Florence Manieri Avocat

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Florence Manieri Avocat cabinet secondaire à Vif au 29 avenue de Rivalta 38450 VIF. Sur RDV uniquement au 04 76 49 15 45.

Conseils et défense:
conseils juridiques, défense partout en France, amiable ou judiciaire + accompagnement dans le conseil et la défense en cas de procédure en lien avec l'Italie (avocat bilingue).

Il y a des dossiers que l’on referme. Et d’autres qui viennent nous retrouver, 20 ans plus t**d. Il y a quelques semaine...
12/10/2026

Il y a des dossiers que l’on referme. Et d’autres qui viennent nous retrouver, 20 ans plus t**d.

Il y a quelques semaines, un rendez-vous personnel me conduit chez un thérapeute que je ne connais pas.
Pour les besoins de la consultation, il me demande quel est mon métier.
Je lui parle du droit de la famille, des enlèvements internationaux d’enfants, de l’Italie. Nous découvrons que nous partageons les mêmes racines.

Puis, au fil de l’échange, je comprends.

Cet homme est un proche de la famille d’un client que j’ai accompagné il y a près de 20 ans: mon tout premier dossier d’enlèvement international d’enfants entre la France et l’Italie.
Celui qui m’a tout appris. Qui m'a forgé même.

Un père, en Italie, dont les deux enfants avaient été emmenés en France par leur mère, à son insu.
Une procédure dense, éprouvante, menée jusqu’en cassation.
Et au bout, le retour des enfants auprès de leur père.

Puis le dossier s’est refermé.
La vie a repris son cours, sans moi.

Ce jour-là, chez ce thérapeute, la chance m'est offerte d'avoir des nouvelles de ces deux enfants.
Ils avaient 7 et 9 ans quand je les ai connus, pris dans un conflit parental d’une rare intensité. Une période très sombre pour eux.
Ils ont grandi, fait des études, exercent leur métier.
Ils entretiennent une relation apaisée avec chacun de leurs parents.
Et ce thérapeute devait les retrouver quelques jours plus t**d... pour une partie de foot...
Improbable.

J’avoue avoir eu du mal à garder ma contenance.

Car c’est la part invisible de notre métier : nous intervenons à des moments les plus sombres d’une histoire familiale, nous nous battons pour une décision, puis nous sortons du récit. Sans savoir ce qu’elle permettra, 20 ans plus t**d.

Une décision de justice n’est pas qu’un jugement. C’est une trajectoire de vie.
Et l’avocat qui accompagne une famille dans la tempête n’est pas un simple technicien du droit : par sa stratégie, son engagement, sa présence, il peut peser de façon déterminante sur cette trajectoire.
Je n’y ai contribué qu’en partie. Mais j’y ai contribué.

Je mesure aussi l’improbable de ce moment.

Je sais que sans un confrère italien qui cherchait à l'époque un avocat italophone à Grenoble, sans une consœur qui lui a donné mon nom, ce confrère italien ne m'aurait jamais contacté.
Je n’aurais jamais eu à intervenir dans ce dossier.
Ni découvert cette matière qui m’anime au plus profond.
Ni retrouvé, 20 ans après, quelqu’un qui se souvenait, comme le témoin précieux d'une histoire de vie.

Ce n’est pas la première fois que mon chemin recroise celui d’anciens clients.
C’est, à chaque fois, la même émotion et la même gratitude.

Si vous êtes aujourd’hui ce parent séparé de son enfant, sachez-le : ce que l’on construit maintenant, on le construit aussi pour dans 20 ans.

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Condamnée pour avoir privé un père de son enfant. Protégée contre ce même père.Cherchez l’erreur… Il y a un an, j'obtien...
29/09/2026

Condamnée pour avoir privé un père de son enfant.
Protégée contre ce même père.
Cherchez l’erreur…

Il y a un an, j'obtiens devant le tribunal correctionnel la condamnation d’une mère pour non-présentation d’enfant.
5 années que mon client, un père italien, est privé de voir son enfant.

La peine prononcée : 4 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire pendant 2 ans avec obligation de présenter l’enfant au père et obligation de l’indemniser.
La décision bénéficie de l’exécution provisoire: elle doit être exécutée même en cas d’appel.

Une victoire.
Du moins, je le croyais.

