Patrick LUCKE - Avocat / Anwalt

Patrick LUCKE - Avocat / Anwalt Cabinet d'Avocats franco-allemand sur la Côte d'Azur, Deutsch-französische Rechtsanwaltskanzlei auf Mitglied der französischen und deutschen Rechtsanwaltskammer

16/06/2026

Une épouse décède. Son conjoint bénéficie d’une donation au dernier vivant portant sur l’usufruit de l’ensemble des biens successoraux. Le conjoint et les quatre enfants renoncent ensuite à la succession.

La difficulté naît lors d’une saisie portant sur des loyers liés à une société dont 98 % des parts dépendaient de la succession. La cour d’appel retient que le conjoint, ayant renoncé à la succession, a aussi perdu les droits en usufruit issus de la donation entre époux.

La Cour de cassation censure cette analyse. Sur le fondement de l’article 769 du Code civil, elle rappelle que l’option successorale est indivisible, mais que des vocations successorales distinctes ouvrent des options distinctes. Renoncer comme héritier ne signifie donc pas, à lui seul, renoncer au bénéfice d’une donation au dernier vivant.

Effet concret : les droits issus de la donation doivent être examinés séparément. Cette distinction peut modifier l’analyse de l’usufruit, de l’intérêt à agir et des poursuites portant sur les revenus attachés aux biens transmis.

Point pratique : avant toute renonciation, il faut identifier chaque source de droits dans la succession : vocation légale, donation entre époux, legs éventuel. C’est souvent là que se joue la bonne qualification du dossier.

L’effectivité des droits de l’enfant change de dimensionDepuis plusieurs années, le droit de l’enfant à être entendu con...
11/06/2026

L’effectivité des droits de l’enfant change de dimension

Depuis plusieurs années, le droit de l’enfant à être entendu connaît un renforcement continu. L’arrêt du 20 mai 2026 s’inscrit dans ce mouvement en privilégiant l’effectivité des droits sur leur simple reconnaissance formelle.

La Cour de cassation adopte une logique exigeante : un droit fondamental n’existe réellement que si son titulaire est en mesure d’en faire usage. Informer l’enfant devient ainsi une condition essentielle de sa participation aux décisions qui le concernent.

L’intérêt de la décision dépasse le contentieux de la délégation de l’autorité parentale. Elle traduit une évolution plus large de la place accordée au mineur dans la procédure civile : l’enfant n’est plus seulement l’objet de la décision judiciaire, mais un acteur dont la parole doit pouvoir être recueillie de manière effective.

Pour les professionnels de l’enfance, cette jurisprudence accroît les exigences de traçabilité et d’information. Elle prépare également le terrain à de futures évolutions visant à renforcer encore la participation des mineurs aux procédures qui déterminent leur avenir.

Réf : Civ. 1re, 20 mai 2026, FS-B, n° 25-11.801

08/06/2026

Mettre sa société en pause… vraiment sans conséquence ? 👀

La mise en sommeil peut être une solution temporaire, mais elle reste encadrée par des règles strictes.

Durée limitée, obligations administratives… mieux vaut bien comprendre avant de faire ce choix. ⚖️

Clause résolutoire : la fin de la bienveillance judiciaireLa suspension des effets de la clause résolutoire constituait ...
05/06/2026

Clause résolutoire : la fin de la bienveillance judiciaire

La suspension des effets de la clause résolutoire constituait depuis longtemps un espace d’appréciation laissé aux juges pour préserver la continuité de l’exploitation commerciale. La réforme de 2026 réduit sensiblement cette marge.

Désormais, le locataire ne peut obtenir des délais de paiement qu’à la condition de démontrer sa capacité réelle à apurer sa dette et d’avoir repris le règlement intégral du loyer courant avant la première audience. Le débat ne porte plus seulement sur les difficultés rencontrées, mais sur la preuve concrète du redressement financier.

Le texte transforme ainsi un mécanisme largement fondé sur l’appréciation des circonstances en un régime reposant sur des critères légaux cumulatifs susceptibles d’un contrôle plus strict. L’objectif est clair : limiter les stratégies dilatoires et renforcer la sécurité du bailleur.

En pratique, les contentieux liés aux impayés devraient se déplacer du terrain de l’équité vers celui de la démonstration financière. Pour le preneur, l’anticipation devient une condition de survie contentieuse ; pour le bailleur, la clause résolutoire retrouve une efficacité accrue.

Réf : Loi n° 2026-403, 26 mai 2026, JO 27 mai

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On voit encore des projets de testament-partage construits pour “rééquilibrer” entre enfants en s’appuyant sur une cessi...
05/06/2026

On voit encore des projets de testament-partage construits pour “rééquilibrer” entre enfants en s’appuyant sur une cession future de l’un d’eux. Problème : ce montage casse dès qu’il sort du patrimoine du disposant. ⚖️

Un testament-partage ne partage que ce qui appartient encore au disposant au jour du décès. 📌 La Cour de cassation rappelle qu’il est nul s’il inclut des droits déjà sortis du patrimoine (ex : donnés à un enfant) ou si l’attribution dépend de la seule volonté d’un tiers de céder. 🧾

En pratique : inventaire des titres de propriété, relecture des donations antérieures, vigilance sur les biens de communauté. 🔍

Chez JURISAZUR, ce point est vérifié avant signature.

☎️ Pour un rendez-vous : +33 6 09 90 25 54.

