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« Allô Maître » Centre Professionnel d'Arbitrage, de Médiation et de Conciliation du Cameroun (CEPAMC).

14/03/2025

« C'est une vaine ambition que de tâcher de ressembler à tout le monde, puisque tout le monde est composé de chacun et que chacun ne ressemble à personne.»

André Gide

"Nous allons échanger sur la Loi n°0106/2024 du 23 décembre 2024 portant Organisation du système d'enregistrement des fa...
14/01/2025

"Nous allons échanger sur la Loi n°0106/2024 du 23 décembre 2024 portant Organisation du système d'enregistrement des faits d'état civil au Cameroun. Améliorer le niveau de culture juridique et juridictionnelle des Populations Camerounaises est une de nos missions."

Me Jean Guy ZOGO
Directeur du Centre Professionnel d'Arbitrage, de Médiation et de Conciliation du Cameroun (CEPAMC).

°°°ARBITRAGE ET MÉDIATION : INSTRUMENTS D'UNE JUSTICE AFRICAINE DÉCOLONISÉE.°°°L’histoire de l’Afrique est marquée par d...
29/09/2024

°°°ARBITRAGE ET MÉDIATION : INSTRUMENTS D'UNE JUSTICE AFRICAINE DÉCOLONISÉE.°°°

L’histoire de l’Afrique est marquée par des dynamiques de domination coloniale qui ont imposé des structures judiciaires étrangères, souvent en contradiction avec les systèmes traditionnels de résolution des conflits. Depuis les indépendances, bien que les États africains aient revendiqué leur autonomie politique, les institutions judiciaires restent profondément enracinées dans les modèles juridiques européens. Cette dépendance à l’égard des systèmes judiciaires coloniaux crée non seulement un décalage culturel et social, mais aussi une injustice structurelle dans la gestion des conflits, tant au niveau local qu'international.
L’arbitrage et la médiation, en tant qu’instruments de résolution des conflits non judiciaires, représentent une alternative qui pourrait contribuer à la décolonisation de la justice africaine. Ces outils permettent d’ancrer la résolution des litiges dans les réalités africaines, valorisant ainsi les méthodes endogènes de justice qui promeuvent la réparation, la réconciliation et l’équité communautaire. Cette analyse examine comment l’arbitrage et la médiation peuvent contribuer à une justice authentiquement africaine en intégrant les valeurs culturelles africaines et en se déconnectant des systèmes judiciaires coloniaux imposés.

I. Colonialisme et systèmes judiciaires en Afrique : Héritages et limites.

1. Imposition des systèmes judiciaires coloniaux.

Les puissances coloniales, telles que la France et le Royaume-Uni, ont imposé leurs systèmes juridiques respectifs, notamment le droit civil français et la common law britannique, aux sociétés africaines. Ces systèmes ne reflétaient pas les réalités sociales, politiques et culturelles des peuples africains, créant ainsi un fossé entre les structures judiciaires formelles et les méthodes traditionnelles de règlement des différends. Comme l’affirme Mamadou Dia, "Le système juridique hérité du colonisateur est souvent mal adapté à nos réalités socioculturelles et crée un divorce entre l'État et la société africaine" (Dia, 2015).

2. Dissonance entre justice formelle et traditionnelle.

Les systèmes judiciaires coloniaux étaient basés sur l'individualisme, la punition et la verticalité de l’autorité, tandis que les sociétés africaines privilégiaient la justice réparatrice, collective et basée sur le consensus. L’ethnologue Malidoma Somé a souligné que dans les sociétés africaines traditionnelles, la justice repose principalement sur la réconciliation et la préservation de l'harmonie sociale plutôt que sur la rétribution punitive (Somé, 1999).

3. Problèmes actuels liés à la justice coloniale en Afrique.

L’inaccessibilité de la justice, l’encombrement des tribunaux et la corruption endémique caractérisent la plupart des systèmes judiciaires africains modernes. Selon la Banque mondiale (2020), environ 90% des litiges en Afrique restent non résolus en raison de l'encombrement des systèmes judiciaires formels. De plus, les méthodes de résolution traditionnelles, bien qu'efficaces à l'échelle locale, sont souvent marginalisées par les États.

