25/09/2026
La preuve du temps de travail : le salarié peut demander l’accès à sa messagerie professionnelle.
Dans un arrêt rendu le 24 juin 2026 (Arrêt du 24 juin 2026 n° 25-10.397), la Cour de cassation reconnaît la possibilité pour un salarié de demander, avant même le début d’un procès, la communication de sa messagerie professionnelle afin de démontrer les heures de travail qu’il affirme avoir effectuées.
Dans cette affaire, un ancien collaborateur estimait avoir travaillé en tant que salarié. Avant d’engager une procédure contre son ancien employeur, il a saisi le juge des référés afin d’obtenir sa messagerie professionnelle sur une période de plus de quatre ans, pour reconstituer son temps de travail et évaluer les sommes qui pourraient lui être dues.
La cour d’appel avait refusé cette demande, considérant que la preuve des heures de travail est soumise à un régime particulier prévu par l’article L. 3171-4 du Code du travail, qui empêchait d’utiliser l’article 145 du Code de procédure civile avant le procès.
La Cour de cassation n’étant pas de cet avis, rappelle que ces règles ne privent pas le salarié de la possibilité d’utiliser l’article 145, qui permet, lorsqu’il existe un motif légitime, d’obtenir des preuves avant tout procès.
Cependant, cette possibilité n’est pas illimitée : les documents doivent être utiles et leur communication proportionnée. Le juge doit également protéger la vie privée et peut demander que certaines données personnelles soient masquées.
Cet arrêt est important car il montre que le salarié n’a pas besoin d’attendre le début du procès pour rechercher des preuves. Sa messagerie professionnelle peut notamment être utilisée pour établir les horaires réellement effectués.
La Cour de cassation annule donc la décision de la cour d’appel, tout en précisant que le salarié ne peut pas automatiquement obtenir l’ensemble de sa messagerie pendant plusieurs années.
En conclusion :
Le salarié peut demander sa messagerie professionnelle avant le procès grâce à l’article 145 du Code de procédure civile.
Mais le juge vérifie que les messages sont utiles et nécessaires pour prouver les heures travaillées.
Le juge doit aussi respecter la vie privée et peut donc limiter les documents transmis ou masquer certaines données.