Depuis, j’ai tout fait pour que cette décision soit respectée : significations, courriers au SPIP qui suit la mère depuis la condamnation, saisine répétées du juge de l’application des peines, information préalable à la mère de chaque venue du père en France, demande d’un cadre sécurisé pour que l’enfant retrouve son père sans être brusqué,…

Réponse des autorités concernées : la mère est convoquée pour qu’on lui « rappelle ses obligations ».
C'est tout: ni plus, ni moins.

Mon client lui, a fait plusieurs fois le voyage depuis l'Italie dans des conditions émotionnelles indescriptibles.
À chaque fois, avec l’espoir que la mère présente enfin l’enfant.
Parce que désormais, elle n’a plus le choix: elle est condamnée.

Mais à chaque fois, personne.
Alors à chaque fois, dépôt de plainte du père.
Et toutes les fois où la mère ne présente pas l’enfant au père, elle est en récidive légale.

J’ai dénoncé chaque manquement.
Rien.

Et puis, récemment, cerise sur le gâteau.
Lors de son dernier séjour en France, la mère dépose plainte contre mon client et demande une ordonnance de protection.
Mon client, en Italie, ne reçoit pas la convocation pour l’audience.
La décision est rendue en son absence.

Verdict : interdiction pour le père d’entrer en contact avec la mère… mais surtout avec son enfant, pendant 12 mois.
Vous avez bien lu.

Relisons calmement.

C’est celle qui a été condamnée, et qui ne respecte toujours pas sa condamnation, qui obtient une protection.
C’est celui qui respecte scrupuleusement chaque jugement qui se retrouve écarté de son enfant.
Et qui va devoir se battre encore et encore pour que justice soit rendue.

On marche sur la tête.

Je ne remets pas en cause une ordonnance de protection.
C’est un outil essentiel, qui protège et sauve des vies.
Mais, précisément parce qu’elle est précieuse, elle ne devrait jamais pouvoir être détournée.

Pendant ce temps, depuis 5 ans, un enfant grandit loin de son père parce que sa mère en a décidé ainsi.

Nous avons fait appel.
Je serai aux côtés de mon client jusqu’au bout, parce que ce lien parental n’a pas à être rompu par la seule volonté d’une personne.

Mais je pose la question sans détour : à quoi sert une condamnation si personne ne veille à son exécution ?

C’est l’inversion des valeurs.
Je suis indignée.
Pas résignée.

Avocats, magistrats, travailleurs sociaux, parents, je serais curieuse de lire votre regard.

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Urgent : poste d'assistante à pourvoir.Merci.Belle journée.
07/09/2026

Urgent : poste d'assistante à pourvoir.
Merci.
Belle journée.

Urgent: poste d'assistante à pourvoir Bonjour, Le Cabinet d'avocat Florence Manieri recherche un.e assistant.e : - soit en free-lance (de préférence) - soit à temps partiel avec perspectives d'évolution. Le Cabinet est situé à GRENOBLE et accompagne ses clients dans le domaine des affaires fa...

« Qui veut aller loin, doit ménager sa monture »S’arrêter, n’est pas renoncer. C’est choisir de durer.Il y a un moment o...
04/08/2026

« Qui veut aller loin, doit ménager sa monture »

S’arrêter, n’est pas renoncer. C’est choisir de durer.

Il y a un moment où même l’avocat le plus engagé doit savoir poser son téléphone, fermer son ordinateur et respirer.

Sans culpabiliser.

Pas parce qu’il abandonne.

Parce qu’il sait que, pour continuer à bien faire son métier, à être au service de ses clients, il doit aussi savoir s’arrêter.

Même quand tout pousse à continuer.

J’accompagne des personnes qui traversent des moments de vie particulièrement intenses et tourmentées : des séparations. Des conflits. Des enfants au cœur des tensions.

Des injustices vives ressenties.

Des décisions qui peuvent bouleverser une vie.

Mon métier, mon domaine d’expertise sont exigeants.

Ce métier exige rigueur, disponibilité, engagement.

Il faut être à 100 %.

Je le sais depuis toujours, mais mon corps me le rappelle chaque jour.

Mon métier exige aussi quelque chose dont on parle beaucoup moins : une solide santé mentale et émotionnelle.

Car on ne peut pas être pleinement présent et disponible pour les autres si l’on ne prend pas le temps de se retrouver soi-même.

Alors, lorsque les dossiers sont sécurisés, lorsque les urgences sont traitées, les échéances anticipées, je m’autorise à m’arrêter.

Parfois je me l’impose même.

Ralentir.

