20/06/2026
Tu es stagiaire. Tu n'es pas esclave.
Dans beaucoup d'entreprises, le stagiaire est encore considéré comme celui qui doit tout accepter : arriver le premier, partir le dernier, exécuter toutes les tâches qu'on lui confie sans discuter et remercier l'entreprise pour l'opportunité qui lui est offerte. Cette vision est tellement répandue que certains finissent par croire qu'un stage est une période pendant laquelle les règles ordinaires cessent d'exister.
Pourtant, le stage n'est pas un vide juridique.
Certes, un stagiaire est là pour apprendre et acquérir de l'expérience. Il est normal qu'on lui demande de fournir des efforts, de faire preuve de discipline et parfois même de sortir de sa zone de confort.
Mais il existe une différence fondamentale entre l'apprentissage et l'exploitation, et cette différence ne disparaît pas simplement parce qu'une convention de stage a été signée.
Lorsqu'un stagiaire passe ses journées à effectuer des tâches sans rapport avec sa formation, lorsqu'il remplace en pratique un salarié que l'entreprise ne souhaite pas recruter ou lorsqu'il est systématiquement soumis à des conditions de travail déraisonnables sous prétexte qu'il doit « faire ses preuves », il est légitime de se poser des questions.
Car le stage a un objectif précis : former.
Il ne doit pas devenir un moyen de contourner les règles applicables au travail ou de profiter de la vulnérabilité de jeunes personnes qui cherchent à construire leur avenir professionnel.
Un stagiaire n'a peut-être pas encore beaucoup d'expérience, mais il possède déjà quelque chose que personne ne devrait lui retirer : sa dignité.
Et aucune expérience professionnelle ne vaut qu'on y renonce.