RIFESJ-Réseau d'Information de Formation et d'Etude des Sciences Juridiques

RIFESJ-Réseau d'Information de Formation et d'Etude des Sciences Juridiques Informations de contact, plan et itinéraire, formulaire de contact, heures d'ouverture, services, évaluations, photos, vidéos et annonces de RIFESJ-Réseau d'Information de Formation et d'Etude des Sciences Juridiques, Service juridique, Ouagadougou.

NOS SERVICES :

•Cours de droit en ligne-Informations sur les questions juridiques-Formations...
• Consultations-Conseils-Orientations...
• Rédaction des actes-Rédaction des contrats et autres documents juridiques...
• Coaching rédactionnel de mémoire...

🔥 ⚖️ CRÉANCIERS CHIROGRAPHAIRES VS CRÉANCIERS PRIVILÉGIÉS : QUI PASSE EN PREMIER ? Un débiteur est insolvable. Ses biens...
23/04/2026

🔥 ⚖️ CRÉANCIERS CHIROGRAPHAIRES VS CRÉANCIERS PRIVILÉGIÉS : QUI PASSE EN PREMIER ?

Un débiteur est insolvable. Ses biens viennent d'être vendus aux enchères. Il y'a 5 créanciers sur le dossier. Le prix ne suffira pas à désintéresser tout le monde. Qui sera payé en premier et qui répartira les mains vides ?

Imaginez la scène. La vente forcée de l'immeuble de M. TRAORÉ a rapporté 47 000 000 FCFA. Cinq créanciers se présentent au greffe :

👔 Son banquier avec une hypothèque inscrite pour 30 000 000 FCFA.
🏛️ Le fisc avec une dette d'impôts de 8 000 000 FCFA.
👷 Ses anciens salariés avec 4 500 000 FCFA d'arriérés de salaires.
⚖️ Son fournisseur avec une créance commerciale de 12 000 000 FCFA.
🏢 Son bailleur avec 3 000 000 FCFA de loyers impayés.

Total réclamé : 57 500 000 FCFA.
Produit disponible : 47 000 000 FCFA.
Il manque 10 500 000 FCFA.
Quelqu'un ne sera pas intégralement remboursé.

📌 La loi OHADA a une réponse précise à cette question. Elle repose sur une hiérarchie rigoureuse entre créanciers privilégiés et créanciers chirographaires, une hiérarchie que tout praticien, tout commerçant et tout investisseur doit connaître.

Plongez dans l'un des sujets les plus stratégiques du droit OHADA des affaires 👇

⚖️ CRÉANCIERS CHIROGRAPHAIRES vs CRÉANCIERS PRIVILÉGIÉS

📌 LES DEUX GRANDES CATÉGORIES : COMPRENDRE LA DISTINCTION FONDAMENTALE

Avant toute chose, il faut comprendre ce qui distingue radicalement ces deux catégories de créanciers. Cette distinction est le pilier de toute la mécanique de distribution du prix en droit OHADA.

🔓 Le créancier chirographaire : le créancier "nu"

Le mot "chirographaire" vient du grec "kheir" (main) et "graphein" (écrire), littéralement, le créancier qui n'a qu'un "écrit à la main" pour justifier sa créance, sans aucune garantie réelle ou privilège attaché à son droit.

Le créancier chirographaire est celui qui a prêté de l'argent, livré des marchandises ou rendu des services sans exiger de garantie particulière. Il ne détient ni hypothèque, ni gage, ni privilège spécial. Sa seule protection est le droit de gage général que reconnaît l'Article 2284 du Code civil français, repris dans les droits nationaux des États OHADA, selon lequel les biens du débiteur sont le gage commun de ses créanciers.

En pratique, cela signifie qu'il peut poursuivre l'exécution sur tous les biens du débiteur, mais il sera payé en dernier, après tous les créanciers qui disposent d'une garantie ou d'un privilège. Et si le produit des ventes est insuffisant, il ne reçoit rien, ou seulement une fraction de ce qui lui est dû, au prorata de sa créance par rapport à l'ensemble des autres chirographaires.

🔒 Le créancier privilégié : le créancier "armé"

Le créancier privilégié est celui à qui la loi ou un contrat reconnaît le droit d'être payé avant les autres créanciers sur le prix de réalisation d'un bien ou sur le patrimoine du débiteur en général. Ce droit de priorité s'appelle un privilège.

📦 Définition (Article 179 AUS révisé 2010)

« Les privilèges généraux confèrent un droit de préférence exercé par leurs titulaires selon les dispositions prévues par les articles 225 et 226 du présent Acte uniforme. »
"Le privilège est le droit que la loi reconnaît à un créancier d'être préféré aux autres créanciers, même hypothécaires, en raison de la qualité de sa créance."

La clé est dans cette dernière formule : "en raison de la qualité de sa créance". Le législateur a décidé que certaines créances, en raison de leur nature, de leur origine ou de leur importance sociale, méritent d'être protégées en priorité. Ce n'est pas une faveur arbitraire. C'est un choix de politique juridique : la protection des travailleurs prime sur les intérêts des banquiers, l'intérêt général prime sur les intérêts privés.