Méditer.

Marcher.

Respirer dans le silence, dans la nature.

Rire.

Etre entourée de mes proches.

Renouer avec la légèreté.

Ces moments ne sont pas du temps perdu.

Ils font partie de mon agenda parce qu’ils servent mon équilibre personnel et donc professionnel.

Avec les années, j’ai appris que préserver sa santé mentale et physique n’est ni une faiblesse, ni un luxe.

C’est une discipline.

Nécessaire.

Salutaire.

Alors j’ai mes routines.

Mes rendez-vous avec moi-même.

Parce que faire ce qui me ressource n’est plus négociable.

Il m’a fallu déconstruire nombreuses croyances anciennes pour le comprendre.

Pour apprendre à ne plus culpabiliser lorsque je décide de lever le pied.

Ralentir est une décision prise en conscience et en responsabilité.

Parce que je sais pourquoi je le fais.

Je ne m’arrête pas pour fuir mon métier.

Je m’arrête pour pouvoir continuer à l’exercer avec la même exigence.

Pour mieux être au service de mes clients, avec cette qualité de présence qu’ils sont en droit d’attendre de leur avocat.

Le temps de digérer l’intensité de mon métier.

Le temps de recharger les batteries.

Et ce moment est venu à l’approche de mes vacances.

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Les proches qui me suivent reconnaîtront sans mal cet endroit reposant sur la photo où nous avons passé une excellente journée récemment.

Perdre une fois, c’est difficile.Perdre deux fois, c’est souvent ce qui pousse à abandonner.Et pourtant… c’est parfois p...
20/07/2026

Perdre une fois, c’est difficile.
Perdre deux fois, c’est souvent ce qui pousse à abandonner.
Et pourtant… c’est parfois précisément à ce moment-là qu’il ne faut pas renoncer.

Dernièrement, la cour d’appel m’a donné raison dans un dossier qui illustre parfaitement cette réalité.
Michel, aujourd’hui âgé de 80 ans, versait depuis près de 20 ans une prestation compensatoire sous forme de rente viagère à son ex-épouse.
Près de 190 000 euros avaient déjà été versés à ce titre.
Au fil des années, sa situation avait profondément évolué : départ à la retraite, baisse de ses revenus, âge avançant…

Une première demande de révision avait été rejetée.
Quelques années plus t**d, il a tenté une nouvelle demande pour obtenir la révision de la prestation compensatoire.
Là encore, le juge de première instance a refusé de modifier la rente qu’il versait.

Deux décisions défavorables.
À ce stade, beaucoup auraient renoncé.
Mais lui, a décidé de continuer à se battre.

C’est à ce moment-là qu’il m’a contacté pour me confier sa défense devant la cour d’appel.
J’ai repris l’intégralité du dossier.
J’ai analysé les décisions précédentes.
J’ai recherché les arguments qui n’avaient pas été pleinement exploités et les évolutions de fait qui justifiaient une nouvelle appréciation de sa situation.
J’en ai fait de même en analysant l'évolution de la situation de l’ex-épouse.

Les écritures ont été particulièrement argumentées.
Les débats ont été soutenus ; chacun campait sur sa position.
Chaque partie justifiait d’arguments pertinents ; la partie adverse y compris, je dois le reconnaître.
Je me suis même surprise à penser que l’issue favorable pour mon client n’était pas acquise.
Mais j’ai creusé au maximum en allant au bout de mes arguments pour Michel.

Pour ma plus grande satisfaction, la cour d’appel a fait droit à notre analyse en réduisant très significativement la prestation compensatoire.

Cette décision est une nouvelle occasion de me rappeler une conviction profonde : un dossier ne se résume jamais aux décisions qui l’ont précédé.
Un premier échec n’est jamais définitif.
Une situation n'est pas figée.
Lorsqu’un dossier est repris avec un regard neuf, une stratégie adaptée et une sensibilité différente, une autre issue est toujours possible.

C’est aussi cela, à mes yeux, le rôle et la plus-value d’un avocat : ne pas se laisser enfermer par le passé, remettre en cause des arguments, et rechercher, dans le respect des données du dossier, tous les leviers qui peuvent encore faire évoluer une situation.
Et la faire basculer.

Le soulagement de Michel en apprenant cette décision a été ma plus belle récompense.

Parce qu’au-delà des procédures, il y a des personnes qui ont « juste » besoin d’un avocat capable de voir ce que d’autres n’ont pas vu… et qui ne renoncent pas tant que le droit offre encore une voix à défendre.

