05/12/2025
📉 Dirigeants : même sans revenus, votre patrimoine peut être engagé !
Beaucoup de dirigeants pensent que « la société protège mes biens personnels ».
C’est vrai… sauf si la justice estime que la gestion a aggravé la situation de l’entreprise.
La Cour de cassation vient de rappeler un point très important :
👉 En cas de liquidation judiciaire, le dirigeant peut être condamné à payer une partie des dettes de la société, même s’il n’a plus de revenus ou plus rien sur son compte.
Le juge n’a pas à tenir compte de sa situation financière (Cass. com., 1er oct. 2025).
Pourquoi ? Parce que certaines décisions du dirigeant peuvent être qualifiées de fautes de gestion. Ce terme juridique désigne simplement :
➡️ des choix ou des oublis qui ont aggravé les difficultés de l’entreprise.
Concrètement, cela vise par exemple :
• laisser les dettes s’accumuler sans agir ;
• continuer l’activité alors que la trésorerie ne permet plus de payer personne ;
• ne pas tenir une comptabilité claire ;
• payer certaines personnes « en priorité » (amis, proches, fournisseurs choisis) au détriment des autres ;
• mélanger finances personnelles et finances de l’entreprise.
Ces comportements peuvent être considérés comme des « actes anormaux de gestion », c’est-à-dire contraires à l’intérêt de la société.
Et lorsqu’ils sont graves, le liquidateur peut même signaler la situation au procureur (art. 40 CPP), ce qui peut entraîner des poursuites pénales.
Le problème, c’est que beaucoup de dirigeants arrivent à ce stade alors qu’ils n’ont déjà plus aucun revenu, parfois plus d’épargne, souvent une famille à charge.
Mais la loi permet tout de même de venir chercher le patrimoine personnel : maison, économies, biens propres…
D’où l’importance d’agir avant que la situation ne devienne irréversible.
Ce qu’il faut retenir :
• Votre patrimoine n’est pas protégé si la gestion est jugée défaillante.
• Votre manque de ressources ne vous protège pas non plus.
• Les erreurs ou inerties sont souvent commises par fatigue, isolement ou méconnaissance, pas par mauvaise intention.
• Être accompagné tôt par un avocat permet d’éviter ces risques : analyser la situation, sécuriser les décisions, envisager des solutions avant la liquidation.
Un dirigeant ne devrait jamais se retrouver seul dans cette zone de danger.
Le bon réflexe, c’est d’en parler dès les premiers signes d’essoufflement : ret**ds de paiement, impayés, pression bancaire, comptabilité difficile à mettre à jour.
Agir tôt, c’est souvent sauver à la fois l’entreprise… et le patrimoine familial.