II. Arbitrage et médiation : Outils de justice décolonisée.

1. Retour à des valeurs de justice communautaire.

L’arbitrage et la médiation représentent des outils qui intègrent des aspects culturels et sociaux des sociétés africaines. Ces méthodes de résolution de conflits permettent de restaurer l’autonomie juridique des communautés africaines en donnant la priorité à la réconciliation, à l'équité et à la cohésion sociale plutôt qu'à la punition. John Mbiti, dans son ouvrage "African Religions and Philosophy", souligne que "la communauté africaine fonctionne sur des principes de solidarité, de coopération et de conciliation, des valeurs centrales qui doivent sous-tendre toute forme de justice" (Mbiti, 1969).

2. Arbitrage et médiation : concepts proches des pratiques endogènes.

Dans de nombreuses cultures africaines, la résolution des conflits se fait traditionnellement par des conseils de sages ou des leaders communautaires. Ces derniers, appelés à arbitrer ou à jouer le rôle de médiateurs, adoptent une approche basée sur le consensus. Ces pratiques sont souvent en parfaite adéquation avec les processus modernes de médiation et d’arbitrage. Un exemple probant est celui des Gacaca au Rwanda, un système de justice communautaire qui a permis de juger plus d’un million de personnes impliquées dans le génocide de 1994. Ce processus de médiation et d’arbitrage communautaire a joué un rôle crucial dans la réconciliation nationale (Clark, 2010).

3. L’arbitrage comme alternative au système judiciaire étatique.

En Afrique, l’arbitrage est de plus en plus perçu comme une alternative viable au règlement judiciaire formel des litiges, notamment dans les secteurs économiques et commerciaux. Selon l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA), environ 70% des litiges commerciaux transnationaux en Afrique sont résolus par l’arbitrage (OHADA, 2021). L’introduction de centres d’arbitrage dans plusieurs pays, tels que le Centre d’Arbitrage et de Médiation de Kigali (KIAC) au Rwanda, démontre l’efficacité de cette méthode dans la gestion des litiges commerciaux sans passer par des systèmes judiciaires hérités du colonisateur.

III. Études de cas contemporaines : Arbitrage et Médiation en Afrique.

1. Le cas du Cameroun et de la médiation dans la crise anglophone.

La crise anglophone au Cameroun, un conflit en grande partie nourri par des frustrations héritées du colonialisme, a montré les limites de l’approche judiciaire et répressive de l’État. Plusieurs appels à une médiation internationale, ainsi qu'à des processus d’arbitrage interne impliquant les leaders communautaires, ont été lancés pour parvenir à une solution pacifique (International Crisis Group, 2021). Cela démontre que la médiation peut offrir une voie de sortie viable dans des conflits prolongés et complexes.

2. L’arbitrage dans les litiges frontaliers africains.

Les conflits frontaliers entre États africains, souvent exacerbés par les frontières coloniales, ont été résolus efficacement par l’arbitrage. L'exemple du différend frontalier entre le Nigeria et le Cameroun, résolu par la Cour internationale de justice en 2002 avec un accord d'arbitrage, montre que l’arbitrage peut être une solution adaptée pour gérer des conflits diplomatiques majeurs. Ce règlement a permis de prévenir un conflit armé prolongé, offrant ainsi une alternative aux solutions militaires imposées par des puissances étrangères.

IV. Défis et perspectives : Construire une justice africaine indépendante

1. Renforcer les cadres légaux pour l’arbitrage et la médiation.

Bien que l’arbitrage et la médiation gagnent en popularité, des efforts doivent être faits pour créer des cadres légaux adaptés qui soutiennent ces méthodes de résolution des conflits. La mise en place de législations qui valorisent les modes alternatifs de résolution des conflits (MARC) est essentielle pour garantir leur adoption généralisée dans les affaires civiles, commerciales et pénales.

