18/05/2026
Les principes du droit international sur la souveraineté des États tournent autour d’une idée simple : chaque État est maître chez lui, mais pas au-dessus du droit.
C’est codifié dans la Charte de l’ONU Art. 2 et dans la jurisprudence de la CIJ. Voilà les 5 principes clés :
1. Égalité souveraine des États*
Art. 2§1 Charte ONU
Tous les États sont juridiquement égaux, qu’ils fassent 1 million ou 1 milliard d’habitants.
Conséquence : 1 État = 1 voix à l’AG de l’ONU, aucun État ne peut dicter sa loi à un autre.
Limite : Le Conseil de sécurité peut déroger avec ses résolutions obligatoires Chap. VII.
2. Non-intervention dans les affaires intérieures
Art. 2§7 Charte ONU + Affaire Nicaragua c. USA, CIJ 1986
Aucun État, organisation, ne peut intervenir directement ou indirectement dans les affaires qui relèvent de la compétence exclusive d’un autre État.
Ça couvre : choix du régime politique, politique économique, lois internes.
Exceptions :
- Intervention sur autorisation du Conseil de sécurité pour menace à la paix
- Légitime défense Art. 51
- Consentement de l’État concerné
3. Intégrité territoriale et indépendance politique
Art. 2§4 Charte ONU
Interdiction du recours à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État.
Traduction : pas d’annexion, pas d’invasion, pas de menace de force.
C’est le cœur du principe de souveraineté territoriale : l’État exerce un pouvoir exclusif sur son territoire et sa population.
4. Autodétermination des peuples
Art. 1§2 Charte ONU + Rés. 1514 ONU 1960
Les peuples ont le droit de déterminer librement leur statut politique et d’assurer leur développement économique, social, culturel.
C’est ce principe qui a légitimé la décolonisation.
Tension : Il s’applique aux peuples colonisés. Après l’indépendance, il s’efface devant l’intégrité territoriale de l’État existant. D’où le cas Kosovo, Sahara Occidental, etc.
5. Responsabilité de protéger et limites à la souveraineté
La souveraineté n’est plus absolue depuis 2001. Doctrine R2P adoptée par l’ONU 2005 :
1. L’État a la responsabilité première de protéger sa population du génocide, crimes de guerre, nettoyage ethnique.
2. Si l’État faillit, la communauté internationale doit l’aider.
3. Si ça ne marche pas, le Conseil de sécurité peut autoriser une intervention.
Conséquence : La souveraineté devient une responsabilité, pas juste un droit de faire ce qu’on veut.
2 .idées à retenir
1. Souveraineté = contrôle exclusif + égalité externe. À l’intérieur, l’État fait la loi. À l’extérieur, il est sur un pied d’égalité avec les autres.
2. La souveraineté est limitée par le droit international lui-même. Un État ne peut pas invoquer sa souveraineté pour violer un traité qu’il a ratifié, les normes impératives _jus cogens_, ou les résolutions du Conseil de sécurité.