Morale de l’histoire : ne laissez jamais un échec définir l’issue de votre affaire…
Et de votre histoire personnelle.

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24/06/2026

Tant que l'on persistera à ne pas s'attaquer aux causes structurelles, la justice demeurera sinistrée, le personnel judiciaire restera dépassé et pressurisé, et nous autres auxiliaires de justice seront impuissants face à l'enlisement de nos affaires.

Nous ne pouvons pas continuer à nous débattre sans être entendus.

Nous ne pouvons pas porter la justice à bout de bras face au manque criant et cruel de moyens et de volonté politique !

Ce n'est plus tenable.

Ce n'est pas acceptable en France.

Ce n'est pas digne de la France.

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On peut dénoncer des violences conjugales… tout en restant sous emprise.Emma a déposé plainte contre son ex concubin.Ell...
22/06/2026

On peut dénoncer des violences conjugales… tout en restant sous emprise.

Emma a déposé plainte contre son ex concubin.
Elle a eu le courage de venir à l’audience, parce que je l’accompagnais.
Elle a réussi à s’avancer jusqu’à la barre du tribunal pour témoigner, parce que je me tenais à ses côtés.
Elle tremblait. Elle pleurait.
Mais elle a tenu.
Elle a parlé.

Il y a eu ce moment qui m’a marqué.
Quand elle a levé les yeux et a soutenu le regard de son ex conjoint, présent dans le box des accusés.
Pas parce qu’elle n’avait plus peur.
Pas parce qu’elle était sortie de l’emprise.
Mais parce que, ce jour-là, malgré la peur, malgré les doutes, malgré ce lien toxique qui continuait encore de l’emprisonner intérieurement, elle a pris une décision majeure : elle a choisi de parler.

De l’extérieur, certains pourraient croire que le plus difficile était derrière elle.
Qu’elle était sortie d’affaires.
Mais la réalité est souvent bien plus complexe.

Parce qu’en matière de violences conjugales, comprendre ce que l’on subit ne signifie pas toujours parvenir immédiatement à s’en libérer.
Emma avait identifié les mécanismes de manipulation.
Elle savait le mal qui lui avait été fait.
Elle avait trouvé la force de dénoncer un comportement violent et d’affronter une audience correctionnelle.
Et pourtant, l’emprise était encore là.

Cette contradiction apparente est une réalité que l’on rencontre souvent : parvenir à dénoncer les violences tout en restant traversé par le doute, la culpabilité, l’attachement, la peur ou même l’espoir, l’attente que l’autre change.

Cet espoir peut être d’une force redoutable.
Quelques mots parfois, des promesses, un comportement plus apaisé, des signes apparents d'un changement et tout peut vaciller à nouveau pour que renaissent chez Emma l’idée qu’une autre issue reste possible et que la relation peut renaître.
Non pas parce que la victime ne comprend pas ce qu’elle a vécu.
Mais parce que sortir de l’emprise est plus facile à dire qu’à faire.
Cela ne relève pas seulement de la raison.

Le courage ne consiste pas seulement à déposer plainte.
Le courage consiste aussi à accepter que sortir de l'emprise d'une relation toxique est un véritable cheminement.
Pas juste un déclic.
Mais souvent, il n’y a pas de chemin sans ce déclic.

Dans ce genre d’audience, l’ambiance est très chargée.
La parole de la victime y est précieuse.
Pas seulement pour le tribunal.
Mais également pour Emma, et à travers elle, pour toutes les victimes.

Pour l'Avocat que je suis, ces audiences me rappellent que défendre, accompagner ne consiste pas uniquement à porter une parole devant un tribunal.
C’est aussi soutenir, porter des personnes qui avancent parfois avec lucidité… mais toujours sous le poids écrasant d’une emprise dont il va falloir se libérer.

Et comprendre qu’entre le moment où l’on dit « j’ai compris » et celui où l’on dit « je suis libre », il peut y avoir un long chemin.

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Maître, notre audience est à 9h00, on sera sorti à 10h00 n’est-ce pas ?Je ne compte plus le nombre de fois où je dois pe...
15/06/2026

Maître, notre audience est à 9h00, on sera sorti à 10h00 n’est-ce pas ?