2. Former une nouvelle génération de médiateurs et d’arbitres africains

Il est nécessaire de former des experts en médiation et en arbitrage issus des réalités africaines et capables d’intervenir efficacement dans des contextes locaux, régionaux et internationaux. La création d’institutions comme le Centre International de Médiation et d’Arbitrage de Ouagadougou (CIMAO) au Burkina Faso est un pas dans la bonne direction, mais d'autres initiatives doivent être encouragées.

3. Promouvoir l’arbitrage et la médiation dans les systèmes éducatifs africains.

Intégrer la formation à l’arbitrage et à la médiation dans les programmes universitaires africains permettrait de sensibiliser la jeunesse à ces méthodes de résolution des conflits, en renforçant leur rôle dans la construction d’une justice africaine indépendante.

Sommes toutes, l’arbitrage et la médiation, en tant qu’instruments de règlement des conflits non judiciaires, offrent une alternative crédible et adaptée pour la construction d’une justice africaine décolonisée. En se détachant des systèmes judiciaires coloniaux et en valorisant les approches endogènes de résolution des différends, ces outils permettent d’ancrer la justice dans les réalités culturelles et sociales africaines. Pour que cette transformation soit complète, il est essentiel de renforcer les cadres institutionnels, de former des experts africains et d’intégrer ces méthodes dans les systèmes éducatifs et politiques du continent. Une justice décolonisée ne pourra être réalisée que si l’Afrique reprend le contrôle de ses méthodes de gestion des conflits, en s’appuyant sur ses propres traditions et savoirs tout en s’adaptant aux défis du monde contemporain.

Me Jean Guy ZOGO
Directeur du CEPAMC

"ARBITRAGE, MEDIATION ET DIPLOMATIE NON GOUVERNEMENTALE EN AFRIQUE : Jeux, enjeux et perspectives pour une approche pana...
08/09/2024

"ARBITRAGE, MEDIATION ET DIPLOMATIE NON GOUVERNEMENTALE EN AFRIQUE :
Jeux, enjeux et perspectives pour une approche panafricaniste authentique de prévention et de gestion des conflits inter et intra étatiques en vue de la construction d’une unité institutionnelle Panafricaine."

