Florence Manieri Avocat

Florence Manieri Avocat cabinet secondaire à Vif au 29 avenue de Rivalta 38450 VIF. Sur RDV uniquement au 04 76 49 15 45.

Conseils et défense:
conseils juridiques, défense partout en France, amiable ou judiciaire + accompagnement dans le conseil et la défense en cas de procédure en lien avec l'Italie (avocat bilingue).

Maître, notre audience est à 9h00, on sera sorti à 10h00 n’est-ce pas ?Je ne compte plus le nombre de fois où je dois pe...
15/06/2026

Maître, notre audience est à 9h00, on sera sorti à 10h00 n’est-ce pas ?

Je ne compte plus le nombre de fois où je dois penser à préciser à mon client que l’heure de la convocation n’est pas l’heure à laquelle le Juge écoutera son affaire.
Qu’entre l’heure de la convocation et l’heure du passage devant le Juge il y a souvent un gros écart.
Et ce n’est pas un détail anodin.

C’est une réalité constante du monde judiciaire que la convocation elle-même ne précise pas.
Et pourtant, elle change tout.
Parce que pour mon client, venir à l’audience pour 9 heures va lui demander de poser une demi-journée, de trouver une solution de garde pour ses enfants, d’organiser son déplacement ou son stationnement devant le tribunal, etc…
Cela se mesure en contrainte concrète, en organisation familiale complexe, en énergie dépensée avant même d’avoir franchi la porte de la salle d’audience.

Pour l’avocat que je suis, derrière chaque audience il y a un temps invisible que l’on n’imagine même pas.
Lorsque je vais plaider pour 9 heures, je sais à quelle heure je franchis la porte du tribunal mais je ne sais jamais à quelle heure j’en sortirai.
Cet aléa est une contrainte exigeante, tant du point de vue personnel que de l’organisation de mon agenda.

L’autre jour, comme souvent, lorsque l’audience était fixée à 9 heures, il m’a fallu attendre jusqu’à 12h30 avant de plaider.
Attendre après l’appel des causes, après le traitement des demandes de renvoi des dossiers, dans l'ordre de passage retenu par le juge.
Lorsque j’en suis sortie, il était 14 heures…
5 heures de présence au tribunal pour environ 30 minutes de plaidoirie.

Indiscutablement, cette attente est longue.
Et elle a forcément un impact sur mon agenda du jour, sur mon énergie.
Mais en même temps, ces 5 heures d’attente ne sont pas de l’attente passive.

C'est un temps de travail invisible mais constructif.
Pour traiter à chaud avec mon client, les dernières pièces adverses communiquées au seuil de l’audience.
Pour intégrer de nouvelles informations, réajuster ma stratégie, affiner davantage mes arguments.

C’est également un temps précieux pour mon client.
Parce qu’en attendant de passer devant le juge, je suis pleinement présente à ses côtés, pour le rassurer, le projeter dans le déroulé de l’audience, canaliser ses émotions, son stress.

Paradoxalement, ce temps d’attente est précieux parce qu’il est aussi un temps d’échange dans un contexte différent, où le client livre parfois des informations sous un angle différent.
Des nuances, des ressentis que je peux capter pour enrichir sa défense lorsque le moment de plaider sera venu.

Alors oui ce temps-là est énergivore, chargé et exigeant.
Mais il est aussi fondamental.

Une partie essentielle de mon travail se joue dans ces temps invisibles d'attente : où l'on accompagne, on soutient, on observe, on porte avec son client le poids de ce RDV judiciaire crucial.

Ce temps d'attente n'est jamais du temps perdu.
C'est du temps d'avocat.
Dans ces heures silencieuses, il se passe parfois autant que dans l'audience elle-même.

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À quoi bon porter plainte ?Combien de victimes renoncent à agir parce qu’elles pensent que déposer plainte ne sert plus ...
08/06/2026

À quoi bon porter plainte ?

Combien de victimes renoncent à agir parce qu’elles pensent que déposer plainte ne sert plus à rien ?

Quand on voit le nombre de classements sans suite, il est vrai que cela est de nature à dissuader.

Il est vrai aussi que les faits divers révèlent après coup que plusieurs plaintes avaient pu être déposées sans qu’aucune poursuite n’ait été engagée…jusqu'au jour où le drame survient.