Je ne compte plus le nombre de fois où je dois penser à préciser à mon client que l’heure de la convocation n’est pas l’heure à laquelle le Juge écoutera son affaire.
Qu’entre l’heure de la convocation et l’heure du passage devant le Juge il y a souvent un gros écart.
Et ce n’est pas un détail anodin.

C’est une réalité constante du monde judiciaire que la convocation elle-même ne précise pas.
Et pourtant, elle change tout.
Parce que pour mon client, venir à l’audience pour 9 heures va lui demander de poser une demi-journée, de trouver une solution de garde pour ses enfants, d’organiser son déplacement ou son stationnement devant le tribunal, etc…
Cela se mesure en contrainte concrète, en organisation familiale complexe, en énergie dépensée avant même d’avoir franchi la porte de la salle d’audience.

Pour l’avocat que je suis, derrière chaque audience il y a un temps invisible que l’on n’imagine même pas.
Lorsque je vais plaider pour 9 heures, je sais à quelle heure je franchis la porte du tribunal mais je ne sais jamais à quelle heure j’en sortirai.
Cet aléa est une contrainte exigeante, tant du point de vue personnel que de l’organisation de mon agenda.

L’autre jour, comme souvent, lorsque l’audience était fixée à 9 heures, il m’a fallu attendre jusqu’à 12h30 avant de plaider.
Attendre après l’appel des causes, après le traitement des demandes de renvoi des dossiers, dans l'ordre de passage retenu par le juge.
Lorsque j’en suis sortie, il était 14 heures…
5 heures de présence au tribunal pour environ 30 minutes de plaidoirie.

Indiscutablement, cette attente est longue.
Et elle a forcément un impact sur mon agenda du jour, sur mon énergie.
Mais en même temps, ces 5 heures d’attente ne sont pas de l’attente passive.

C'est un temps de travail invisible mais constructif.
Pour traiter à chaud avec mon client, les dernières pièces adverses communiquées au seuil de l’audience.
Pour intégrer de nouvelles informations, réajuster ma stratégie, affiner davantage mes arguments.

C’est également un temps précieux pour mon client.
Parce qu’en attendant de passer devant le juge, je suis pleinement présente à ses côtés, pour le rassurer, le projeter dans le déroulé de l’audience, canaliser ses émotions, son stress.

Paradoxalement, ce temps d’attente est précieux parce qu’il est aussi un temps d’échange dans un contexte différent, où le client livre parfois des informations sous un angle différent.
Des nuances, des ressentis que je peux capter pour enrichir sa défense lorsque le moment de plaider sera venu.

Alors oui ce temps-là est énergivore, chargé et exigeant.
Mais il est aussi fondamental.

Une partie essentielle de mon travail se joue dans ces temps invisibles d'attente : où l'on accompagne, on soutient, on observe, on porte avec son client le poids de ce RDV judiciaire crucial.

Ce temps d'attente n'est jamais du temps perdu.
C'est du temps d'avocat.
Dans ces heures silencieuses, il se passe parfois autant que dans l'audience elle-même.

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À quoi bon porter plainte ?Combien de victimes renoncent à agir parce qu’elles pensent que déposer plainte ne sert plus ...
08/06/2026

À quoi bon porter plainte ?

Combien de victimes renoncent à agir parce qu’elles pensent que déposer plainte ne sert plus à rien ?

Quand on voit le nombre de classements sans suite, il est vrai que cela est de nature à dissuader.

Il est vrai aussi que les faits divers révèlent après coup que plusieurs plaintes avaient pu être déposées sans qu’aucune poursuite n’ait été engagée…jusqu'au jour où le drame survient.

Et avec lui, l'électrochoc.

Le goût est amer.

L’incompréhension et la colère l’emportent, à plus forte raison lorsque la vie d’une personne, d’un enfant était en jeu…

Une question revient souvent de la part de mes clients victimes :

Porter plainte est-il vraiment utile ?

Ma réponse est souvent la même : le dépôt de plainte est souvent le premier acte indispensable pour continuer le combat.

Parce qu'un classement sans suite ne signifie pas nécessairement que les faits n’ont pas existé.

Il signifie simplement, mais cruellement, que le Procureur de la république a décidé, à ce stade, de ne pas engager de poursuites.

Le Procureur prend sa décision selon le principe de l’opportunité des poursuites.

Mais la décision du Procureur n'est pas toujours l'expression de la vérité.

Or, le droit offre d’autres voies face à un classement sans suite.

La décision d'un Procureur n’est pas irrémédiable.

