11/06/2026
INDEMNITE DE TIERCE PERSONNE ET PREJUDICE ECONOMIQUE DES PARENTS AIDANTS : PAS DE VERIFICATION REQUISE.
La Cour de Cassation tranche une question récurrente en pratique : les parents contraints de réduire leur activité professionnelle pour assister leur enfant gravement blessé peuvent-ils obtenir une indemnisation distincte de celle allouée à la victime au titre de l'assistance par tierce personne (ATP) ?
Réponse de la Cour : non — sous réserve que les pertes subies par les aidants soient susceptibles d'être compensées par l'indemnité ATP déjà accordée à la victime, peu importe qu'une rémunération ait été effectivement versée.
La solution s'articule autour de deux règles préexistantes :
— l'indemnité de tierce ne peut être réduite au motif que l'aide est bénévole (2e civ., 24 sept. 2020) ;
— la perte de gains du parent aidant n'est indemnisable qu'à hauteur de ce qui excède ladite indemnité (2e civ., 14 avr. 2016).
L'arrêt du 28 mai 2026 en tire une conséquence logique : dès lors que la compensation est possible en droit, les juges du fond n'ont pas à contrôler l'usage effectif des sommes. Cette position est cohérente avec le principe de libre disposition de l'indemnité ATP.
En pratique, cela renforce l'importance d'une évaluation rigoureuse et exhaustive du besoin d'assistance dès l'expertise, en veillant à ce que le quantum ATP intègre explicitement la possibilité d'une aide familiale rémunérée — afin de ne pas laisser sans recours les proches aidants ayant sacrifié tout ou partie de leur carrière.
Source : Lexis Nexis, 4 juin 2026 · Cass. 2e civ., 28 mai 2026, n° 24-20.486, F-B