Et avec lui, l'électrochoc.

Le goût est amer.

L’incompréhension et la colère l’emportent, à plus forte raison lorsque la vie d’une personne, d’un enfant était en jeu…

Une question revient souvent de la part de mes clients victimes :

Porter plainte est-il vraiment utile ?

Ma réponse est souvent la même : le dépôt de plainte est souvent le premier acte indispensable pour continuer le combat.

Parce qu'un classement sans suite ne signifie pas nécessairement que les faits n’ont pas existé.

Il signifie simplement, mais cruellement, que le Procureur de la république a décidé, à ce stade, de ne pas engager de poursuites.

Le Procureur prend sa décision selon le principe de l’opportunité des poursuites.

Mais la décision du Procureur n'est pas toujours l'expression de la vérité.

Or, le droit offre d’autres voies face à un classement sans suite.

La décision d'un Procureur n’est pas irrémédiable.

C'est pourquoi, lorsque l’infraction me semble bien caractérisée et que le dossier de mon client victime d’une infraction pénale est suffisamment solide, je lui conseille de ne pas s’arrêter là.

Parce que nous pouvons engager nous-mêmes les poursuites appropriées afin que les faits soient jugés par un tribunal que nous allons saisir nous-mêmes.

Dans ce genre de situation, cela signifie que je prends le relais du Procureur qui n’a pas souhaité poursuivre l’auteur de l’infraction.

Certes c’est une démarche exigeante.

Elle demande de la détermination, de la rigueur et une véritable stratégie judiciaire.

Mais elle a le mérite d’exister.

À chaque fois que j’ai engagé cette voie après un classement sans suite, le tribunal saisi a reconnu la culpabilité de l’auteur des faits et l'a condamné à réparer les préjudices subis par mes clients.

Autrement dit, à chaque fois, mes clients ont pu obtenir satisfaction devant un tribunal pour des faits que le Procureur n'avait pas voulu poursuivre et qui étaient voués à rester impunis sans la détermination de mes clients.

C’est pourquoi je refuse que le classement sans suite soit perçu comme une fin de parcours sans issue.

Pour beaucoup de victimes il n’est que le début d’une autre étape.

Un classement sans suite n’efface ni infraction, ni les droits de la victime.

Dans un contexte où le manque criant de moyens de la justice nourrit un sentiment d’impuissance ou d’impunité, mon rôle d’avocat est bien de rappeler qu’il existe encore des leviers d’action.

Et mon rôle consiste à les utiliser chaque fois que les conditions sont réunies.

Et chaque fois que mon client est déterminé à ne pas en rester là.

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Et dire qu’au début de ma carrière je croyais qu’un jour je finirai par avoir fait le tour de mon métier.Je pensais qu’a...
01/06/2026

Et dire qu’au début de ma carrière je croyais qu’un jour je finirai par avoir fait le tour de mon métier.

Je pensais qu’avec les années, l’expérience finirait par remplacer la découverte.
Que les situations deviendraient prévisibles.
Que la pratique du droit deviendrait peut-être routinière.

24 ans plus t**d je constate que la réalité est tout autre.
Et c’est une merveilleuse surprise.

Chaque jour apporte son lot de questions nouvelles, de situations inédites, de défis humains et juridiques à relever.
Chaque client m’apprend quelque chose.
Chaque dossier m’amène ailleurs, à réfléchir, à approfondir, à remettre certaines certitudes en perspective.

Avec les années, l’expérience devient un atout précieux.
Elle apporte des repères. Elle rassure.
Elle permet d’anticiper certaines difficultés.
Elle offre une forme de sécurité et de visibilité dans l’exercice quotidien de ma profession.

Avant, j’admirais l’expérience de mes confrères plus âgés.
Aujourd’hui, je commence à la partager mais sans jamais vouloir m’en contenter.
Parce que l’expérience ne vaut que si elle reste vivante. Perfectible.
Si elle continue à se nourrir de curiosité.
Si elle accepte d’être confrontée à la nouveauté.
Si elle s’enrichit sans cesse de connaissances actualisées, de regards différents et d’une remise en question régulière.

Car se reposer uniquement sur son expérience serait, à mes yeux, prendre le risque de se déconnecter rapidement de la réalité et de l’évolution du monde.
Pour moi l’équilibre se trouve ailleurs : dans la rencontre entre l’expérience acquise et l’envie intacte d’apprendre.

