13/04/2025
L’HEBDO DES CONCIENTEURS – SEMAINE DU 7 AU 13 AVRIL
Encore une semaine dense, pleine d’engagement, d’espoir, de défis… et de vérités à faire entendre.
Lundi, on a visité un bien en Limousin, magnifique, immense, avec un vrai potentiel pour accueillir 20 à 25 personnes. Malheureusement, trop de travaux pour nous aujourd’hui. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’on aurait été soutenus par une communauté de communes. C’est encourageant, même si l’aide institutionnelle reste une bataille.
On a aussi fait une visio avec un jeune homme de 22 ans incarcéré, issu de l’Aide Sociale à l’Enfance. Il n’a aucun plan B à sa sortie, sauf Concienta. On espère pouvoir l’accueillir bientôt.
Mardi, on a eu l’honneur d’accueillir le Dr Dominique Rivière pour sa permanence médicale. Il suit les personnes détenues au centre hospitalier de Tulle et à Uzerche. Son écoute, son sérieux, sa présence sont des piliers précieux pour notre équipe et nos accueillis.
Mercredi, point juridique avec Maître Maëva Richard, avocate pénaliste engagée à nos côtés. Son regard, son expertise, son humanité sont une vraie force.
Jeudi, deux visites majeures.
Le Secours Catholique Limousin est venu passer 4h avec nous. 10 personnes, dont certaines étaient venues avec des idées fausses sur nous, relayées par des institutions qui ne nous connaissent pas et ne veulent pas nous connaître. On les remercie d’avoir dépassé les a priori pour venir voir, écouter, comprendre. C’est ça, le vrai terrain.
Puis la Mission Locale est venue discuter du travail que nous faisons auprès des jeunes. Depuis un an, nous ne prenons plus en charge les personnes ayant besoin d’un parcours médical lourd. Résultat : 80 % des personnes accueillies ont moins de 23 ans, issues de l’ASE. Et là, on construit un projet fort avec notre coalition Les Oubliés de la République : un programme spécifique pour ces jeunes majeurs, qui passent de la rue à la détention faute d’alternative. On veut leur proposer le même accompagnement que pour les personnes placées sous main de justice, dès 18 ans. Parce que 87 % des personnes détenues ont eu un lien avec l’ASE. Si on est là à 18 ans, peut-être qu’on les reverra pas à 24, cassés, brisés.
Vendredi, Gilles est allé voir Jordan, à Poitiers. Certains se souviendront de lui : il a passé 6 mois chez nous. Depuis la prison, il garde le cap. Il fait du sport, il a arrêté le cannabis, il s’accroche. Parce qu’il sait qu’à la sortie, il a une maison qui l’attend : Concienta.
Et pendant ce temps, notre quotidien continue :
• 14 personnes actuellement accompagnées
• 3 en phase 5, donc suivies en externat, en emploi ou en formation
• Bienvenue à Laurent, 43 ans, notre 63e accueilli. Il voulait fuir un environnement toxique. Il nous a rejoints le 9 avril. Il a demandé à intégrer notre chantier pédagogique et thérapeutique mené par Nicolas, notre pair-aidant. Ce test lancé il y a deux mois fonctionne. On le prolonge.
Et le reste ?
Des dossiers de financement, des vidéos du mardi à monter, une newsletter en préparation, et des projets qui claquent avec d’autres minorités oubliées. On ne lâche rien. Parce qu’on ne fait pas ce travail pour être validés, mais parce qu’il est vital.
On ne change pas de métier. On fait de l’insertion. Et oui, parfois on nous dit qu’on ne le fait pas comme il faut. Mais il n’y a personne d’autre à notre place quand les gens sortent de prison sans papiers, sans argent, sans slips propres. 80% de personnes non accompagnées. Alors, on continue, et on dit oui, à tous ceux qui veulent nous accompagner et nous aider à nous améliorer.
Avec l’humain au centre, avec la dignité comme boussole, avec l’humanisme, la fraternité et la sororité comme ligne d’horizon.
Bon dimanche les Concienteurs.