05/10/2026
Transmettre son entreprise n’est pas la vendre.
C’est pourtant toute la difficulté soulevée par une disposition du projet de loi de finances pour 2027.
Lorsqu’un chef d’entreprise a, au cours de sa carrière, restructuré son groupe en apportant les titres de sa société à une holding, une plus-value a pu être placée en report d’imposition.
Le projet prévoit aujourd’hui que la donation ou la succession puisse mettre fin à ce report.
Concrètement, une transmission familiale pourrait donc déclencher le paiement d’un impôt sur une plus-value parfois ancienne… alors même que personne n’a vendu les titres et qu’aucune liquidité n’a été perçue.
Le texte prévoit certes, sous conditions, la possibilité d’échelonner le paiement.
Mais le problème demeure : échelonner une dette fiscale ne crée pas la trésorerie permettant de la payer.
La question est d’autant plus importante lorsque la transmission bénéficie du régime Dutreil : comment concilier un dispositif conçu pour faciliter la transmission des entreprises familiales avec une imposition qui deviendrait exigible précisément à l’occasion de cette transmission ?
Le texte n’est encore qu’un projet et il évoluera au cours des débats parlementaires.
Mais il rappelle déjà une règle essentielle : une transmission d’entreprise se prépare très en amont.
L’histoire de la société, les holdings constituées, les opérations réalisées plusieurs années auparavant, les plus-values en report, le régime matrimonial, la situation familiale et les liquidités disponibles doivent être étudiés ensemble.
C’est précisément notre rôle : anticiper, expliquer et organiser la transmission pour qu’elle soit non seulement juridiquement et fiscalement pertinente, mais aussi concrètement réalisable.