : la condamnation pénale ne dispense pas d'une appréciation concrète de la situation de l'étranger.
Par une décision du 2 juillet 2026 (n° 495422), le Conseil d'État rappelle une exigence fondamentale du droit des étrangers : la notion d'ordre public ne peut être appréhendée de manière abstraite ou automatique. En l'espèce, un ressortissant algérien s'était vu refuser le renouvellement de son certificat de résidence, la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans et faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, au motif que sa présence constituerait une menace pour l'ordre public. L'administration se fondait sur une condamnation pénale.
Le Conseil d'État relève toutefois que cette condamnation était limitée à **quatre mois d'emprisonnement avec sursis** et à une amende. Surtout, le juge pénal avait ordonné qu'elle ne figure pas au bulletin n° 2 du casier judiciaire, en considération des efforts de réinsertion de l'intéressé. Dans ces circonstances, la Haute juridiction estime que la cour administrative d'appel a "inexactement qualifié les faits" en déduisant de cette seule condamnation l'existence d'une menace pour l'ordre public.
Cette décision rappelle qu'en matière de séjour des étrangers, la référence à l'ordre public ne saurait constituer un mécanisme automatique d'exclusion. Elle impose à l'administration comme au juge une appréciation individualisée, tenant compte de la gravité des faits, de leur ancienneté, de l'évolution du comportement de l'intéressé et des éléments révélant son insertion.
Le contrôle juridictionnel ne porte donc pas seulement sur l'existence d'une condamnation, mais sur la réalité de la menace que la personne représente au moment où la décision administrative est prise.
CE, 2 juillet 2026, n° 495422
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