03/09/2026
Une communication préfectorale m’est récemment passée sous les yeux. Elle présentait comme une réussite la diminution du nombre de régularisations des étrangers en situation irrégulière.
Mais de quoi se félicite-t-on exactement ?
Derrière cette notion abstraite d’« étranger sans papiers », il y a des réalités humaines que les statistiques, elles, ne racontent surtout pas.
⛔ Une mère isolée qui cumule plusieurs emplois pour subvenir aux besoins de ses enfants.
⛔ Un réfugié dont la demande d’asile n’a pas été suffisamment examinée et qui n’a pas été correctement orienté pour contester la décision dans les délais.
⛔ Un père de famille dont la demande de régularisation attend depuis des mois, parfois des années, qu’un simple rendez-vous lui soit accordé pour pouvoir déposer son dossier.
⛔ Un étudiant arrivé en France alors qu’il était encore enfant, dans le cadre du parcours migratoire de ses parents, et qui y a depuis construit toute sa vie.
Et tant d’autres parcours marqués par la précarité, l’attente et l’incertitude administrative.
Réduire le nombre de régularisations n’est donc pas nécessairement le signe d’une politique plus efficace.
Cela peut aussi signifier que des personnes remplissant les conditions pour être admises au séjour restent durablement privées de droits, faute d’un examen effectif de leur situation.
Mon expérience professionnelle me le rappelle chaque jour : l’absence de titre de séjour ne résume ni le parcours, ni l’intégration, ni la contribution d’une personne à la société française.
Bien souvent, il s’agit d’une personne empêchée de faire reconnaître une situation qui existe déjà dans les faits, en raison de délais excessifs, de procédures devenues difficilement accessibles ou d’un examen insuffisant de son dossier.
La baisse du nombre de régularisations ne constitue donc pas, à elle seule, une réussite. Elle peut aussi traduire une restriction de l’accès aux droits.
Heureusement, le silence de l’Administration, les délais anormalement longs et les décisions illégales ne sont pas une fatalité.
Des recours existent. Encore faut-il agir à temps.