🏗️ LA HIÉRARCHIE COMPLÈTE : QUI PASSE EN PREMIER ?

Le droit OHADA organise une cascade de paiement en plusieurs rangs successifs. Chaque rang doit être intégralement désintéressé avant que le rang suivant ne reçoive quoi que ce soit. Voici cette hiérarchie, du plus prioritaire au moins prioritaire.

🥇 RANG 1 : Les frais de justice et de poursuite

Avant tous les créanciers, même les plus privilégiés, sont prélevés sur le produit de la vente les frais engagés pour la réalisation du bien et la distribution du prix. Il s'agit notamment des honoraires de l'huissier instrumentaire, des frais d'affichage et de publicité légale, des droits de greffe, des frais d'expertise pour l'estimation du bien, et des émoluments du notaire en cas de vente immobilière.

La justification est simple et pragmatique : sans ces frais, la procédure n'aurait pas pu aboutir, et il n'y aurait pas de prix à distribuer. Tous les créanciers ont donc intérêt à ce que ces frais soient couverts en priorité, c'est la condition même de leur désintéressement.

🥈 RANG 2 : Les créanciers superprivilégiés : les travailleurs

Immédiatement après les frais de justice viennent les créanciers titulaires d'un superprivilège. En droit OHADA et dans tous les États parties, ce rang est réservé aux travailleurs salariés pour leurs créances de salaires, d'indemnités de préavis, d'indemnités de licenciement et de congés payés.

📦Principe du superprivilège des salaires

Le superprivilège salarial est consacré à la fois par les législations nationales du travail des États OHADA et par les conventions de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) ratifiées par ces États. Dans plusieurs pays de la zone, dont le Burkina Faso, ce superprivilège est intégré dans le Code du Travail qui s'applique de manière impérative.

Ce superprivilège prime sur tout : il passe avant les créanciers hypothécaires, avant le fisc, avant les gagistes. Le législateur a posé un choix de valeur clair, la rémunération du travail est sacrée.

⚠️ Ce superprivilège porte toutefois sur une fraction limitée : en général, les salaires des deux ou trois derniers mois précédant la procédure d'exécution, selon les dispositions nationales applicables. Au-delà de cette fraction, le solde de la créance salariale descend dans la hiérarchie des privilèges généraux.

🥉 RANG 3 : Les créanciers hypothécaires et gagistes (selon leur rang d'inscription)

Viennent ensuite les créanciers titulaires de sûretés réelles, c'est-à-dire de droits portant spécifiquement sur un bien déterminé du débiteur. Ce sont principalement les créanciers hypothécaires (sur les immeubles) et les créanciers gagistes ou nantis (sur les meubles corporels ou incorporels).

📦 Principe de priorité (Article 195 al.2 AUS )

« L'hypothèque régulièrement publiée prend rang du jour de l'inscription. »

Entre créanciers hypothécaires, c'est la date d'inscription qui détermine le rang. Le créancier qui a inscrit son hypothèque le premier est payé le premier sur le prix de l'immeuble. Le deuxième inscrit n'est payé qu'une fois le premier intégralement désintéressé. Et ainsi de suite.

Ce principe s'applique symétriquement aux nantissements et aux gages avec dépossession inscrits dans le Registre du Commerce et du Crédit Mobilier (RCCM), leur rang se détermine par la date d'inscription au RCCM.

💡 Point capital pour les praticiens : si le prix de vente du bien grevé est insuffisant pour payer tous les créanciers inscrits, les derniers inscrits ne seront payés que si un solde subsiste. Ce qu'ils n'ont pas reçu sur la saisie du bien grevé, ils le réclameront au titre de créanciers chirographaires sur les autres biens du débiteur, mais là, ils seront en concurrence avec tous les autres.

🏅 RANG 4 : Les créanciers à privilège général mobilier

Ce rang regroupe les créanciers qui bénéficient d'un privilège général, c'est-à-dire d'un droit de priorité portant non pas sur un bien déterminé, mais sur l'ensemble du patrimoine mobilier du débiteur.

En droit OHADA et dans les droits nationaux des États parties, les créanciers à privilège général mobilier comprennent principalement le trésor public et l'administration fiscale pour les impôts directs et taxes dus par le débiteur. En droit burkinabè comme dans la plupart des États OHADA, le fisc bénéficie d'un privilège général qui le place avant les créanciers chirographaires, mais après les créanciers hypothécaires et les salariés superprivilégiés.

Les organismes de sécurité sociale, comme la CNSS au Burkina Faso, pour les cotisations sociales impayées. Ce privilège est fondé sur la même logique que le superprivilège salarial : protéger la protection sociale des travailleurs.

Le bailleur d'immeuble bénéficie d'un privilège mobilier spécial sur les meubles garnissant les locaux loués, pour les loyers des deux dernières années. C'est ce qu'on appelle le privilège du bailleur, limité géographiquement aux meubles présents dans le bien loué.