L'Afrique est un continent riche en diversités culturelles, politiques et économiques, mais cette richesse s'accompagne de nombreux défis, notamment en matière de conflits inter et intra-étatiques. Les guerres civiles, les tensions ethniques, et les différends frontaliers sont autant de réalités qui ont fragmenté le continent, rendant difficile l’émergence d’une unité institutionnelle. Dans ce contexte, les outils de résolution de conflits tels que l'arbitrage, la médiation et la diplomatie non gouvernementale (DNG) jouent un rôle crucial. Cette analyse explore comment ces outils peuvent être utilisés dans une approche panafricaniste authentique pour la prévention et la gestion des conflits en Afrique, tout en contribuant à la construction d'une unité institutionnelle panafricaine.
I. Contexte et Définition des Concepts
1.1. L’Arbitrage
Arbitrage est un mécanisme de résolution des litiges dans lequel les parties en conflit soumettent leur différend à un ou plusieurs arbitres indépendants qui rendent une décision obligatoire. En Afrique, l’arbitrage est souvent utilisé pour résoudre les litiges commerciaux, mais son application dans les conflits inter et intra-étatiques reste limitée. Comme l'a souligné Kwame Nkrumah, « L'unité de l'Afrique est à la fois une nécessité politique et un impératif économique. » L'arbitrage, dans une perspective panafricaniste, pourrait servir d'outil pour renforcer cette unité en résolvant pacifiquement les différends.
1.2. La Médiation
La Médiation est un processus volontaire dans lequel un médiateur impartial aide les parties à parvenir à une solution mutuellement acceptable. Contrairement à l’arbitrage, la médiation ne se termine pas par une décision contraignante, mais plutôt par un accord qui reflète la volonté des parties. Amílcar Cabral, figure emblématique du panafricanisme, disait : « Nous devons toujours avoir à l'esprit que nous devons transformer notre monde en un lieu où l'homme ne sera plus l'ennemi de l'homme. » La médiation, avec ses valeurs de dialogue et de compromis, incarne cet esprit de réconciliation et d'humanité.
1.3. La Diplomatie Non Gouvernementale (DNG)
La DNG désigne les efforts diplomatiques menés par des acteurs non étatiques, tels que les ONG, les organisations religieuses, ou les personnalités influentes. Ces acteurs jouent souvent un rôle de facilitateur dans les négociations de paix, apportant des perspectives nouvelles et aidant à construire la confiance entre les parties en conflit. Mbombog Mbog Bassong, gardien des traditions et philosophe africain, rappelle que « La sagesse ancestrale enseigne que la paix est la première des richesses, car elle est le terreau où croît la prospérité. » La DNG, en tant que force morale et sociale, incarne cette sagesse en intervenant là où les États échouent.
II. Jeux et Enjeux des Mécanismes de Résolution des Conflits en Afrique
2.1. Les Jeux d’Acteurs
En Afrique, l’utilisation de l’arbitrage, de la médiation et de la DNG implique une diversité d'acteurs : les États, les organisations régionales (telles que l'Union Africaine), les communautés locales, et la société civile. Ces acteurs ont des intérêts variés, allant de la stabilité régionale à la protection des intérêts économiques et culturels. Julius Nyerere, ancien président tanzanien et fervent panafricaniste, disait : « Sans unité, il n'y a pas de futur pour l'Afrique. » Cette unité passe par la collaboration des divers acteurs africains pour résoudre pacifiquement leurs différends. Ce que d’ailleurs Kwame Nkrumah - Premier Président du Ghana a sans cesse réaffirmer en ces termes : "L'unité politique du continent est la seule voie pour notre survie collective."
2.2. Les Enjeux de l’Arbitrage et de la Médiation en Afrique
