18/05/2026
🇨🇩 | « On ne peut pas parler de référendum et refuser les élections à 12 millions de Congolais » : le Dr Denis Mukwege alerte sur un possible glissement politique en 2028
La tension politique monte progressivement en République démocratique du Congo à l’approche des échéances électorales de 2028. Dans une sortie qui résonne déjà comme un avertissement solennel à la classe dirigeante, le Prix Nobel de la Paix, le Dr Denis Mukwege, met en garde contre toute tentative de report des élections sous prétexte de l’insécurité persistante dans l’Est du pays.
Pour le célèbre gynécologue congolais et défenseur des droits humains, il est politiquement incohérent — voire dangereux — de vouloir priver près de 12 millions de citoyens vivant au Nord-Kivu et au Sud-Kivu de leur droit constitutionnel de vote, tout en envisageant parallèlement l’organisation d’un référendum national dans les mêmes conditions sécuritaires.
« Comment peut-on déclarer une partie du pays trop instable pour organiser des élections, mais suffisamment stable pour un référendum ? », s’interrogent déjà plusieurs observateurs politiques et acteurs de la société civile.
Cette déclaration du Dr Denis Mukwege intervient dans un climat de méfiance grandissante autour d’éventuels projets de modification constitutionnelle et de prolongation du pouvoir en place. Pour une partie de l’opinion publique, évoquer aujourd’hui l’insécurité comme motif de report électoral ouvrirait la porte à un dangereux précédent démocratique.
Dans les provinces meurtries du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les populations vivent déjà sous la menace permanente des groupes armés, beaucoup considèrent qu’ajouter une exclusion politique à la souffrance sécuritaire serait une double peine infligée aux citoyens.
Au-delà de la question électorale, cette prise de position remet au centre du débat la crédibilité des institutions, le respect de la Constitution et l’égalité des citoyens devant le suffrage universel.
À deux ans des grandes batailles politiques de 2028, les lignes commencent clairement à bouger. Et dans un pays marqué par plusieurs crises institutionnelles dans son histoire récente, chaque mot prononcé par une personnalité de l’envergure du Dr Denis Mukwege prend désormais une dimension nationale.
L’opinion publique reste suspendue à une question essentielle : la RDC s’achemine-t-elle vers une consolidation démocratique… ou vers un nouveau cycle de tensions politiques ?
✍️ Rédaction : Yrma Kafenge Yenge
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