C’est cet équilibre qui permet de continuer à progresser et à offrir à ses clients un accompagnement toujours plus pertinent et efficace.

Donc après 24 années d’exercice, je sais que je peux compter sur mon expérience.
Mais ce qui me motive le plus, c’est sans doute de savoir que je n’ai pas fini d’apprendre.
Et j’avoue que c’est grisant de constater que chaque journée est encore l’occasion de découvrir, de comprendre, d’évoluer et de me renouveler.

Je ne sais pas ce que me réservent les 20 prochaines années de pratique.
Mais si elles ressemblent à cela alors je les accueillerai avec le même enthousiasme.
Mes 24 années d’expérience ne m’ont pas appris à tout savoir. Elles m’ont appris à ne jamais cesser d’apprendre.
Je dirais que finalement, ce que j’aime le plus dans mon métier ce n’est pas ce que je sais déjà : c’est tout ce qu’il me reste encore à découvrir !

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31/05/2026
Demain, priver un enfant de son droit de voir un parent ne serait plus un délit Dépénaliser la non-représentation d’enfa...
26/05/2026

Demain, priver un enfant de son droit de voir un parent ne serait plus un délit

Dépénaliser la non-représentation d’enfant.

Autrement dit : banaliser, que dis-je ! Autoriser le fait pour l’un des parents d’empêcher l’enfant de voir son autre parent.

C’est ce qui semble se jouer actuellement dans l’esprit du législateur.

Je suis consternée rien qu’à cette idée.

Aujourd’hui déjà, combien de parents victimes de non-représentation d’enfants repartent d’un commissariat de police en ayant déposé une plainte qui sera classée sans suite ?
Combien se battent pendant des mois pour obtenir une condamnation en justice ?
Combien doivent encore se battre pour obtenir l’exécution de la décision ?
Combien d’enfants grandissent dans une rupture de lien organisée, installée, subie ?

Et voilà que maintenant, l’on envisagerait de supprimer la qualification pénale de cette infraction!

Mais quel message peut-on bien vouloir envoyer?

Qu’empêcher un enfant de maintenir ses liens avec l’un de ses parents ne serait pas suffisamment grave pour être sanctionné pénalement ?

Naturellement, je parle ici des situations où aucun danger réel n’existe pour l’enfant.
Je parle de ces dossiers où l’un des parents efface arbitrairement l’autre de la vie de l’enfant, sous des prétextes volontairement malveillants ou inconsciemment faux, parfois graves, imaginaires.
Parce que je sais que cela existe.

Dans ces dossiers, le temps est criminel : il gâche tout.
Le lien parental.
L’enfance.
La foi dans la justice.
L’autre parent malveillant est le complice auquel profite le crime.

Derrière une non-représentation d’enfant, il y a un enfant pris au piège d’un conflit de loyauté et d’un parent progressivement effacé.

Dépénaliser ce n'est pas apaiser.

C’est légaliser une injustice.
C’est attiser une colère légitime.
Ce n’est pas enrayer le problème.
C’est retirer aux victimes un levier déjà fragilisé.
C’est envoyer ouvertement un signal d’impunité aux parents qui instrumentalisent l’enfant contre l’autre parent.

Protéger l’intérêt de l’enfant, ce n’est pas détourner le regard lorsque l’un des parents est volontairement exclu de sa vie.

Le droit de l’enfant à maintenir des relations avec ses deux parents ne peut pas devenir un principe théorique sans garde-fou légal en cas de violation de ce droit.

Le droit d’un parent à aimer, élever, voir grandir normalement son enfant n’est pas une option soumise au bon vouloir de l’autre parent lorsque ce parent ne représente aucun danger pour l’enfant.

J’ai beau tourner ce projet dans tous les sens, je ne parviens pas à accepter qu’une non-représentation d’enfant puisse passer entre les mailles du filet lorsqu’elle est abusive.

Parce que derrière ces changements de loi, derrière chaque décision inexécutée, chaque classement sans suite, c’est un lien parent-enfant qu’on sacrifie.

Or, ce lien est sacré.
Pour l’enfant.
Pour les parents.
Pour la société.
Et cela, aucune société ne devrait se résoudre à le tolérer.