🎗️ RANG 5 : Les créanciers chirographaires : la distribution au marc le franc

Au terme de la cascade, si un solde subsiste après le paiement de tous les créanciers privilégiés, ce reliquat est distribué aux créanciers chirographaires. Mais entre eux, il n'y a aucune priorité, ils sont tous sur un pied d'égalité absolue. Ils se partagent le solde au "marc le franc" (ou au prorata de leurs créances respectives).

📦 Principe d'égalité des chirographaires

"Entre créanciers chirographaires, le partage se fait en proportion du montant de leurs créances respectives, sans aucune préférence."

Cela signifie que si le solde disponible pour les chirographaires est de 5 000 000 FCFA et que trois chirographaires ont respectivement 10 000 000 FCFA, 5 000 000 FCFA et 2 000 000 FCFA de créances, soit 17 000 000 FCFA au total, chacun recevra une fraction proportionnelle à sa créance, soit environ 29,4% de ce qui lui est dû. Nul ne passe avant l'autre.

📋 LA PROCÉDURE DE DISTRIBUTION DU PRIX SELON L'AUPSRVE 2023

L'AUPSRVE 2023 organise la distribution au Titre IX, Articles 324 à 334. Elle connaît deux modes : la distribution amiable et la procédure judiciaire d'ordre.

🤝 Mode 1 : La distribution amiable (Article 325)

"S'il y a plusieurs créanciers en matière mobilière ou, en matière immobilière, plusieurs créanciers inscrits ou privilégiés, ceux-ci peuvent s'entendre sur une répartition consensuelle du prix de la vente."

Si les créanciers parviennent à un accord, ils adressent leur convention sous seing privé ou sous forme authentique au greffe ou à l'auxiliaire de justice qui détient les fonds. Le règlement doit intervenir dans un délai de quinze (15) jours à compter de la réception de l'accord. Le solde est remis au débiteur.

Cette voie amiable est la plus rapide, la moins coûteuse et la moins conflictuelle. Elle suppose évidemment que les créanciers s'accordent sur leur rang respectif, ce qui est plus facile quand les montants disponibles suffisent à désintéresser tout le monde.

⚖️ Mode 2 : La procédure judiciaire d'ordre (Articles 326 à 334)

Lorsque les créanciers ne parviennent pas à un accord amiable dans le délai d'un (01) mois suivant le versement du prix, le plus diligent d'entre eux saisit la juridiction compétente du lieu de la vente pour faire trancher la répartition.

"Si, dans le délai d'un mois qui suit le versement du prix de la vente par l'adjudicataire, les créanciers n'ont pu parvenir à un accord unanime, le plus diligent d'entre eux saisit la juridiction compétente du lieu de la vente afin de l'entendre statuer sur la répartition du prix."

L'acte de saisine indique la date d'audience et somme tous les créanciers de produire leurs titres, leurs rangs revendiqués et toutes pièces justificatives. Cette sommation reproduit les dispositions de l'Article 330. Le débiteur (saisi) reçoit également signification de l'acte de saisine conformément à l'Article 328.

L'audience ne peut avoir lieu moins de quarante jours après la dernière signification, délai incompressible pour permettre à tous les créanciers de se préparer.

Dans les vingt jours (20) de la sommation, les créanciers effectuent leur production au greffe de la juridiction compétente. Cette production contient leurs titres de créance, le montant exact de leur créance (principal, intérêts, frais), et surtout le rang auquel ils prétendent être colloqués. L'expiration du délai de vingt jours emporte de plein droit déchéance contre les créanciers non produisant, ils perdent leur droit à être désintéressés dans cette procédure.

Des dires peuvent être déposés au plus t**d cinq jours avant l'audience, et doivent être communiqués à toutes les parties. Au vu des productions et dires, la juridiction procède à la répartition. Sa décision est susceptible d'appel dans les quinze (15) jours de sa signification, à condition que le montant contesté dépasse le taux des décisions rendues en dernier ressort.

📊 CAS PRATIQUE : LA DISTRIBUTION EN ACTION

Retour à notre scénario de départ.
Le bien de M. KABORÉ a été adjugé pour 47 000 000 FCFA. Voici les cinq créanciers et l'analyse de leur rang :

• Frais de justice et de poursuite : l'huissier, les frais de publicité et les droits de greffe totalisent 1 200 000 FCFA. Ce montant est prélevé en premier, immédiatement. Solde disponible : 45 800 000 FCFA.

• Les salariés (superprivilège) réclament 4 500 000 FCFA au titre des trois derniers mois de salaires. Ils sont payés intégralement en deuxième. Solde disponible : 41 300 000 FCFA.

• La banque (créancier hypothécaire de 1er rang) a inscrit son hypothèque en premier. Elle réclame 30 000 000 FCFA. Elle est payée intégralement. Solde disponible : 11 300 000 FCFA.

• Le fisc (privilège général mobilier) réclame 8 000 000 FCFA. Il est payé intégralement au rang 4. Solde disponible : 3 300 000 FCFA.

