21/07/2026
Ordonnance de protection et autorité parentale : protéger les victimes… sans renoncer aux principes fondamentaux
Les ordonnances de protection constituent un outil indispensable pour prévenir les violences intrafamiliales et assurer la sécurité des victimes. Leur efficacité ne fait aucun doute lorsqu'un danger est caractérisé.
Mais une autre exigence doit rester tout aussi intangible : l'égalité des parents devant la justice et le respect des droits de la défense.
Les mesures prises dans ce cadre peuvent avoir des conséquences considérables : résidence des enfants, exercice de l'autorité parentale, droits de visite, voire, dans certaines procédures, retrait de l'autorité parentale. Elles reposent souvent sur une appréciation de l'urgence et de la vraisemblance des faits, dans des délais très courts.
La protection ne peut donc dispenser le juge :
✔️ d'examiner avec rigueur les éléments de preuve ;
✔️ de respecter le principe du contradictoire ;
✔️ de motiver précisément ses décisions au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant.
Dans les situations de séparation conflictuelle, il est également essentiel de distinguer les violences caractérisées des conflits parentaux, aussi douloureux soient-ils. Une mesure exceptionnelle ne peut reposer sur des présomptions ou des généralisations.
Les enfants ont besoin d'être protégés des violences. Ils ont aussi besoin que les décisions qui les concernent soient prises avec impartialité, dans le respect des droits de chacun de leurs parents.
La justice familiale ne protège véritablement les plus vulnérables que lorsqu'elle est à la fois protectrice, exigeante dans l'administration de la preuve et équitable envers toutes les parties, sans discrimination à l'égard des mères comme des pères.