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Voyager m’enrichit.Voyager n’est pas une parenthèse dans ma vie professionnelle.Au-delà du plaisir, c’est aussi pour moi...
18/05/2026

Voyager m’enrichit.

Voyager n’est pas une parenthèse dans ma vie professionnelle.

Au-delà du plaisir, c’est aussi pour moi une manière d’avoir une approche différente, plus ouverte de mon métier.
Qui nourrit mon âme autant que mon métier.

Récemment, je me suis rendue en Italie pour un déplacement personnel, comme j’aime le faire régulièrement.

Et comme à chaque fois que je découvre ou retrouve une ville, j’aime m’imprégner de sa culture, de ses usages, de ses pratiques, de ses codes.

Et même loin du cabinet, je reste indirectement connectée à tout ce qui peut nourrir ma pratique professionnelle.

Aller à la rencontre du tribunal local. Le visiter quand c’est possible.

Echanger avec des confrères sur place.

Entretenir mon réseau professionnel. Le développer.

Parler la langue italienne que j’aime tant.

Observer. Ressentir.

Comprendre. Comparer.

A chaque fois, c’est pour moi l’occasion privilégiée d’entretenir ce qui constitue le cœur de ma pratique lorsque je suis amenée, comme c’est le cas régulièrement, à accompagner des parents italiens en France qui traversent une rupture dans leur lien parental ou un enlèvement d’enfant entre la France et l’Italie.

Parce que dans les dossiers de séparation conflictuelle, lorsque le lien familial, parental est en cause, l'expertise juridique ne suffit pas.

Il faut connaître ce qui se joue derrière les mots d’un parent qui exprime ses craintes et sa souffrance.

Il faut décrypter ce qu’il n’ose pas exprimer.

Il faut pouvoir entendre ce qu’il poursuit.

Ce que sa culture, son histoire ou sa langue portent silencieusement.

Parler la langue de mes clients, connaître leur culture, comprendre leur manière de vivre la famille, le conflit ou l’éloignement est une plus-value autant pour l’avocat que je suis, que pour le parent que j’accompagne dans l’épreuve.

C’est toujours ce qui permet de créer le lien et la confiance indispensables dans des moments de vie extrêmement pénibles.

Et puis, à mes yeux, il y a aussi quelque chose qui relève d’une dimension plus personnelle. Plus intime.

Chaque voyage en Italie me reconnecte à ma double culture, à une partie de mon identité, à cette sensibilité franco-italienne qui nourrit profondément ma manière d’être. Ma manière d’exercer.

Le voyage m’enrichit humainement.

Et cet enrichissement personnel nourrit ma compétence professionnelle au service de mes clients.

Parce qu’au fond, accompagner une famille dans une crise au niveau international, ce n’est pas seulement connaître le droit et son métier.

C’est aussi savoir comprendre les êtres humains des deux côtés de la frontière.

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Quand la fuite d’un parent devient une arme contre l’autre parentQuand Luigi vient me consulter, il est soucieux mais pl...
11/05/2026

Quand la fuite d’un parent devient une arme contre l’autre parent

Quand Luigi vient me consulter, il est soucieux mais plutôt confiant.
Pourtant, il n’y a pas vraiment de quoi…
Depuis la séparation, son épouse a déjà quitté le domicile conjugal aux USA pour s’installer avec leur enfant de 6 ans dans un appartement qu’ils ont en France, sous prétexte de prendre l’air…
Luigi a réussi à convaincre son employeur pour partir travailler en France.
Pour réduire la distance avec son enfant en se rapprochant.

Mais malgré ses efforts, le lien père-fils est rompu depuis quelques mois.
La mère a commencé par multiplier les prétextes pour que le père ne rencontre pas l’enfant.
Puis, du jour au lendemain, l’enfant s’est mis à formuler des accusations extrêmement graves contre le père.
Une enquête pénale a été ouverte: normal.
Luigi a été interrogé en garde à vue, avant de ressortir libre le jour même.

Mais dans les faits, la pire des sanctions s’est installée pour Luigi : depuis la séparation conjugale il y a environ 6 mois, il ne voit plus physiquement son fils.
Une absence imposée, trop longue, destructrice.
Pour ce père. Pour l'enfant.
Pourtant ce dernier réclame son père.