• Le bailleur (privilège mobilier spécial) réclame 3 000 000 FCFA. Il est payé mais seulement à hauteur du solde disponible de 3 300 000 FCFA. Sa créance de loyers est intégralement couverte (3 000 000 FCFA). Solde disponible : 300 000 FCFA.

• Le fournisseur chirographaire réclame 12 000 000 FCFA. Il est créancier ordinaire sans aucune garantie. Il ne reçoit que le solde résiduel de 300 000 FCFA, soit seulement 2,5% de sa créance. Les 11 700 000 FCFA restants sont définitivement perdus, faute d'actif disponible.

👉 Leçon du cas pratique : le fournisseur qui a livré sans garantie se retrouve avec une perte sèche de 11,7 millions FCFA. S'il avait exigé au départ un nantissement sur stocks, une caution solidaire ou une réserve de propriété sur les marchandises livrées, il aurait bénéficié d'un rang bien supérieur dans cette distribution.

🛡️ CE QUE LES CRÉANCIERS PEUVENT FAIRE POUR SE PROTÉGER

La connaissance de cette hiérarchie doit conduire tout créancier à anticiper sa position dans une éventuelle distribution future. Voici les outils que le droit OHADA offre :

✓ Le gage ou nantissement avec inscription au RCCM permet à un créancier mobilier de s'élever du rang chirographaire au rang des créanciers réels avec une priorité sur le bien grevé et un rang calculé à partir de la date d'inscription. Cette inscription se fait au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier de l'État partie concerné.

✓ L'hypothèque conventionnelle sur les immeubles du débiteur, inscrite au livre foncier, est l'outil roi du créancier immobilier. La date d'inscription détermine le rang. Un créancier qui prête sans exiger d'hypothèque sur un immeuble disponible commet une erreur stratégique majeure.

✓ La clause de réserve de propriété (expressément reconnue par l'AUS) permet au vendeur à crédit de conserver la propriété des marchandises vendues jusqu'au paiement intégral du prix. En cas de procédure collective ou d'exécution forcée, le vendeur peut revendiquer ses marchandises avant toute distribution, il ne concourt même pas avec les autres créanciers.

✓ La caution ou garantie autonome d'un tiers solvable transforme un risque de défaillance isolé en risque partagé avec un recours direct contre le garant, indépendamment de la procédure principale contre le débiteur.

⚠️ LES ERREURS CLASSIQUES À ÉVITER

1. La première erreur est de livrer ou prêter sans aucune sûreté au motif que le débiteur paraît solvable. La solvabilité est une situation de fait qui peut évoluer rapidement. Une saisie pratiquée six mois après la livraison peut révéler une cascade d'autres créanciers prioritaires que vous ne soupçonniez pas.

2. La deuxième erreur est de négliger l'inscription au RCCM ou au livre foncier. Une garantie non inscrite est une garantie qui n'existe pas dans la procédure collective ou d'exécution. L'inscription est constitutive du rang, pas la signature du contrat.

3. La troisième erreur est de ne pas produire sa créance dans le délai de vingt jours fixé à l'Article 330 AUPSRVE. L'expiration du délai emporte déchéance de plein droit. Même un créancier privilégié peut perdre sa priorité pour n'avoir pas respecté ce délai procédural.

📚 VÉCLAIRAGE DOCTRINAL ET JURISPRUDENTIEL

Le Pr Paul-Gérard POUGOUÉ et le Pr Filiga Michel SAWADOGO soulignaient dans leurs commentaires de l'AUS que la hiérarchie des sûretés en droit OHADA procède d'unéquilibre délicat entre trois impératif : la protection des travailleurs (superprivilège), la sécurité du crédit (hypothèques et gages), et la protection de l'intérêt général (privilèges fiscaux et sociaux). Cet équilibre explique que ni le banquier, ni le fisc, ni l'employé ne se trouve systématiquement en tête, tout dépend de la nature du bien saisi et de la chronologie des inscriptions. (Code Vert, Traité et actes uniformes commentés et annotés, publié par Juriscope. (HAL))

Sylvain Sorel KUATE TAMEGHE, dans son ouvrage de référence sur les voies d'exécution OHADA, relevait que la procédure d'ordre judiciaire souffre d'une lenteur structurelle dans les juridictions de la zone, notamment en raison du délai incompressible de quarante jours avant l'audience (Article 329 AUPSRVE). Il préconisait systématiquement la voie amiable de l'Article 325 pour les dossiers où les rangs sont clairs et non contestés, réservant la voie judiciaire aux seuls cas de conflits réels sur la qualité ou le rang des créances. (La protection du débiteur dans les procédures individuelles d'exécution, publié à L'Harmattan en 2004,)

Sur le plan jurisprudentiel, la CCJA a rendu plusieurs décisions structurantes sur la question de la hiérarchie des créanciers.

Sur la clause de réserve de propriété, la CCJA a confirmé dans plusieurs arrêts que le vendeur bénéficiaire d'une clause de réserve de propriété régulièrement opposable peut revendiquer ses marchandises avant toute distribution, sans avoir à justifier d'un rang dans la procédure d'ordre, il n'est tout simplement pas un créancier en concours, mais un propriétaire qui reprend son bien.

