08/06/2026
💡 Le saviez-vous ? 💡
08 juin 1940
Groupe de Chasse II/3 (terrain d'aviation de Bouillancy – avion Dewoitine. 520) :
Raymond Clausse se souvient :
Au cours d’une 3ème mission, « Le 8, en protection sur zone dans la région de Soissons [en fin d’après-midi, avec 9 appareils du GC I/2 et 9 du II/6], nous [9 appareils du II/3] tombons à nouveau sur une forte expédition de stukas [Une quarantaine]. Pain bénit, servons-vous vite !
Aussitôt dit, aussitôt « mal » fait. Pendant que nous alignons les Ju 87, nous sommes alignés par les Me 109 et c’est slalomant, toutes armes en action, au milieu des bombardiers que nous sortons indemmes et victorieux de 5 ou 6 adversaires.».
Vaclav Cuckr continue :
« Au cours de l’attaque, je reçois un coup dans la tête. Devant les yeux, c’est le noir absolu. Une cloche se déchaîne dans ma tête. Une idée me pénètre : « C’est la fin, tu ne feras plus la guerre ». Je me prépare à mourir. Ce n’est pas si dur que ça. Je m’attends à voir apparaître le visage de St Pierre, avec sa barbe. Mais je ne vois rien.
Je veux sauter en parachute, mais je me rends compte que je suis au-dessus des lignes allemandes. Je décide alors de ne pas quitter l’avion.
Sans voir, je tourne vers le sud. Le soleil chauffe sur ma droite, la direction semble donc être correcte. Toutefois, c’est une curieuse impression de voler de jour, sans rien y voir.
Lentement, la vue me revient. Je constate que le verre de la cabine est percé et mon casque égualement. Je dois donc avoir une b***e dans la tête. Je veux fermer les gaz mais n’y parviens pas. Je vois mon bras gauche qui pend, le sang entre mes deux yeux, c’est la raison pour laquelle je vois si mal. C’est seulement maintenant que je réalise que j’actionne toujours la détente.
J’ai appris plus t**d par des témoins que j’ai traversé le groupe des avions allemands en tirant continuellement en me dirigeant en oblique vers le sol. Puis, de manière un peu mystérieuse, je me suis retourné pour voler vers notre terrain. En passant, j’ai descendu un Juners, notre capitaine l’a vu tomber. Mais je ne me souviens plus de rien.
Je place le levier de commande entre mes genoux, je serre les ceintures de la main droite, je ferme l’arrivée d’essence, coupe le moteur et me pose sur le premier champ que je vois. ». Il se pose dans un champ de seigle, dont la hauteur lui permet de se cacher. Il rejoindra les forces françaises, puis un hôpital.
Pas moins de 4 victoires confirmées et 3 probables sont revendiqués par le groupe, pour un pilote blessé.