Et cerise sur le gâteau : un nouveau risque survient.
La mère annonce au père vouloir se rendre en Argentine pour y passer toute la période des vacances d’été avec l’enfant.
Au départ, Luigi veut croire à un simple séjour estival : il a vu les billets d’avion réservés avec un retour prévu la veille de la rentrée scolaire.
Il pense donc qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer.

Moi, je lui expose une autre version plausible: sous prétexte de passer les vacances avec l’enfant en Argentine, la mère prépare un transfert de résidence dans ce nouveau pays.

Je sais, d'expérience, que certains départs, en apparence temporaires, préparent en réalité un transfert de résidence dissimulé à l’étranger.
Luigi peine à y croire. Il pense que cela ne se produira pas, convaincu que la mère le lui aurait dit.

Lorsqu'il revient me voir quelques semaines plus t**d, sa conviction est effondrée : la mère a reconnu qu’elle envisageait de prolonger ce départ pendant plusieurs mois en Argentine avec l’enfant.
Autrement dit : transformer des vacances...en exil parental.
En fuyant à nouveau, la mère compliquerait sérieusement le maintien du lien parental.

Il n’y a donc plus de temps à perdre.
Luigi l'a compris.
Il a peur maintenant.
Il faut désormais saisir la justice sans attendre.
Sécuriser la résidence de l’enfant.
Prévenir tout départ illicite à l’étranger.
Protéger ce qui reste du lien père-enfant avant qu’il ne soit définitivement anéanti.

Pour Luigi, le compte à rebours a commencé.
Car lorsqu’un lien est fragilisé par des mois de rupture, de non-dits, chaque jour compte.
Dans ce genre de situation, attendre revient à perdre.
La fuite, l’éloignement de l’autre parent devient une stratégie pour mieux rompre le lien parental.

Et un lien parental fragilisé ne supporte pas l'inaction.

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Je vous partage ma publication du jour.
04/05/2026

Je vous partage ma publication du jour.

Parler la même langue que son Avocat : un luxe superflu ? Dernièrement, je suis contactée par Silvio, un père italien, installé au Portugal, engagé dans une procédure qui se déroule en France. Un jugement du Juge aux Affaires Familiales lui accorde un droit de visite sur son enfant résidant...

Parler la même langue que son Avocat : un luxe superflu?La semaine dernière, je suis contactée par Silvio, un père itali...
04/05/2026

Parler la même langue que son Avocat : un luxe superflu?

La semaine dernière, je suis contactée par Silvio, un père italien, installé au Portugal, engagé dans une procédure qui se déroule en France.
Un jugement du Juge aux Affaires Familiales lui accorde un droit de visite sur son enfant âgé de 11 ans.
Mais…il n’arrive pas à exercer son droit : la mère fait obstacle en trouvant sans fin des excuses ou en croyant pouvoir ajouter des conditions non prévues dans le jugement pour créer des divergences d’interprétations de la décision, et ainsi bloquer l’exercice des droits de ce père.

Silvio avait déjà un Avocat en France mais il a dû mettre fin à sa mission après le jugement.
Parce qu’un obstacle invisible s’était installé : la langue.

Silvio ne parle et ne comprend pas le français.
Son avocat ne parle pas l’italien.
Et donc, impossible pour Silvio d’exprimer avec précision sa situation, ses attentes, ses inquiétudes, ses priorités.
Aucun échange direct avec son Conseil n’était possible ou constructible, soit pour se faire entendre, soit pour comprendre pleinement la stratégie à mettre en place pour faire valoir ses droits.
Une frustration profonde s’est donc installée.
Un sentiment d’isolement.

Pour Silvio, c’est la double peine : non seulement il doit mener un combat pour maintenir le lien avec son enfant, mais en plus, dans ce combat, il doit surmonter une barrière linguistique qui compromet sérieusement la qualité des échanges avec son Conseil et par là, l’efficience même de sa défense.

Or, le Conseil de Silvio est son allié le plus précieux avec qui il doit faire équipe pour mener le combat de sa vie.
L’avocat et son client font équipe, main dans la main.
Ils doivent pouvoir se comprendre sans filtre.
Mais si le prérequis de la langue n’est pas là, comment garantir à Silvio une défense optimale, à la hauteur de ses enjeux ?