💡 CE QU'IL FAUT RETENIR EN 5 POINTS

1. La hiérarchie, c'est la loi, pas la négociation. Aucun accord entre créanciers ne peut modifier l'ordre légal de priorité imposé par l'AUS et les droits nationaux. Le rang est une règle d'ordre public.

2. Le chirographaire est le créancier le plus vulnérable. Sans garantie réelle ni privilège, il passe après tout le monde. Dans un dossier d'insolvabilité, il peut ne récupérer que des miettes, voire rien. La prévention est son seul remède.

3. L'inscription fait le rang. Une sûreté non inscrite au RCCM ou au livre foncier n'existe pas dans la procédure. Signer un contrat de gage ou d'hypothèque sans l'inscrire, c'est croire avoir une protection qui n'existe pas en pratique.

4. Le délai de vingt jours pour produire est fatal. Même le créancier le mieux classé perd tous ses droits s'il ne produit pas sa créance dans le délai de l'Article 330 AUPSRVE. La vigilance procédurale est aussi importante que la qualité du titre.

5. Anticiper vaut mieux que concourir. La clause de réserve de propriété, le gage, le nantissement, l'hypothèque conventionnelle, ces outils existent précisément pour ne pas se retrouver dernier dans la file. Le créancier qui négocie ses garanties au départ n'a pas à se battre pour son rang à l'arrivée.

💬 Praticiens, banquiers, commerçants, avez-vous déjà subi une perte lors d'une distribution du prix parce que vous étiez chirographaire sans le savoir ?

RIFESJ-Réseau d'Information de Formation et d'Etude des Sciences Juridiques


21/04/2026

Bingerville, le 20 avril 2026 -

𝐃𝐢𝐠𝐢𝐭𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐒𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞 𝐏𝐮𝐛𝐥𝐢𝐜 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐉𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 / 𝟏𝟔 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐉𝐮𝐫𝐢𝐝𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐧𝐞𝐜𝐭𝐞́𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐩𝐥𝐚𝐭𝐞𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞 𝐞-𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞.𝐜𝐢

La transformation numérique de la Justice ivoirienne se poursuit avec succès.

𝐒𝐞𝐢𝐳𝐞 (𝟏𝟔) 𝐧𝐨𝐮𝐯𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐣𝐮𝐫𝐢𝐝𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 sont désormais connectées à la plateforme e-justice.ci, portant à vingt-huit (28) le nombre total de juridictions aptes à délivrer les actes de justice, en version numérique.

L’annonce a été faite, ce lundi 20 avril 2026, au Tribunal de Première Instance de Bingerville, au cours d’une cérémonie présidée par 𝐥𝐞 𝐆𝐚𝐫𝐝𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐒𝐜𝐞𝐚𝐮𝐱, 𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐉𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐃𝐫𝐨𝐢𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐥’𝐇𝐨𝐦𝐦𝐞, 𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐒𝐚𝐧𝐬𝐚𝐧 𝐊𝐀𝐌𝐁𝐈𝐋𝐄, en présence des Chefs de Cours et de Juridictions, et des partenaires institutionnels et techniques que sont l’ONECI et ASERNOM.

Les usagers des Tribunaux de Première Instance de 𝐁𝐢𝐧𝐠𝐞𝐫𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞, 𝐀𝐛𝐞𝐧𝐠𝐨𝐮𝐫𝐨𝐮, 𝐁𝐨𝐧𝐝𝐨𝐮𝐤𝐨𝐮, 𝐁𝐨𝐮𝐧𝐚, 𝐓𝐨𝐮𝐦𝐨𝐝𝐢, 𝐃𝐢𝐦𝐛𝐨𝐤𝐫𝐨, 𝐁𝐨𝐧𝐠𝐨𝐮𝐚𝐧𝐨𝐮, 𝐊𝐚𝐭𝐢𝐨𝐥𝐚, 𝐁𝐨𝐮𝐧𝐝𝐢𝐚𝐥𝐢, 𝐎𝐝𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞́, 𝐁𝐨𝐮𝐚𝐟𝐥𝐞́, 𝐒𝐞́𝐠𝐮𝐞́𝐥𝐚, 𝐓𝐨𝐮𝐛𝐚, 𝐌’𝐁𝐚𝐡𝐢𝐚𝐤𝐫𝐨, 𝐃𝐚𝐥𝐨𝐚 𝐞𝐭 𝐌𝐚𝐧 peuvent désormais obtenir en ligne, en toute sécurité, leurs casiers judiciaires et certificats de nationalité.

Depuis le lancement de la plateforme, en janvier 2025, dans les juridictions de Dabou et de Yopougon, plus de 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝’𝐚𝐜𝐭𝐞𝐬 ont déjà été délivrés, dont 80 % en moins de 72 heures, avec une réduction de 57 % du délai moyen de délivrance ; une performance qui confirme l’efficacité du dispositif et renforce la confiance des usagers dans les documents judiciaires.