L’arbitrage et la médiation en Afrique sont confrontés à plusieurs défis, notamment le manque de confiance dans les institutions judiciaires, l’ingérence politique, et la difficulté à faire respecter les décisions arbitrales. De plus, ces mécanismes sont souvent perçus comme des outils externes, imposés par des puissances étrangères, ce qui limite leur acceptation au niveau local. Frantz Fanon, dans Les Damnés de la Terre, a observé que « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. » Les Africains doivent donc s'approprier l'arbitrage et la médiation pour en faire des outils véritablement africains au service de leur propre avenir.
2.3. La Diplomatie Non Gouvernementale : Un Atout sous-exploité
La DNG offre un cadre flexible et innovant pour la résolution des conflits. Cependant, elle est souvent sous-estimée en Afrique, où les États préfèrent recourir à des mécanismes formels. Pourtant, la DNG peut jouer un rôle essentiel en comblant les lacunes laissées par les processus traditionnels, en particulier dans les contextes où la méfiance envers les institutions étatiques est élevée. Senghor, poète et philosophe, affirmait que « La culture est au commencement et à la fin du développement. » La DNG, en intégrant les dimensions culturelles dans ses approches, peut apporter des solutions durables adaptées aux réalités africaines. Mbombog Mbog Bassong - Philosophe et Gardien des Traditions Africaines le martèle à loisir : “Les racines culturelles de l’Afrique sont le socle sur lequel nous devons bâtir notre avenir commun."
Il n’est pas superfétatoire de rappeler que selon un rapport de l'Union africaine (UA) de 2023, il y a actuellement plus de 30 conflits actifs sur le continent africain, impliquant diverses dimensions ethniques, religieuses et géopolitiques et ces conflits en Afrique ont entraîné des déplacements massifs. L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) rapporte que plus de 30 millions de personnes sont actuellement déplacées en Afrique, incluant des réfugiés, des demandeurs d'asile et des déplacés internes. Les pertes économiques liées aux dits conflits sont colossales. La Banque mondiale estime que les conflits armés ont coûté à l'Afrique plus de 15 % de son PIB au cours des deux dernières décennies. Cela entrave le développement économique et exacerbe la pauvreté. Ces conflits érodent les structures sociales traditionnelles, souvent en exacerbant les divisions ethniques et religieuses. Cette fragmentation socioculturelle affaiblit la cohésion nécessaire pour une action collective panafricaine. L'insécurité en est une conséquence directe. Selon l'Institut pour l'économie et la paix, plus de 60 % des décès liés aux conflits mondiaux surviennent en Afrique, soulignant la gravité de la situation sécuritaire sur le continent.
Que dire des conséquences environnementales. Les conflits exacerbent également la dégradation de l'environnement. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) indique que la déforestation, la désertification et la pollution des ressources en eau sont courantes dans les zones de conflit.
Sur le plan politique, ces conflits prolongés minent la stabilité politique des États africains, entraînant des coups d'État, des régimes autoritaires et une gouvernance inefficace. L'Afrique subsaharienne a vu plus de 200 coups d'État depuis les années 1950, dont la majorité a eu lieu dans des pays en conflit.
III. Vers une Approche Panafricaniste Authentique de la Prévention et de la Gestion des Conflits
3.1. L'Intégration des Valeurs Panafricanistes dans les Processus de Résolution des Conflits
Le panafricanisme authentique prône la solidarité, l’autodétermination et la coopération entre les peuples africains. Intégrer ces valeurs dans les processus d’arbitrage, de médiation et de DNG pourrait renforcer leur légitimité et leur efficacité. Par exemple, la médiation traditionnelle africaine, qui repose sur les valeurs de respect mutuel et de consensus, pourrait être revitalisée pour répondre aux défis contemporains. Cheikh Anta Diop a soutenu que « La renaissance de l'Afrique passe par la réhabilitation de sa propre histoire. » Une approche panafricaniste authentique doit donc s'inspirer des pratiques ancestrales pour répondre aux défis actuels.
3.2. Renforcement des Capacités Institutionnelles Panafricaines