C'est pourquoi, lorsque l’infraction me semble bien caractérisée et que le dossier de mon client victime d’une infraction pénale est suffisamment solide, je lui conseille de ne pas s’arrêter là.

Parce que nous pouvons engager nous-mêmes les poursuites appropriées afin que les faits soient jugés par un tribunal que nous allons saisir nous-mêmes.

Dans ce genre de situation, cela signifie que je prends le relais du Procureur qui n’a pas souhaité poursuivre l’auteur de l’infraction.

Certes c’est une démarche exigeante.

Elle demande de la détermination, de la rigueur et une véritable stratégie judiciaire.

Mais elle a le mérite d’exister.

À chaque fois que j’ai engagé cette voie après un classement sans suite, le tribunal saisi a reconnu la culpabilité de l’auteur des faits et l'a condamné à réparer les préjudices subis par mes clients.

Autrement dit, à chaque fois, mes clients ont pu obtenir satisfaction devant un tribunal pour des faits que le Procureur n'avait pas voulu poursuivre et qui étaient voués à rester impunis sans la détermination de mes clients.

C’est pourquoi je refuse que le classement sans suite soit perçu comme une fin de parcours sans issue.

Pour beaucoup de victimes il n’est que le début d’une autre étape.

Un classement sans suite n’efface ni infraction, ni les droits de la victime.

Dans un contexte où le manque criant de moyens de la justice nourrit un sentiment d’impuissance ou d’impunité, mon rôle d’avocat est bien de rappeler qu’il existe encore des leviers d’action.

Et mon rôle consiste à les utiliser chaque fois que les conditions sont réunies.

Et chaque fois que mon client est déterminé à ne pas en rester là.

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Et dire qu’au début de ma carrière je croyais qu’un jour je finirai par avoir fait le tour de mon métier.Je pensais qu’a...
01/06/2026

Et dire qu’au début de ma carrière je croyais qu’un jour je finirai par avoir fait le tour de mon métier.

Je pensais qu’avec les années, l’expérience finirait par remplacer la découverte.
Que les situations deviendraient prévisibles.
Que la pratique du droit deviendrait peut-être routinière.

24 ans plus t**d je constate que la réalité est tout autre.
Et c’est une merveilleuse surprise.

Chaque jour apporte son lot de questions nouvelles, de situations inédites, de défis humains et juridiques à relever.
Chaque client m’apprend quelque chose.
Chaque dossier m’amène ailleurs, à réfléchir, à approfondir, à remettre certaines certitudes en perspective.

Avec les années, l’expérience devient un atout précieux.
Elle apporte des repères. Elle rassure.
Elle permet d’anticiper certaines difficultés.
Elle offre une forme de sécurité et de visibilité dans l’exercice quotidien de ma profession.

Avant, j’admirais l’expérience de mes confrères plus âgés.
Aujourd’hui, je commence à la partager mais sans jamais vouloir m’en contenter.
Parce que l’expérience ne vaut que si elle reste vivante. Perfectible.
Si elle continue à se nourrir de curiosité.
Si elle accepte d’être confrontée à la nouveauté.
Si elle s’enrichit sans cesse de connaissances actualisées, de regards différents et d’une remise en question régulière.

Car se reposer uniquement sur son expérience serait, à mes yeux, prendre le risque de se déconnecter rapidement de la réalité et de l’évolution du monde.
Pour moi l’équilibre se trouve ailleurs : dans la rencontre entre l’expérience acquise et l’envie intacte d’apprendre.

C’est cet équilibre qui permet de continuer à progresser et à offrir à ses clients un accompagnement toujours plus pertinent et efficace.

Donc après 24 années d’exercice, je sais que je peux compter sur mon expérience.
Mais ce qui me motive le plus, c’est sans doute de savoir que je n’ai pas fini d’apprendre.
Et j’avoue que c’est grisant de constater que chaque journée est encore l’occasion de découvrir, de comprendre, d’évoluer et de me renouveler.

Je ne sais pas ce que me réservent les 20 prochaines années de pratique.
Mais si elles ressemblent à cela alors je les accueillerai avec le même enthousiasme.
Mes 24 années d’expérience ne m’ont pas appris à tout savoir. Elles m’ont appris à ne jamais cesser d’apprendre.
Je dirais que finalement, ce que j’aime le plus dans mon métier ce n’est pas ce que je sais déjà : c’est tout ce qu’il me reste encore à découvrir !

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