03/26/2026
Dans la pratique, on finit par s’habituer à certaines réalités du système judiciaire.
Mais certaines ne devraient jamais devenir « normales ».
Dans un dossier où j’ai été mandatée pour déposer une demande de suspension du casier judiciaire, j’attends depuis près d’un an que le greffe complète un simple formulaire de renseignements de la cour. Une simple formalité administrative.
On m’a expliqué que le délai habituel pour ce type de traitement pouvait être de six à douze mois.
La raison : personne n’était spécifiquement attitré à cette tâche.
Le formulaire est donc complété… lorsque le temps le permet.
Or, dans la réalité d’un greffe, on le sait bien : il y a toujours quelque chose à faire.
Pour l’administration, ce délai peut sembler banal.
Mais pour la personne qui attend derrière ce dossier, il ne l’est pas du tout.
Une suspension du casier judiciaire représente souvent une deuxième chance :
- la possibilité d’obtenir un emploi;
- de louer un logement;
- de retrouver une dignité professionnelle;
- ou simplement de tourner une page.
Dans un contexte où le coût de la vie ne cesse d’augmenter au Québec, demander à quelqu’un d’attendre six à douze mois pour un simple formulaire administratif peut avoir des conséquences très concrètes sur sa capacité à se reconstruire.
Les greffes jouent un rôle essentiel dans l’accès à la justice.
Et justement parce que leur rôle est essentiel, certaines réalités méritent d’être repensées.
Les délais administratifs ne sont pas qu’une question de gestion interne.
Ils peuvent devenir, pour certains citoyens, un obstacle réel à la réinsertion et à une vie digne.
Peut-être est-il temps de se demander collectivement : quels délais devraient réellement être considérés comme « normaux » dans un système de justice qui vise aussi la réhabilitation.