06/05/2026
10. « Capsule d'un notaire tabellion » - les premiers notaires de la Nouvelle-France
C’est dans l’Édit de création du Conseil supérieur d’avril 1663 qu’on trouve pour la première fois en Nouvelle-France la reconnaissance officielle du statut du notaire, puisqu’il précisait qu’il était alors permis au Conseil souverain d’administrer la justice et de nommer des notaires, tabellions et garde-notes.
Auparavant, dès 1621, Samuel de Champlain avait nommé un certain Jean Nicolas comme greffier de la juridiction de Québec et il fut probablement le premier « notaire », sans le titre, à avoir rédigé des actes en Nouvelle-France dont on ne conserve malheureusement aucune trace. Le premier « acte notarié » que les archives contiennent date de 1634 et a aussi été rédigé par un greffier, Jacques de La Ville, à qui Champlain avait demandé de débuter la pratique du notariat au pays, suivi par Jean Lespinasse et Martial Piraube; le premier notaire nommé à Montréal fut Jean de Saint-Père en 1648. L’année précédente, une décision royale avait institué un conseil de surveillance nommé Conseil de la Nouvelle-France à qui avait été accordé le pouvoir de nommer un secrétaire pouvant agir comme notaire : en 1649, c’est ainsi « à Guillaume Audouart dit Saint-Germain que revint ce premier mandat officiel de notaire ».
Jusqu’en 1663, une trentaine de tabellions, de greffiers et de notaires seigneuriaux furent ainsi nommés de façon très aléatoire par le gouverneur ou par certains seigneurs pour faire office de notaire, sans processus de nomination formel ni d’encadrement très précis, et avec des compétences fort inégales.
La toile qui accompagne cette capsule est l’œuvre d’Hélène RENAUD :
https://www.hrenaud.com/notaires-1ere-periode.html