Lorsque nous avons échangé Silvio et moi pour la première fois, nous avons immédiatement parlé en italien.
Pour moi, c’était naturel.
Pour Silvio, c’était fluide.
Et je réalisais que c’était un confort, presque un luxe qu’il découvrait.
Pour Silvio, le champ des possibles s’ouvrait tout à coup.
C’est ce qu’il m’a exprimé, en me remerciant d’avoir compris ses mots, d’avoir entendu ses attentes et ses émotions.
Juste ça, cela changeait tout pour lui.

Parce que défendre un client, ce n’est pas seulement maîtriser le droit, les procédures.
C’est avant tout cerner son client.
Comprendre ses besoins. Ses ressentis. Ses attentes.
Pour mieux définir une stratégie sur-mesure, à la fois juridique et humaine.

Pratiquer la langue de mes clients italiens est pour moi une manière d’être au plus près d’eux.
De mieux les servir.
Parler et écrire leur langue me permet d’accompagner mes clients italiens lorsqu’ils sont confrontés à des procédures en France qui les dépassent, à une rupture de lien parental qui se joue en France, très souvent complexe techniquement et chargée émotionnellement.

La langue ne doit pas être une barrière supplémentaire.
C’est un levier de compréhension, de stratégie et d’efficacité.

Et, surtout, à mes yeux, c’est la condition de base pour établir ce lien précieux entre l’Avocat et son client.
Pour instaurer ce qui est primordial entre toute relation, à plus forte raison entre l’Avocat et son client : la confiance.
La langue devient un outil de communion.

Pour tous les Silvio, c’est un véritable confort.
Pour l’Avocat d’origine italienne que je suis, c’est un immense plaisir. Un cadeau.

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Je n’exerce pas le droit sur des dossiers. Je l’exerce au service d’êtres humains.J’aime profondément le droit.Sa rigueu...
27/04/2026

Je n’exerce pas le droit sur des dossiers. Je l’exerce au service d’êtres humains.

J’aime profondément le droit.
Sa rigueur.
Sa technicité.
Sa puissance lorsqu’il protège, répare, rééquilibre.

Mais ce que j’aime tout autant, c’est l’humain.

Des parcours sinueux.
Des silences derrière les mots.
Les « pourquoi du comment ».
Les détails derrière les évidences.
Les forces que l’on ignore encore.

Les moments de bascule ou une personne vient chercher bien plus qu’une réponse juridique : un cap, une stratégie, et une présence solide.
L'écoute sans jugement.
Un réconfort. Un pilier.
La maîtrise.
La relation entre l'Avocat et son client est une rencontre.
Cette rencontre est destinée à parcourir un bout de chemin ensemble pour dépasser une épreuve de vie.
La confiance réciproque se veut totale.
C'est une équipe.

Je ne pourrais pas exercer ce métier s’il n’y avait que des textes, des procédures et des délais.
Je ne conçois pas de m’emparer d’un dossier sans rencontrer la personne qui le porte. Sans croiser son regard.
Sans comprendre son histoire.
Sans percevoir ce qui se joue vraiment derrière la demande formulée, derrière l’attente parfois non exprimée.
J'ai besoin de ce contact humain pour mieux servir mon client, sa cause.
C'est viscéral.

Car dans un dossier d’affaires familiales, on ne traite jamais seulement du droit ou de la procédure.
On traite de blessures, de liens, d’enfants, de peurs, de dignité, de reconstruction, du passé, de l’avenir.

Le dossier n'est souvent que le symptôme juridique d'une souffrance humaine plus profonde.
La partie visible de l'iceberg.
Ce que j'aime, c'est plonger dans les profondeurs cachées de l'iceberg pour rendre la partie visible sereine et solide.

Mon approche se veut globale. Profonde. Holistique.

Le droit est un outil essentiel.

Mais à mes yeux, il n’a de sens que lorsqu’il est mis au service de la personne.

Être avocat, ce n’est pas seulement plaider, rédiger des actes, rechercher les meilleurs arguments.

C’est souvent traduire l’indicible en arguments.
Trouver le détail qui fait basculer un dossier.

J’ai besoin de cet équilibre entre l’exigence du droit et la profondeur de l’humain.

C’est là que je suis pleinement à ma place.
C’est là que je suis la plus utile.
C’est là que mon métier prend tout son sens.

Parce que lorsque le droit oublie l’humain, il perd l’essentiel de sa raison d’être.

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