28/05/2026
La chasse aux précaires passe à la vitesse supérieure. Ouais, on a encore épluché un article de Sylvain Anciaux dans Le Vif, et comme d’habitude, il met le doigt là où ça fait mal. Cet été, l’ONEM, l’inspection sociale et la police fédérale vont carrément patrouiller ensemble dans les aéroports belges. Leur cible prioritaire ? Les chômeurs et les malades de longue durée qui partiraient en vacances sans avoir parfaitement rempli toutes leurs petites formalités administratives.
Rappelons les règles légales : un chômeur a droit à quatre semaines de vacances par an (qu’il doit préalablement déclarer), et une personne en incapacité de travail doit au minimum prévenir sa mutuelle. Pour sanctionner le moindre écart à ces règles, le gouvernement Arizona, par la voix du ministre de la Lutte contre la fraude sociale Rob Beenders (Vooruit), déploie les grands moyens. L’objectif affiché : gratter 300 millions d’euros sur la législature.
Mais comme Sylvain l’explique très bien dans son enquête, l’efficacité et la moralité de ce plan sont lourdement remises en question. L’ASBL L’Atelier des droits sociaux dénonce un véritable acharnement institutionnel. Ces sanctions aveugles frappent bien souvent des personnes de bonne foi, perdues dans les méandres administratifs, qui se retrouvent exclues du chômage et précipitées vers les CPAS pour des économies de bouts de chandelle. De son côté, l’avocat spécialisé Cédric Naud pointe l’hypocrisie totale de la manœuvre : les véritables fraudeurs organisés se contenteront simplement de prendre l’avion depuis la France ou les Pays-Bas pour contourner les contrôles belges.
Il faut être très lucide sur le message politique envoyé aujourd’hui. Mobiliser les forces de l’ordre dans les aéroports pour scruter les congés des personnes en incapacité de travail ou sans emploi relève d’une politique de la stigmatisation totalement assumée.
L’État choisit de dépenser une énergie f***e pour traquer les erreurs administratives des plus fragiles, pendant que la grande fraude fiscale, elle, continue de voyager en classe affaires sans jamais être inquiétée aux portiques de sécurité.
Source : Le Vif (Sylvain Anciaux) - 22 mai 2026