04/06/2012
Immobilier : Paris fait de la résistancePublié le 01/06/2012
Certes, la tendance est à la baisse de prix dans la capitale mais ils restent très élevés dans un marché attentiste qui se cherche. Jusqu’à quand ?
Les notaires parisiens tenaient, jeudi 31 mai, leur conférence sur la conjoncture du marché immobilier et les perspectives d’évolution. L’occasion de faire un focus sur Paris.
Des transactions qui chutent
Après un mois de janvier exceptionnel, où les ventes ont quasiment doublé en raison
de l'entrée en vigueur au 1er février de la réforme sur l'abattement des plus-values immobilières, les ventes de logements anciens n'ont cessé de baisser. Sur un an, le recul a été de 16 % en février, de 21 % en mars, et de 20 % en avril. Bref, comme dans les autres métropoles, l'activité du marché immobilier parisien est morose. Il tourne littéralement au ralenti. Les vendeurs ne baissent pas leurs prétentions, et les acquéreurs sont plus sélectifs. Ils préfèrent attendre avant de s'engager pour concrétiser leur achat.
Des prix enfin à la baisse
Si les prix augmentent de 7 % sur une année, ils n'ont cessé de reculer ces derniers mois dans une tendance au repli. Le prix moyen d'un appartement ancien est de 8 260 €/m2, contre 8 380 €/ m2 au trimestre précédent. Seuls cinq arrondissements voient leurs prix augmenter (1er, 2e, 5e, 10e et 19e). Les prix des logements reculent dans quinze arrondissements. Le 6e connaît la plus forte baisse, avec un recul de 5,8%. Selon les avant-contrats des notaires, à la fin juillet, les prix de vente devraient s'établir autour de 8 200 €/m2, et confirmer ainsi la tendance.
Des disparités selon les quartiers
Si le quartier Pont de Flandres, dans le 19e est le plus abordable, avec un prix moyen à 5 940€/m2, celui de Notre-Dame (4e) est deux fois et demie plus cher : 15 250 €/m2. L'immobilier parisien entame un repli, après des années d'explosion des prix. Parmi les plus fortes hausses, La Chapelle (18e) a vu ses prix doubler en cinq ans, à 6 410 €/ m2. Les quartiers de Saint-Germain-des-Prés et des Invalides affichent 50 % de hausse sur la même période. A La Villette, les prix ont grimpé de 40 %, tandis que, autour de l'Odéon, ils ont augmenté de... 67 % !
Quelles perspectives pour demain ?
Le marché se cherche, il manque de repères et de visibilité. Les prix baissent légèrement, mais atteignent toujours des sommets. A Paris, l'activité immobilière est marquée par l'attentisme. Les appartements à vendre restent plus longtemps en vitrine, les visites se font plus rares, les délais de réflexion s'allongent, tout comme les concrétisations d'achat. Le marché attend le retour de la confiance. Tout dépendra de l'impact d'une série de réformes attendues sur la fiscalité, l'encadrement des loyers, l'évolution des taux, qui demeurent attractifs, et bien sûr la conjoncture économique nationale et internationale. A ce jour, dans la capitale, il n'y a pas d'effondrement du marché en vue.
Olivier Marin