06/06/2026
CE QUE LES ENFANTS NE DEVRAIENT JAMAIS PORTER
Il est arrivé un moment où j’ai compris quelque chose qui a changé ma manière de voir le divorce. Les enfants n’ont pas besoin de savoir qui avait raison. Ils n’ont pas besoin d’assister à des versions contradictoires de la même histoire. Ils n’ont pas à devenir des juges, des témoins ou des messagers. Ils n’ont pas à choisir un camp pour continuer à aimer leurs deux parents. Ce dont ils ont réellement besoin, c’est de sécurité. Ils ont besoin de sentir que leur monde reste entier, même lorsque leur famille a changé de forme.
J’ai appris qu’être un bon père ne consiste pas à gagner des débats. Ce n’est pas obtenir que les autres reconnaissent ma vérité. Ce n’est pas accumuler des preuves pour démontrer qui a le plus fauté ou le plus souffert. Être un bon père, c’est savoir retenir une réponse que l’on aimerait donner. C’est avaler une critique que l’on voudrait exprimer. C’est refuser de transformer un enfant en allié émotionnel simplement parce que l’on est blessé. Certaines batailles peuvent être gagnées et laisser malgré tout de profondes défaites dans le cœur d’un enfant. Car chaque fois qu’un enfant sent qu’il doit protéger un parent contre l’autre, il perd un peu de la liberté d’être simplement un enfant. La maturité commence lorsque nous cessons de nous demander ce que nous méritons de recevoir et que nous nous demandons ce que nos enfants ont besoin de préserver. Ce n’est pas toujours juste. Ce n’est pas toujours confortable. Cela exige parfois une immense retenue. Cela demande d’accepter les malentendus, de tolérer les imperfections et de porter seul des émotions que nous aimerions déposer sur quelqu’un d’autre. Mais la parentalité n’a jamais été un concours de justice. C’est un engagement silencieux envers le développement émotionnel de ceux qui sont venus au monde à travers nous. Aujourd’hui, je crois que les enfants ne se souviendront pas de celui qui a gagné les disputes. Avec le temps, cela s’efface. Ce qui demeure est autre chose. Demeure le souvenir d’avoir été protégés.
Demeure le sentiment de ne pas avoir été utilisés. Demeure la certitude que, malgré les différences entre leurs parents, il y avait des adultes suffisamment conscients pour placer leur bien-être au-dessus de leur propre orgueil. Et cela vaut bien plus que d’avoir raison.
- Je dédie ce texte à mes trois enfants, Yannick, Ingrid et Mel.
— José Micard Teixeira
Ce qui est vrai reste