Sophie Gorlé - Avocate

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Sophie Gorlé - Avocate Avocate au Barreau de Liège-Huy, je pratique le droit pénal.

Au mois d’avril 2025, je répondais aux questions d’Axelle Magazine quant aux dernières évolutions juridiques en matière ...
27/02/2026

Au mois d’avril 2025, je répondais aux questions d’Axelle Magazine quant aux dernières évolutions juridiques en matière de consentement, et quant à une décision, à ce moment tout récente, du Tribunal correctionnel de Louvain, qui condamnait Ruben Van Stiphout pour viol mais lui octroyait la suspension du prononcé.

La Cour d’appel de Bruxelles a confirmé cette décision en degré d’appel.

La Cour a écarté la demande du Ministère public de mettre en place, à tout le moins, un dispositif probatoire - ce qui est possible par deux mécanismes invisibles au casier judiciaire : la suspension probatoire du prononcé et la peine de probation autonome.

La Cour a motivé sa décision comme suit :

« Une peine n’est pas une réponse nécessaire aux faits commis dans cette affaire. (…) Elle ne contribuerait pas à la protection de l’intérêt sociétal, mais aurait des conséquences disproportionnées et néfastes pour le prévenu et son entourage ».

Cette motivation ne peut que surprendre.

J’indiquais dans mon entretien avec Axelle, que la suspension du prononcé était une mesure exceptionnelle, que l’on jugeait régulièrement trop clémente, notamment en matière d’excès de vitesse devant le Tribunal de police. Les juridictions motivent très régulièrement le rejet de cette mesure de faveur en indiquant qu’elle serait de nature à banaliser les faits dans le chef du prévenu.

À titre d’exemple, j’ai pu lire dans un jugement du Tribunal de police de Verviers au mois de décembre 2025 la motivation suivante :

« La suspension du prononcé (…) doit rester une mesure d'exception accordée dans des conditions particulières, quod non en l'espèce. La mesure ne peut être le moyen de préparer le terrain à une éventuelle récidive ni conduire à banaliser l'infraction commise. (…) Il ne sera donc pas fait droit à la demande de suspension du prononcé. Celle-ci n’est en outre pas en adéquation avec la gravité des faits ».

Je lisais également récemment, dans un jugement du Tribunal correctionnel de Liège, une motivation similaire qui écartait, cette fois, une demande de peine de probation autonome (soit, une mesure moins favorable qu’une suspension du prononcé), pour des faits d’abus de confiance, soit une infraction purement financière :

« Le prévenu sollicite de pouvoir bénéficier d'une mesure de probation autonome. L'octroi d'une telle mesure est inopportun en l'espèce, car il serait de nature à minimiser dans l'esprit de celui-ci la gravité des faits commis, ainsi qu'au vu des éléments négatifs repris ci-dessus ».

L’on peut comprendre que la motivation de l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Bruxelles dans la présente affaire puisse surprendre, si des faits de roulage ou des infractions économiques semblent trop graves pour de telles mesures de faveur, a fortiori, une condamnation pour viol semble d’un degré de gravité plus élevé encore.

Bien sûr, l’on peut suivre le raisonnement selon lequel, au moment de la condamnation, le mal est fait et que le juge doit mettre en balance cela avec l’avenir du prévenu, et la possibilité qu’un casier judiciaire le déclasse socio-professionnellement. L’on peut se dire qu’il est normal, quand on se prononce sur la peine, de se concentrer davantage sur l’auteur que sur la victime.

Pourtant, la prise en compte de la gravité de l’infraction et des conséquences de celle-ci sont des critères habituellement utilisés en matière de peine. En outre, la victime est prise en compte, par exemple, dans le processus de décision du Tribunal d’application des peines.

Dans sa motivation, la Cour indique qu’une sanction, en cette affaire, ne contribuerait pas à la protection de l’intérêt sociétal.

L’on peut légitimement s’interroger sur cette affirmation. En effet, au de-là du message envoyé à la victime de Ruben Van Stiphout, un message plus général est envoyé par cet arrêt, concernant le volet « sociétal », aux autres victimes ainsi qu’aux auteurs.

