15/05/2026
Nos politiques veulent taxer la fast fashion. Mais ont-ils seulement compris le problème ?
Nos politiciens sont nuls. Et cela en serait presque drôle si ce n’était pas nous qui en payions le prix !
L’idée de taxer des produits de fast fashion, que l’on pourrait parfois qualifier de prêt-à-jeter, à la qualité médiocre et aux conséquences écologiques désastreuses, peut sembler bienvenue.
Sur le principe, personne ne peut sérieusement défendre une économie fondée sur l’achat compulsif, la surproduction et l’épuisement des ressources.
Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions.
Cette taxe est issue de l’article 82 de la loi de finances du 19 février 2026. Elle ne vise pas directement la fast fashion, mais les articles contenus dans des envois de faible valeur en provenance de pays tiers à l’Union européenne. Le seuil retenu est celui des colis inférieurs à 150 euros. Pour ces envois, une taxe de 2 euros par article est prévue.
Autrement dit, le législateur ne nomme pas directement la fast fashion. Mais chacun comprend qui est visé.
Les plateformes étrangères de commerce en ligne, les petits colis venus de pays tiers, les achats à bas prix, les produits achetés en quelques clics et livrés à domicile.
Le problème n’est donc pas l’objectif. Le problème, c’est l’outil. Car cette taxe pose plusieurs difficultés.
D’abord, elle constitue une entrave à la liberté du commerce et de l’industrie. Cette liberté peut évidemment être limitée, mais encore faut-il que la mesure soit nécessaire, adaptée et proportionnée. A-t-on mesuré l’impact de cette mesure ? Visiblement non car elle est destructrice d’emploi en France.
Pas à l’autre bout du monde, chez nous, dans nos plateformes de logistiques.
Ensuite, elle instaure indirectement une forme de protectionnisme. Officiellement, elle ne vise ni un pays ni une entreprise. En pratique, elle renchérit surtout les importations extra-européennes à bas prix. Bilan des courses : les colis sont livrés chez nos voisins puis acheminés en camion. Pour l’écologie on reviendra !
Elle ouvre aussi une voie dangereuse : celle d’une économie dans laquelle certaines activités pourraient être fiscalement pénalisées parce qu’elles sont politiquement jugées indésirables. Un avocat un peu trop complotiste sur les bords, et bim, une taxe pour rendre ses prestations inaccessibles !
Enfin, elle crée une distorsion de marché. La France applique seule, par anticipation, un dispositif qui n’est pas encore harmonisé au niveau européen. Nos voisins s’enrichissent sur notre dos, et nous nous appauvrissons.
Et surtout, cette taxe oublie une réalité simple : les consommateurs n’achètent pas ces produits par caprice.
Ils les achètent parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter autrement. Taxer un produit à bas prix ne rend pas l’alternative locale plus accessible.
Cela rend seulement l’achat plus cher.
Mais il existe une autre question, beaucoup plus intéressante juridiquement.
Que se passe-t-il lorsqu’une loi détruit brutalement l’équilibre économique d’un secteur entier ?
Face à la destruction d’un tissu économique d’un secteur spécifique résultant d’une loi de finance stupide, il est possible d’engager la responsabilité de l’Etat du fait d’une loi de finance.
J’encourage toujours à agir ainsi, seule manière de taxer la bêtise.
Gageons qu’un jour, les hommes politiques paient de leur propre poche ce type d’ineptie. Il en va de la salubrité des finances publiques !
Et vous, taxer la betise de nos politiciens serait-elle une bonne idée ?