03/09/2026
Jurisprudence du Cabinet🔵 Caution personnelle du dirigeant, le Tribunal des activités économiques écarte un engagement manifestement disproportionné
À Paris, une dirigeante qui s'est personnellement portée caution pour garantir le financement de sa société n’a pas été tenu de payer la banque.
Dans cette affaire, une dirigeante de société avait garanti personnellement un prêt professionnel en signant un acte de cautionnement. Après la liquidation judiciaire de la société, la banque lui réclamait le paiement du capital restant dû en qualité de caution.
Le Tribunal a procédé à une analyse précise de la situation financière de la dirigeante au moment où elle avait signé son engagement.
Il en a déduit que l'engagement était manifestement disproportionné. La banque n'a donc pas pu se prévaloir de son engagement de caution.
La qualité de dirigeant ne suffit pas à rendre un engagement de caution automatiquement valable.Le dossier montre surtout que l'analyse d'un cautionnement ne doit pas se limiter au montant nominal de la dette.
Le juge a examiné la situation financière globale de la caution : revenus, charges, épargne et patrimoine.
C'est précisément cette approche concrète qui peut être déterminante lorsqu'une banque poursuit personnellement un dirigeant après la défaillance de sa société.
Lorsqu'un dirigeant reçoit une mise en demeure ou une assignation en paiement au titre d'un cautionnement, il est essentiel de procéder rapidement à une analyse complète du dossier.
Il convient notamment d'examiner :
• le montant et la durée de l'engagement ;
• les revenus de la caution au jour de la signature ;
• ses charges et dettes existantes ;
• son patrimoine ;
• les autres engagements de caution éventuellement souscrits ;
• les documents communiqués à la banque ;
• la situation financière de la caution au moment où elle est appelée ;
• les conditions contractuelles du cautionnement ;
• les éventuels manquements de la banque à ses obligations.
Un engagement de caution n'est donc pas nécessairement une dette bancaire que le dirigeant doit automatiquement payer.
Si vous êtes dirigeant d'entreprise et que votre banque vous réclame personnellement le remboursement d'un prêt professionnel garanti par une caution, une analyse juridique de la proportionnalité de votre engagement peut être déterminante.
Une étude précise de l'acte de cautionnement et de votre situation financière au jour de sa signature peut permettre d'identifier les moyens de défense susceptibles d'être invoqués devant la juridiction compétente.
Maître Amele FAOUSSI,
Avocate au Barreau de PARIS, intervient en droit bancaire et dans les contentieux de cautionnement.