Dans la pratique, il y a côté injuste et cruel à mettre de côté la victime au moment de se prononcer sur la peine, alors que celle-ci a été mise au centre des débats jusqu’alors, même s’il ne s’agissait pas de son procès. Durant l’enquête et les débats sur la culpabilité, la victime est centrale : son récit est disséqué, son vécu est remis en question, son intégrité, ses habitudes, son passé, sont analysés au peigne fin. Elle est parfois traitée de menteuse. Parfois, on insulte son intelligence en remettant en question sa bonne compréhension de ce qui lui est arrivé. Elle doit être une victime parfaite, blessée mais pas trop détruite pour rester cohérente, triste mais pas en colère pour ne pas paraître revencharde. Elle peut s’autoriser une unique larme cristaline sur sa joue, qu’elle peut tamponner élégamment, sans trop se faire remarquer. Elle est, alors que ça ne devrait pas être le cas, celle qui doit se défendre lors des débats.

Mais au moment du prononcé de la peine, c’est comme si la victime ne devait plus être prise en compte et cessait soudainement d’exister. Les faits sont là, ils sont établis, mais le prononcé d’une peine serait disproportionné et aurait une influence néfaste sur le prévenu et son entourage.

Qu’en est-il de l’influence néfaste de l’absence de conséquences pour les auteurs ? Qu’en est-il de l’avenir de leur victime ?

Si un juge de police peut s’inquiéter du fait qu’une suspension en matière de roulage soit de nature à banaliser les faits et à « préparer le terrain à une éventuelle récidive », qu’en est-il si la suspension du prononcé se normalise pour les faits de moeurs ?

Cet arrêt pose question eu égard à la volonté du législateur qui semble vouloir évoluer positivement sur ces thématiques.

Le prononcé de la peine a été "suspendu". Comment comprendre cette décision ? Quel lien avec l’introduction du consentement dans le Code pénal ?

23/10/2025

🗓 Rappel permanence 🗓

La permanence pour les victimes de violences physiques et sexuelles de Liège se tiendra ce mardi 4 novembre 2025 à partir de 17h30.
Où ?
Boulevard de la Sauvenière 85/101 à 4000 Liège.
Le cabinet se situe au premier étage du bâtiment.
La sonnette reprend l’indication « BVC SAUVENIERE AVOCATS ».
Quand ?
De 17h30 à 19h, tous les premiers mardis du mois.
Pour qui ?
Toute personne ayant été victime par le passé ou subissant toujours des faits de violences physiques, de violences sexuelles, de harcèlement, ou de délits de haine.
Pour quoi ?
Le but est de fournir gratuitement des premiers conseils juridiques aux victimes de ces faits, ou aux personnes pensant potentiellement en être victime, d’éventuellement les rediriger vers des professionnels compétents pour ce qui ne concerne pas la procédure pénale, mais avant tout d’offrir un espace bienveillant pour toute personne souhaitant de l’aide et une écoute par rapport à ce type de fait.

N.B. : Je comprends parfaitement la crainte de ne pas avoir le temps de s’exprimer de manière complète lors de la permanence. Pour toute personne souhaitant être reçue dans les mêmes conditions à une date et heure fixe, il est bien sûr possible de prendre un rendez-vous en m’adressant un e-mail à l’adresse [email protected] - nous trouverons ensemble une date qui vous convient pour pouvoir regarder ensemble votre dossier dans le détail.

01/08/2025

🗓 Rappel permanence 🗓

La permanence pour les victimes de violences physiques et sexuelles de Liège se tiendra ce mardi 5 août 2025 à partir de 17h30.
Où ?
Boulevard de la Sauvenière 85/101 à 4000 Liège.
Le cabinet se situe au premier étage du bâtiment.
La sonnette reprend l’indication « BVC SAUVENIERE AVOCATS ».
Quand ?
De 17h30 à 19h, tous les premiers mardis du mois.
Pour qui ?
Toute personne ayant été victime par le passé ou subissant toujours des faits de violences physiques, de violences sexuelles, de harcèlement, ou de délits de haine.
Pour quoi ?
Le but est de fournir gratuitement des premiers conseils juridiques aux victimes de ces faits, ou aux personnes pensant potentiellement en être victime, d’éventuellement les rediriger vers des professionnels compétents pour ce qui ne concerne pas la procédure pénale, mais avant tout d’offrir un espace bienveillant pour toute personne souhaitant de l’aide et une écoute par rapport à ce type de fait.