Pour que l’arbitrage et la médiation deviennent des outils de prédilection dans la gestion des conflits en Afrique, il est nécessaire de renforcer les capacités des institutions africaines telles que la Cour Africaine de Justice et des Droits de l'Homme, ou encore le Panel des Sages de l'Union Africaine. Ces institutions doivent être dotées de ressources suffisantes et d'une autonomie réelle pour mener à bien leur mission. Thomas Sankara affirmait : « L'émancipation totale de l'Afrique ne peut se réaliser sans une Afrique unie. » Le renforcement des institutions panafricaines est donc un préalable indispensable à cette émancipation.
3.3. La DNG comme Complément aux Initiatives Étatiques
La DNG doit être reconnue comme un complément indispensable aux efforts étatiques dans la prévention et la gestion des conflits. Les États africains et les organisations régionales devraient encourager et soutenir les initiatives de DNG, en intégrant ces acteurs dans les processus de paix officiels. La participation de la société civile et des organisations non gouvernementales peut également faciliter l'appropriation locale des solutions proposées. Chinua Achebe, écrivain engagé, soulignait que « Si vous ne parlez pas, d'autres parleront pour vous. » La DNG permet aux voix marginalisées de se faire entendre, renforçant ainsi la légitimité des processus de paix.
IV. Perspectives pour une Unité Institutionnelle Panafricaine
4.1. Vers une Synergie des Mécanismes de Résolution des Conflits
La convergence des efforts entre l’arbitrage, la médiation et la DNG, soutenue par une vision panafricaniste, pourrait poser les bases d’une unité institutionnelle africaine. Cette synergie permettrait d'éviter la fragmentation des initiatives de paix et d'assurer une réponse plus coordonnée aux conflits. « Unité et engagement sont les clés de notre avenir, » a déclaré Patrice Lumumba. Cette synergie est nécessaire pour créer un front uni en faveur de la paix sur le continent.
4.2. L’Importance de l'Éducation et de la Sensibilisation
Il est crucial de sensibiliser les populations africaines aux avantages de l’arbitrage, de la médiation et de la DNG. L’éducation à ces mécanismes devrait être intégrée dans les programmes scolaires et de formation des élites politiques et économiques, pour créer une culture de la paix et de la coopération. Ngugi Wa Thiong'o a écrit : « L'éducation est l'arme la plus puissante pour changer une nation. » En formant les futures générations aux mécanismes de paix, l'Afrique peut espérer un avenir plus stable et prospère.
4.3. La Mobilisation des Ressources Africaines
Enfin, l’autonomie financière des institutions africaines est indispensable pour garantir leur indépendance et leur efficacité. La mobilisation des ressources internes, par le biais de contributions étatiques et privées, pourrait permettre de financer les initiatives de résolution des conflits sans recourir à l'aide extérieure, souvent conditionnée à des agendas non africains.
Conclusion
L’arbitrage, la médiation et la diplomatie non gouvernementale sont des outils puissants pour la prévention et la gestion des conflits en Afrique. Leur efficacité dépendra toutefois de leur appropriation par les Africains eux-mêmes, dans une perspective panafricaniste authentique. En renforçant les institutions africaines, en intégrant les valeurs panafricanistes, et en favorisant la synergie entre les différents acteurs, il est possible de jeter les bases d'une unité institutionnelle panafricaine, capable de garantir la paix et la stabilité sur le continent. Aussi sommes toutes, est-il désormais indubitable que l'intégration de l'arbitrage et de la médiation dans une stratégie panafricaniste authentique offre une voie prometteuse pour résoudre les conflits qui entravent l'unité africaine. Comme l'a dit Thomas Sankara : "Nous devons oser inventer l'avenir." Cette invention de l’avenir passe par la réappropriation de nos valeurs culturelles et l’adaptation des outils modernes de résolution des conflits à nos réalités spécifiques, en s’appuyant sur l'héritage intellectuel et spirituel des grands penseurs africains.

