29/09/2022
Huit ans après avoir fait irruption sur le plateau de "Touche pas à mon poste", chez Cyril Hanouna, pour dénoncer le recours abusif aux contrats précaires du groupe Canal+, Sophie Tissier n’en a toujours pas fini avec les tribunaux. Et, vu les moyens judiciaires déployés par les sbires de Vincent Bolloré, on imagine que cette mère célibataire au RSA représente une sacrée menace pour le milliardaire et son empire !
Virée du jour au lendemain en mai 2013 – Cyril Hanouna le défenseur des opprimés, n’a curieusement pas bougé le petit doigt – l’Intermittente est d’abord déboutée devant les prud’hommes de Nanterre. Mais, en mars 2016, changement radical : devant la cour d’appel de Versailles les juges requalifient en CDI les multiples contrats d’usage de Sophie Tissier, qui a passé trois ans dans les arrière-cuisines du groupe Canal. Sur leur lancée, ils lui accordent même 139.159 euros au titre des rappels de salaire et diverses indemnités.
Méthode de guignols💨
Intolérable pour les avocats du richissime Bolloré qui, illico, déposent un pourvoi devant la cour de cassation. En juillet 2017, cette dernière rend un arrêt mi-chèvre mi-chou : si elle confirme que l'Intermittente était bien en CDI, elle estime que Sophie Tissier doit prouver qu’elle est bien resté à la disposition du coup Canal pendant les périodes dites "interstitielles" (entre deux CDD) Retour programmé devant la cour d’appel de Versailles le 28 mai 2018, soit cinq ans déjà après son limogeage… Entre-temps, Bolloré, finaud, ouvre un deuxième front judiciaire contre l’insolente! Ses avocats, acharnés, se mettent à accuser Sophie Tissier d’avoir menti sur ses activités durant les fameuses périodes interstitielles. Le 22 janvier 2018, ils déposent une plainte -au pénal cette fois– pour « escroquerie au jugement ». Taïaut !
La jeune femme, paniquée, décide de quitter son avocat pour une célébrité du barreau, William bourdon. Las ! Trois jours avant l’audience devant la cour d’appel de Versailles, le 25 mai 2018, ce dernier lui écrit pour lui faire part de son pessimisme quant au volet prud’homal de l'affaire : « Nous allons rédiger un peu en catastrophe (sic) des conclusions qui ne seront pas très longues pour essayer de limiter les dégâts, sans grande chance. » C’est bon de se sentir soutenu…
Le plus farce : au moment où Bourdon rédige ses conclusions enthousiastes, la plainte pénale de Bolloré pour escroquerie au jugement est classée depuis plus d’un mois–une décision rendue le 25 avril 2018 ! L’avocat a visiblement oublié de vérifier l’info, tout occupé qu’il était à modérer les demandes de sa cliente devant la cour de Versailles. Mauvaise pioche. Cette fois, la requalification en CDI est confirmée, mais l’intermittente ne se voit plus attribuer que 15 000 € d’indemnités ; elle doit donc en rembourser 124 000 à Canal+. Un vrai sketch des "Guignols" !❣