31/08/2026
GPA : l’interdiction demeure, ses effets circulent
Le droit français continue de prohiber la gestation pour autrui, mais il n’en refuse plus nécessairement les conséquences lorsqu’elles ont été consacrées par un jugement étranger. Les arrêts du 3 juillet 2026 accentuent ainsi une dissociation devenue structurante.
En admettant l’exequatur de décisions établissant la filiation au profit des parents d’intention, l’Assemblée plénière ne légalise pas la GPA. Elle reconnaît qu’un statut familial régulièrement constitué à l’étranger peut produire ses effets en France malgré l’article 16-7 du Code civil. La frontière se déplace : l’ordre public international ne sanctionne plus automatiquement l’origine de la situation, mais contrôle les conditions de sa reconnaissance, notamment l’absence de fraude et le consentement de la femme ayant porté l’enfant.
Pour les praticiens, l’enjeu n’est donc plus de plaider l’illicéité de principe de la GPA, mais d’attaquer ou de défendre la régularité du jugement étranger et les garanties entourant la constitution de la filiation.
Source : 3 juillet 2026, Cass. 1ère civ., n°22-20.883, n°23-50.002, n°23-50.016