Cette innovation a d’ailleurs valu au Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme le prestigieux prix « 𝐈𝐀 𝐟𝐨𝐫 𝐆𝐨𝐨𝐝 » du meilleur projet numérique porté par une administration publique à fort impact social, en 2026.
« 𝑳𝒂 𝒋𝒖𝒔𝒕𝒊𝒄𝒆 𝒏𝒖𝒎𝒆́𝒓𝒊𝒒𝒖𝒆 𝒏’𝒆𝒔𝒕 𝒑𝒍𝒖𝒔 𝒖𝒏𝒆 𝒑𝒆𝒓𝒔𝒑𝒆𝒄𝒕𝒊𝒗𝒆 ; 𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒆𝒔𝒕 𝒅𝒆́𝒔𝒐𝒓𝒎𝒂𝒊𝒔 𝒖𝒏𝒆 𝒓𝒆́𝒂𝒍𝒊𝒕𝒆́ 𝒊𝒓𝒓𝒆́𝒗𝒆𝒓𝒔𝒊𝒃𝒍𝒆 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝑱𝒖𝒔𝒕𝒊𝒄𝒆 𝒊𝒗𝒐𝒊𝒓𝒊𝒆𝒏𝒏𝒆 », a déclaré le Garde des Sceaux, invitant les juridictions nouvellement connectées à garantir la fiabilité des données, le respect des délais et l’égalité de traitement des usagers.

Avec e-justice.ci, la Côte d’Ivoire poursuit son ambition de bâtir une justice moderne, accessible, sécurisée et plus proche des citoyens.

Gouvernement de Côte d'Ivoire








RIFESJ-Réseau d'Information de Formation et d'Etude des Sciences Juridiques

🧠 ⚖️ ON NE VOUS APPREND PAS À PENSER COMME UN JURISTE. VOICI COMMENTLa compétence que la faculté ne vous donnera jamais,...
17/04/2026

🧠 ⚖️ ON NE VOUS APPREND PAS À PENSER COMME UN JURISTE. VOICI COMMENT

La compétence que la faculté ne vous donnera jamais, et qui fait toute la différence.

Si vous êtes étudiant en droit, diplômé récent ou praticien débutant dans l'espace, lisez ceci jusqu'au bout.

Ce que vous allez lire ici, votre faculté ne vous le dira probablement jamais.
Pas par malveillance. Mais parce que l'université est faite pour transmettre des connaissances, pas pour vous apprendre à les utiliser.

Et c'est précisément là que tout se joue.

💡 LA VÉRITÉ QU'ON VOUS CACHE DEPUIS L'AMPHI

La majorité des étudiants en droit travaillent. Ils lisent. Ils recopient. Ils mémorisent.
Et pourtant, ils échouent.

Pas parce qu'ils sont paresseux.
Pas parce qu'ils manquent d'intelligence.

Mais parce que personne ne leur a appris la structure mentale du juriste.

La faculté vous donne :
👉 Des cours magistraux
👉 Des polycopiés
👉 Des textes de loi
👉 Des arrêts à commenter

Ce qu'elle ne vous donne pas :
❌ La logique pour relier les faits aux règles
❌ La méthode pour construire un raisonnement qui convainc
❌ L'architecture mentale pour hiérarchiser, analyser et conclure

Cette lacune est systémique. Elle touche autant les universités de Ouagadougou, de Dakar, d'Abidjan que de Paris.

Et elle explique pourquoi des étudiants brillants rendent des copies longues, denses, et pourtant médiocres.

1- PENSER COMME UN JURISTE : C'EST QUOI EXACTEMENT ?

Penser comme un juriste, ce n'est pas réciter l'article 1382 du Code civil.
Ce n'est pas citer un arrêt pour impressionner le correcteur.

C'est faire trois choses que la plupart des étudiants ne maîtrisent jamais :

• Qualifier juridiquement les faits : un fait brut n'a aucune valeur en droit s'il n'est pas qualifié. Un conducteur qui "roule vite" devient juridiquement l'auteur d'une faute de comportement constitutive de responsabilité civile délictuelle, dès lors que cette vitesse excessive est établie et liée causalement au dommage.

• Sélectionner la règle applicable avec précision : en droit OHADA, un praticien doit distinguer instinctivement ce qui relève de l'Acte Uniforme, du droit national supplétif, ou de la jurisprudence CCJA. Cette hiérarchie n'est pas anecdotique :
👉 elle détermine quelle règle prime en cas de conflit.

• Construire un syllogisme juridique rigoureux : majeure (la règle) + mineure (les faits qualifiés) = conclusion (la solution juridique).
C'est le moteur de tout raisonnement en droit. Pourtant, la majorité des copies universitaires inversent les étapes, oublient la qualification, ou concluent sans démontrer.

2- LES 5 ERREURS QUI TUENT VOS NOTES, ET VOTRE CARRIÈRE

Ces erreurs ne sont pas réservées aux mauvais étudiants. Les meilleurs les commettent aussi, faute de méthode.

