08/04/2026
🚨🪧Depuis le 3 avril dernier, le Barreau d'Amiens, tout comme de nombreux autres barreaux français, est en grève totale, ce qui sous-entend une suspension de toutes les désignations en matière civile et pénale ainsi que de nombreux renvois d'audiences.
Parce que l'Histoire nous a suffisamment démontré qu'une justice rapide n'est pas nécessairement une justice plus juste et plus sereine.
Aucune légitimité ne peut être accordée à une réforme qui, sans consultation préalable de la profession, tend à :
- Instaurer un plaider coupable (CRPC) en matière criminelle : plus de débats sur la culpabilité et les motivations, disparition pure et simple du jury populaire, une peine négociée avec le Procureur de la République à huis clos, ce qui porte inéluctablement atteinte aux droits des victimes et vient réduire à néant les droits à un procès équitable de tout accusé.
- La suppression des dispenses et ajournements de la peine : ainsi, une peine serait systématiquement prononcée indépendamment du temps écoulé et de la personnalité de l'auteur.
- Rétablir la possibilité de prononcer des peines inférieures à 1 mois (des peines fermes mais courtes) et ce en dépit de la surpopulation carcérale dans nos prisons françaises, fléau que nous connaissons depuis un certain nombre d'années.
- Réserver la peine de sursis simple aux seules personnes au casier judiciaire vierge (donc exit les personnes ayant une condamnation réhabilitée de plein droit et celles qui ont pu bénéficier d'une mesure alternative aux poursuites type composition pénale).
- Supprimer l’article 723-15 relatif aux demandes d'aménagement de peine ferme devant le Juge d'application des peines : cela tend à revenir sur le principe de l’aménagement obligatoire, à supprimer les possibilités de conversion de peine, à rendre impossible l’aménagement de peines pour les personnes étrangères faisant l’objet d’une interdiction du territoire.
Bref, un projet de loi mortifère pour une justice au rabais.
Les victimes n'ont pas à payer le prix d'une justice qui manque de moyens.
Le 13 avril, avec bon nombre de Confrères, nous manifesterons devant le Sénat à l'occasion de l'étude du texte porté par Monsieur Darmanin.
Parce qu’on ne réforme pas la justice sans les avocats, sans les victimes, sans débats.
Il était important d'être transparent et clair sur les raisons qui conduisent la profession toute entière à se mobiliser, quoi qu'il en coûte.