14/07/2026
« L’amour est plus fort que tout »
Certaines paroles ne quittent jamais une salle d’audience.
Elles s’y déposent un jour, puis continuent de résonner longtemps après que le procès est terminé.
Dix ans après l’attentat du 14 juillet 2016 à Nice, et deux ans après son procès en appel devant la Cour d’assises spéciale de Paris, certains témoignages demeurent gravés dans ma mémoire.
Parmi eux, celui d’une femme.
Après avoir échappé au camion meurtrier, elle découvre une petite fille de six ans, grièvement blessée. Elle comprime sa plaie. Elle lui tient la main. Elle la rassure. Elle refuse de l’abandonner.
À quelques mètres, la mère de l’enfant rend son dernier souffle.
Lorsque la petite demande où est sa maman, cette femme lui répond que tout ira bien.
Elle sait pourtant que c’est faux.
Longtemps, elle dira avoir porté la culpabilité de ces mots.
Pourtant, ce n’était pas un mensonge.
C’était le dernier acte d’amour qu’elle pouvait offrir à une enfant au cœur de l’horreur.
Elle est restée jusqu’au bout parce que cette petite fille était devenue « sa petite ». Il fallait qu’elle vive.
Kayla s’est battue pendant une semaine avant de succomber à ses blessures.
La justice recueille parfois des fragments d’humanité.
Au milieu de la barbarie, cette femme nous a rappelé que l’amour, la dignité et le courage demeurent plus forts que la haine.
Il est des témoignages qui dépassent le cadre d’un procès.
Ils deviennent une mémoire.
En ce 14 juillet, mes pensées vont à toutes celles et ceux qui ont été frappés par cette tragédie, à leurs proches, aux survivants, à celles et ceux qui portent encore les blessures visibles ou invisibles de cette nuit.
À leur dignité.
À leur résilience.
À leur courage.
Certaines tragédies appartiennent à l’Histoire.
Les visages, les prénoms et les absences, eux, demeurent dans nos mémoires. ✨