❌ Erreur n°1 : Confondre faits et règles : écrire "M. Kaboré n'a pas respecté le stop, donc il est responsable" n'est pas un raisonnement juridique. C'est une intuition. Le juriste, lui, relie chaque fait à un élément constitutif de la règle : faute (violation d'une obligation de prudence), préjudice (blessure corporelle du piéton), lien de causalité (rapport direct entre la violation et le dommage).

❌ Erreur n°2 : Le plan sans logique interne : un plan en deux parties est une contrainte formelle, pas une fin en soi. Chaque partie doit répondre à une question précise et s'articuler logiquement avec l'autre. Un plan
I. Les conditions
II. Les effets"
n'a de sens que si les deux volets s'enchaînent comme une démonstration, pas comme deux fiches séparées.

❌ Erreur n°3 : Résumer sans analyser : résumer un arrêt de la CCJA ou de la Cour de cassation du Burkina Faso ne suffit pas. Ce que le correcteur attend, c'est votre regard critique :
Pourquoi la juridiction a-t-elle retenu cette solution ?
Quel principe consacre-t-elle ?
Quelle est sa portée pour les affaires futures ?

❌ Erreur n°4 : Ignorer les conditions, exceptions et limites : chaque règle de droit a des contours. L'article 1er de l'AUPSRVE pose le principe de l'exécution forcée, mais il ne s'applique qu'aux créances certaines, liquides et exigibles, constatées dans un titre exécutoire. Ignorer ces conditions, c'est bâtir un raisonnement sur du sable.

❌ Erreur n°5 : Rédiger des phrases longues pour masquer un raisonnement faible : la longueur n'est pas la profondeur. Un correcteur expérimenté repère en trois lignes si votre raisonnement est solide ou si vous noyez le vide dans des mots savants. Précision, clarté, densité : voilà les trois vertus d'une bonne copie juridique.

3- LA MÉTHODE EN 5 ÉTAPES POUR PENSER COMME UN JURISTE

Voici le processus mental que tout juriste compétent applique, consciemment ou non, à chaque problème juridique.

ÉTAPE 1 : IDENTIFIER LA VRAIE PROBLÉMATIQUE

Avant d'écrire une ligne, posez-vous cette question : quelle est la question juridique précise que ce problème soulève ?

Ce n'est pas "qui a tort ?", ni "que dit la loi ?".
C'est : "Dans ce contexte factuel précis, quelle règle de droit est en jeu, quelles sont ses conditions d'application, et y sont-elles réunies ?"

Exemple en droit OHADA :

Un créancier détenteur d'un jugement définitif veut récupérer sa créance sur les récoltes d'un débiteur agriculteur.
👉 Problématique : Les conditions légales de la saisie brandon posées par l'AUPSRVE 2023 sont-elles réunies, et quelle procédure doit être suivie ?

ÉTAPE 2 : SÉLECTIONNER LES RÈGLES APPLICABLES

Consultez dans cet ordre :
1. Les Actes Uniformes OHADA applicables (AUPSRVE, AUS, AUDCG, AUSCGIE, AUPCAP selon la matière)
2. La jurisprudence de la CCJA (Cour Commune de Justice et d'Arbitrage)
3. Le droit national (burkinabè) supplétif (Code de procédure civile, lois spéciales...)
4. La doctrine spécialisée (OHADA, auteurs nationaux)

⚠️ Attention : en droit OHADA, l'Acte Uniforme prime sur le droit national en cas de conflit (article 10 du Traité OHADA). Cette hiérarchie est fondamentale et souvent ignorée.

ÉTAPE 3 : QUALIFIER LES FAITS ET APPLIQUER LA RÈGLE

C'est l'étape la plus technique et la plus décisive.

Pour chaque élément de la règle, demandez-vous : ce fait y correspond-il ?

Application concrète :

• Règle : La responsabilité délictuelle suppose une faute, un préjudice et un lien de causalité (Article 1382 du Code civil applicable à titre supplétif).

• Faits : M. Sawadogo, conducteur, brûle un feu rouge et percute Mme Zongo, piétonne, qui subit une fracture du tibia.

Qualification :

• Faute : violation d'une règle du code de la route (comportement fautif objectivement établi)
• Préjudice : fracture du tibia (dommage corporel certain et actuel)
• Lien de causalité : la violation du feu rouge a directement causé l'accident

• Conclusion juridique : M. Sawadogo engage sa responsabilité civile délictuelle et est tenu à réparation intégrale du préjudice subi par Mme Zongo.

ÉTAPE 4 : STRUCTURER VOTRE RAISONNEMENT

Un devoir juridique, qu'il s'agisse d'une dissertation, d'un commentaire d'arrêt ou d'un cas pratique, obéit à une architecture précise :

📌 Introduction : accroche pertinente + présentation des faits ou du contexte + identification de la problématique + annonce du plan
📌 Développement : deux parties équilibrées, chacune composée de deux sous-parties articulées, avec transitions logiques
📌 Conclusion (pour le cas pratique) : réponse synthétique, juridiquement motivée, au problème posé

⚠️ Le plan n'est pas une décoration. Il est le reflet de la logique de votre raisonnement. Un correcteur qui lit votre plan doit comprendre immédiatement comment vous allez démontrer votre thèse.