Maître Jean Guy ZOGO
Directeur du CEPAMC.

"Nul n'est censé ignorer la Loi dit-on si souvent. Mais la Loi elle-même gagnerait beaucoup à n'ignorer personne. Parce ...
31/07/2024

"Nul n'est censé ignorer la Loi dit-on si souvent. Mais la Loi elle-même gagnerait beaucoup à n'ignorer personne. Parce qu'elle est le régulateur suprême des rapports de droits qui naissent de toutes les interactions entre les êtres humains, mais également entre les êtres humains et leur environnement. Si la Loi la rugueuse réputation d'être dure, c'est parceque qu'elle est aussi le dernier rempart contre les penchants les plus obscurs de la nature humaine. Et c'est bien connu, qui aime bien châtie bien!
Toutefois, la nature humaine, admise comme diverse et ondoyante, voire parfois perverse, pousse beaucoup de personnes à toujours se dresser, par leurs actes, leurs omissions ou leur ignorance contre les prescriptions de la Loi. Ce qui oblige évidemment la Loi à s'adapter en muant au gré des vicissitudes de la vie humaine et des sociétés qui sont créées, sans jamais perdre de vue, l'impérieuse nécessité de protéger les faibles contre les abus des forts tout en se montrant suffisamment juste envers ces derniers.
Ceci laisse donc transpirer l'extrême complexité du rôle dévolu à la Loi et son importance indéniable. Pour le jouer pleinement, de manière aussi efficace qu' efficiente, pour l'accomplissement ultime d'une société équitable, la Loi a à sa disposition, à son service, des Institutions qui sont chargées, qui d'élaborer ses prescriptions, qui de les appliquer, qui de contrôler le processus d'application de celles-ci et qui de sanctionner les contenants à l'observation desdites prescriptions.
Ces Institutions agissent à travers des Hommes qui les incarnent et les animent au quotidien, mais qui sont susceptibles comme tout être humain, de commettre des erreurs.
Il est donc important, voire primordial et même fondamental, que chaque citoyen connaisse autant que possible ses droits, mais également ses devoirs tels que la Loi les lui a prescrits.
Pour cela, chaque citoyen devrait aimer la lecture car le corpus législatif et réglementaire de Droit positif est extrêmement dense et son discours, pas toujours compréhensible pour le plus grand nombre.
Il est cependant loisible de deviner que tout le monde n'aime pas forcément la lecture, n'en a peut-être pas le temps, ou ne dispose pas de moyens financiers indispensables pour acquérir l'ensemble des documents de droit, quand l'obstacle n'est tout bonnement pas l'analphabétisme.
"Allô Maître" est donc une plateforme interactive et proactive élaborée et contrôlée par des Juristes Praticiens soucieux d'apporter leur expertise à toutes les personnes physiques ou morales dans le morale qui le désirent, et d'accompagner celles-ci et tous ceux qui le souhaitent, dans la résolution de leurs problèmes à caractère juridique et fiscal. Elle est une initiative du Centre Professionnel d'Arbitrage, de Médiation et de Conciliation du Cameroun (CEPAMC), dans le cadre du Projet baptisé °° LEGISPROXI°° qui est un des 7 projets du Programme DELCO (Développement Local Concerté), porté par l'Association Camerounaise d'Agroforesterie (ACA) avec l'accompagnement de InÉco Corporation Group Sarl.
"Allô Maître" entend :
• Être à l'écoute attentive et professionnelle des abonnés afin de mieux cerner leurs problèmes, leurs difficultés, leurs préoccupations et leurs besoins.
• Leurs expliquer en des termes simples et faciles à comprendre, les implications juridiques des situations présentées à la lumière des faits et des dispositions légales et réglementaires en vigueur, en incluant lorsque cela s'avère nécessaire des données doctrinales.
• Organiser des consultations juridiques pour toutes celles et tous ceux qui le désirent notamment parmi les abonnés.
• Organiser l'accompagnement juridique et judiciaire personnalisé pour ses abonnés.
• Faire de la veille juridique pour ses abonnés.
• Faire des appels à contributions intellectuelle, matérielle et financières pour la réalisation du Projet baptisé LEGISPROXI.
• Organiser des séances de formation en Arbitrage et Médiation dans la cadre des activités statutaires du CEPAMC qui seront relayées de manière régulière.
• Apporter sa contribution à l'amélioration du niveau de culture juridique et juridictionnelle des Populations Camerounaises en général et de ses abonnés en particulier.
"Allô Maître" est une plateforme non partisane, mais dont l'idéologie de base est à forte coloration Panafricaniste authentique, sans intention de heurter d'autres perceptions du Monde.
"Allô Maître" n'a pas la prétention du savoir infus et accueille volontiers toutes les contributions volontaires tout en se réservant le droit de faire appel à des expertises extérieures au Projet chaque fois que nécessaire.
"Allô Maître" s'organise et fonctionne suivant un règlement intérieur dont les mots d'ordre sont : discipline, courtoisie, respect des opinions des autres, respect de la Loi, respect des Institutions étatiques.
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L'abonnement à la plateforme interactive "Allô Maître" est soumis au paiement des frais d'abonnement qui s'élèvent à 2€ (1300 francs CFA). Les frais de consultation juridique s'élèvent à 30€ (20000 francs CFA). L'accompagnement juridique et juridictionnelle se fait après le versement des frais d'ouverture de dossier qui s'élèvent à 77€ (50000 francs CFA), et entente sur le montant des honoraires et de vacations, dont le montant varie en fonction de la nature du dossier, la juridiction saisie et l'étendue de l'affaire ainsi que sa complexité.
"Allô Maître", c'est une équipe dévouée, dynamique, professionnelle, proactive, loyale et solidaire qui effectue sans cesse un renforcement des capacités afin d'être toujours à la hauteur des attentes de ses abonnés, et des enjeux juridique et juridictionnels contemporains, pour contribuer aussi efficacement que possible, à l'édification d'une société équitable et juste.

Me Jean Guy ZOGO
Directeur du Centre Professionnel d'Arbitrage, de Médiation et de Conciliation du Cameroun (CEPAMC).

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