Réf : Cass. 1e civ. 14-1-2026 n° 23-18.662 F-D

Produit défectueux et coauteursEn présence de plusieurs coauteurs, la victime obtient en principe une réparation intégra...
28/05/2026

Produit défectueux et coauteurs

En présence de plusieurs coauteurs, la victime obtient en principe une réparation intégrale, puis un partage s’opère entre eux. L’arrêt du 18 février 2026 écarte ce schéma pour le producteur d’un produit défectueux.

Dans l’accident d’un manège causé par la rupture d’un élastique, la Cour de cassation valide la défectuosité : un tel produit ne doit pas se rompre lors d’un usage normalement attendu.

Elle censure toutefois le partage par moitié entre l’exploitant et le fabricant. Selon l’article 1245-13 du code civil, le fait d’un tiers ne réduit pas la responsabilité du producteur, y compris dans la contribution à la dette.

À retenir :
⚖️ Le producteur peut être tenu pour le tout.
📌 La solution écarte le partage par parts viriles.
🧾 La victime n’a pas à diviser ses poursuites.

Régime distinct dans la contribution à la dette.

Source : Civ. 1re, 18 févr. 2026, FS-B, n° 24-19.881

On croit encore qu’un testament authentique “tient” quoi qu’il arrive. ⚖️  Quand une contestation vise l’insanité d’espr...
25/05/2026

On croit encore qu’un testament authentique “tient” quoi qu’il arrive. ⚖️
Quand une contestation vise l’insanité d’esprit du testateur, le débat se joue sur l’état au jour de la signature, pas sur l’étiquette du document. 🧠

Ce qui compte n’est pas la date du document médical, mais ce qu’il permet d’établir sur l’état mental au moment de l’acte. 🩺
Concrètement, ne vous limitez pas à un certificat : dossier médical, traitements, hospitalisations, mesures de protection, correspondances, témoignages circonstanciés. 📄
Puis sollicitez, si utile, une expertise sur pièces, en articulant chaque élément avec la date du testament.

JURISAZUR structure ce type de dossier probatoire dès l’amont. 🔎

☎️ Pour un rendez-vous : +33 6 09 90 25 54.

Réf : Cass. 1e civ. 4-2-2026 n° 24-18.451 F-D

12/05/2026

Un assureur indemnise le créancier initial après des dégradations locatives et réclame ensuite 1 005 € au débiteur au titre de la subrogation.

Le point décisif tient au dépôt de garantie de 780 €, conservé lors de la sortie des lieux. Cette somme est liée à la même dette et peut être opposée au créancier subrogé par compensation de dettes connexes.

La Cour de cassation rappelle alors une règle simple : le créancier subrogé ne reçoit pas plus de droits que le créancier initial. Si la créance initiale est déjà partiellement éteinte, l’assureur ne peut pas demander l’intégralité du montant.

Conséquence pratique : la demande devait être limitée à 225 €, après déduction du dépôt de garantie. Le surplus payé peut alors être récupéré par une action en répétition de l’indu contre le créancier initial.

Pour les dossiers de recouvrement, de bail et d’assurance, une vérification précise des sommes déjà imputables avant toute subrogation reste essentielle. Ce point peut modifier directement le montant réellement exigible.

Consommateur et clause de juridiction : un cadre clarifié⚖️ La Cour de cassation comble une lacune du droit français en ...
08/05/2026

Consommateur et clause de juridiction : un cadre clarifié

⚖️ La Cour de cassation comble une lacune du droit français en jugeant qu’un consommateur domicilié en France lors de l’action en justice peut toujours saisir les juridictions françaises. La clause attribuant compétence à un tribunal étranger ne peut donc plus fermer cette voie.

🏛️ Le litige est né de contrats conclus entre des consommateurs français et une banque libanaise. Faute d’obtenir le transfert des fonds déposés, les clients ont engagé une action en France, tandis que la banque opposait la clause désignant les juridictions de Beyrouth.

📝 La décision change la portée des clauses d’élection de for dans les contrats de consommation internationaux. Elle maintient leur validité de principe, mais leur fixe désormais une limite nette lorsque le consommateur est domicilié en France au jour de l’assignation, ce qui invite à sécuriser en amont l’analyse contractuelle et contentieuse.

📌 Cette lecture peut avoir un effet direct sur l’appréciation d’un dossier impliquant un professionnel établi hors de France.

Source : Cour de cassation, 1re chambre civile, 25 mars 2026, 25 mars 2026, n° 24-21.422 et n° 24-21.790.

08/05/2026

2 000 € : c’est le nouveau plafond retenu pour certains dons ouvrant droit à réduction d’impôt, pour les versements effectués à compter du 14 octobre 2025.

La déclaration des revenus de 2025 combine plusieurs ajustements concrets : échéances de dépôt fixées aux 19 mai, 21 mai, 28 mai ou 4 juin selon la situation, prolongation de l’exonération des pourboires jusqu’en 2028, et reconduction de la prise en charge renforcée des frais de transport domicile-travail.

D’autres changements concernent des situations précises : abattement de 500 000 € prolongé jusqu’en 2031 pour certains dirigeants partant à la retraite, porté à 600 000 € en cas de cession à de jeunes agriculteurs, baisse des seuils du micro-BIC pour la location meublée, nouvelles règles d’assiette sociale pour les travailleurs indépendants, et obligations accrues pour le crédit d’impôt lié à l’emploi d’un salarié à domicile.

Le bon réflexe consiste à vérifier sans attendre trois points : la date limite applicable, le régime fiscal réellement utilisé en 2025, et les justificatifs à conserver.

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