ÉTAPE 5 : RELIRE AVEC L'ŒIL DU JURISTE

Avant de rendre votre copie ou votre consultation, posez-vous ces cinq questions :

1. Ai-je répondu à la problématique posée ?
2. Chaque argument est-il fondé sur une règle de droit précise ?
3. Ai-je qualifié les faits ou simplement les ai-je résumés ?
4. Mon plan est-il logiquement construit ou artificiel ?
5. Ma conclusion répond-elle clairement et juridiquement à la question ?

Si vous répondez "non" à l'une de ces questions, retravaillez avant de soumettre.

4- CAS PRATIQUE : DE L'INTUITION AU RAISONNEMENT

👉 Énoncé : un artisan de Bobo-Dioulasso livre du mobilier à un commerçant qui refuse de payer 500 000 FCFA convenus verbalement. L'artisan veut récupérer son argent. Que peut-il faire ?

👉 Réponse de l'étudiant non formé : "l'artisan peut aller au tribunal pour réclamer son argent car le commerçant doit respecter sa parole."

👉 Note probable : 8/20. Juste dans le résultat, faux dans la méthode.

👉 Réponse du juriste méthodique :

• Problématique : dans quelle mesure l'artisan peut-il obtenir le recouvrement forcé de sa créance verbalement consentie, en droit OHADA ?

👉 Règles applicables :
• Article 2 AUPSRVE 2023 : l'exécution forcée exige un titre exécutoire constatant une créance certaine, liquide et exigible
• Articles 2 à 18 AUPSRVE 2023 : procédure d'injonction de payer
• Article 1315 du Code civil burkinabè : charge de la preuve

👉 Application aux faits :
• La créance de 500 000 FCFA est certaine (livraison effectuée), liquide (montant déterminé) et exigible (refus de paiement constaté)
• L'absence d'écrit ne prive pas l'artisan de son droit, mais il devra apporter la preuve du contrat verbal (témoignages, SMS, correspondances, aveux)
• La procédure d'injonction de payer OHADA (articles 2 à 18 AUPSRVE) est la voie adaptée : requête unilatérale, rapide, sans contradictoire initial, permettant d'obtenir une ordonnance d'injonction de payer devant le Tribunal de commerce ou le Tribunal de Grande Instance

👉 Conclusion : L'artisan doit réunir ses preuves, puis saisir la juridiction compétente par voie de requête aux fins d'injonction de payer. Si le débiteur ne forme pas opposition dans les 10 jours, l'ordonnance devient exécutoire et permet le recours à toutes les mesures d'exécution forcée de l'AUPSRVE.

👉 Note probable : 16 à 18/20.

💡 C'est la méthode (uniquement la méthode) qui crée cette différence.

5- POURQUOI CETTE COMPÉTENCE VAUT PLUS QU'UN DIPLÔME

Le diplôme vous ouvre une porte. Le raisonnement vous permet d'y rester.

Un juriste qui pense méthodiquement peut :

✓ Rédiger une consultation solide sans hésiter sur le cadre applicable
✓ Préparer un mémoire ou une plaidoirie qui structure le débat judiciaire
✓ Conseiller un entrepreneur ou un commerçant avec précision dans l'espace OHADA
✓ Produire des actes (contrats, procès-verbaux, actes extrajudiciaires) qui résistent à la contestation
✓ Évoluer vers les métiers les plus exigeants : magistrature, barreau, notariat, juriste d'entreprise

Ce qui distingue les juristes recherchés de ceux qui peinent à trouver leur place, ce n'est pas le nombre d'articles mémorisés.
C'est la capacité à analyser, structurer et convaincre.

Et cette capacité, ça s'apprend. Ça se travaille. Ça se cultive.

6- VOTRE DÉFI DÈS AUJOURD'HUI

Voici un exercice concret pour commencer maintenant :

1. Prenez un article de l'AUPSRVE 2023 ou du Code civil (ou de tout autre code)
2. Inventez un cas factuel simple qui soulève cet article
3. Appliquez les 5 étapes de la méthode ci-dessus
4. Rédigez votre raisonnement en 15 à 20 lignes
5. Relisez avec les 5 questions de contrôle

Ce seul exercice, répété deux fois par semaine, transformera votre façon de penser le droit en moins de 60 jours.

❓ Quel exercice vous pose le plus de difficultés pour raisonner juridiquement ?

1. Dissertation juridique
2. Commentaire d'arrêt
3. Cas pratique
4. Consultation/Rédaction professionnelle

Répondez en commentaire 👇

Et si cette publication vous a apporté quelque chose de concret, partagez-la avec un(e) ami(e) qui pense encore que lire le cours suffit pour réussir en droit.

RIFESJ-Réseau d'Information de Formation et d'Etude des Sciences Juridiques


Adresse

Ouagadougou

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque RIFESJ-Réseau d'Information de Formation et d'Etude des Sciences Juridiques publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Contacter L'entreprise

Envoyer un message à RIFESJ-Réseau d'Information de Formation et d'Etude des Sciences Juridiques:

Partager