07/24/2026
ÉCOLE FRANCOPHONE OU ANGLOPHONE?
C’est la question que devait trancher le tribunal dans l’affaire Droit de la famille – 26882, 2026 QCCS 2489.
Alors que leur fille doit commencer la maternelle en septembre 2026, les parents ne s’entendent pas sur la langue d’enseignement de sa future école.
Le père est chef d’une entreprise québécoise d’envergure internationale et voue une passion sincère à l’enseignement de l’anglais. Il dit vouloir que sa fille dispose d’un maximum de perspectives professionnelles, ce qui passe par la maîtrise de la langue anglaise. Plus tôt l’enfant commencera son apprentissage de cette langue, meilleures seront ses chances de réussite. Elle sera alors bilingue, le français étant sa langue maternelle.
Le père a fait lui-même ses études en anglais, de même que sa fratrie. Les cousins de l’enfant et les enfants de Monsieur issus d’une autre relation fréquentent tous des écoles anglophones. Chez lui, il s’agit d’un milieu bilingue. Il va sans dire que l’enfant dispose du certificat d’admissibilité requis afin de fréquenter une institution anglophone.
La mère s’oppose, étant d’avis que le moment n’est pas propice à ce que l’enfant apprenne l’anglais à temps plein. En effet, la fillette s’implique énormément auprès de son frère handicapé, lequel demande beaucoup de temps et d’attention de la part des parents. Ainsi, dans un contexte où la mère aura de la difficulté à l’accompagner dans son apprentissage d’une nouvelle langue, l’enfant devrait pouvoir commencer sa scolarisation dans sa langue maternelle (le français).
Le tribunal partage la position de la mère et ajoute une autre considération majeure reconnue en jurisprudence : l’importance de maitriser la grammaire française et plus généralement, le français écrit. Le juge précise que « l’écart entre l’anglais écrit et l’anglais parlé est moins important que l’écart entre le français écrit et le français oral. Si l’anglais écrit peut être maitrisé en apprenant à bien le parler et en lisant des textes en anglais, il est difficile d’imaginer comment une personne pourrait maitriser le français écrit sans des études formelles, rigoureuses et répétitives visant à mémoriser la grammaire française. Cette mémorisation est plus propice à un jeune âge. »
Le tribunal souligne néanmoins que sa décision n’empêchera pas l’inscription de l’enfant à l’école anglophone au secondaire. Il s’agira d’une question à aborder vers la fin du primaire.
Morale de l’histoire? En bas âge, l’apprentissage d’une langue se fait plus facilement par un enfant. Ainsi, la complexité particulière de la langue française commande à ce que son apprentissage commence le plus tôt possible.
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