N.B. : Je comprends parfaitement la crainte de ne pas avoir le temps de s’exprimer de manière complète lors de la permanence. Pour toute personne souhaitant être reçue dans les mêmes conditions à une date et heure fixe, il est bien sûr possible de prendre un rendez-vous en m’adressant un e-mail à l’adresse [email protected] - nous trouverons ensemble une date qui vous convient pour pouvoir regarder ensemble votre dossier dans le détail.

01/07/2025

⚠️ PERMANENCE

Au vu des fortes chaleurs et pour pouvoir vous recevoir dans de bonnes conditions, la permanence aura lieu ce vendredi 4 juillet de 16h à 18h.

Toute personne souhaitant me contacter urgemment peut bien entendu m’adresser un courriel sur mon adresse e-mail.

03/06/2025

La permanence n’aura pas lieu ce jour. Elle sera par contre organisée le 1er juillet 2025. En cas de demande urgente, il est bien sûr possible de prendre un rendez-vous par mail pour être reçu avant cette date.

18/04/2025

"Donc, dans l’histoire de Louvain, non seulement un avocat s’est senti à l’aise de plaider une suspension du prononcé dans un cas de viol, mais le Tribunal a fait droit à cette demande, ce qui peut légitimement surprendre."

Comment comprendre une telle décision ? Quel lien avec l’introduction du consentement dans le Code pénal ? ⬇️Décryptage avec l’avocate pénaliste liégeoise Sophie Gorlé, spécialiste de l’assistance juridique aux victimes de violences sexuelles.

https://www.axellemag.be/viol-de-louvain-consentement-comment-comprendre-un-tel-jugement/

J’ai pu répondre, dans cet article, à quelques questions d’Axelle Magazine qui s’interrogeait sur l’impact de la nouvell...
18/04/2025

J’ai pu répondre, dans cet article, à quelques questions d’Axelle Magazine qui s’interrogeait sur l’impact de la nouvelle définition du consentement introduite par le nouveau droit pénal sexuel, notamment en lien avec la décision controversée rendue ce 1er avril par le Tribunal correctionnel de Louvain.

Le prononcé de la peine a été "suspendu". Comment comprendre cette décision ? Quel lien avec l’introduction du consentement dans le Code pénal ?

À l’occasion du 8 mars, je me permets de partager cet article dans lequel quelques estimées Consoeurs et moi-même avons ...
10/03/2025

À l’occasion du 8 mars, je me permets de partager cet article dans lequel quelques estimées Consoeurs et moi-même avons pu partager nos expériences dans le cadre de l’assistance des victimes de violences sexuelles.

02/08/2024

🗓 Rappel permanence 🗓
La permanence pour les victimes de violences physiques et sexuelles de Liège se tiendra ce mardi 6 août 2024 à partir de 17h30.
Où ?
Boulevard de la Sauvenière 85/101 à 4000 Liège.
Le cabinet se situe au premier étage du bâtiment.
La sonnette reprend l’indication « BVC SAUVENIERE AVOCATS ».
Quand ?
De 17h30 à 19h, tous les premiers mardis du mois.
Pour qui ?
Toute personne ayant été victime par le passé ou subissant toujours des faits de violences physiques, de violences sexuelles, de harcèlement, ou de délits de haine.
Pour quoi ?
Le but est de fournir gratuitement des premiers conseils juridiques aux victimes de ces faits, ou aux personnes pensant potentiellement en être victime, d’éventuellement les rediriger vers des professionnels compétents pour ce qui ne concerne pas la procédure pénale, mais avant tout d’offrir un espace bienveillant pour toute personne souhaitant de l’aide et une écoute par rapport à ce type de fait.

29/05/2024

🗓 Rappel permanence 🗓
La permanence pour les victimes de violences physiques et sexuelles de Liège se tiendra ce mardi 4 juin 2024 à partir de 17h30.
Où ?
Boulevard de la Sauvenière 85/101 à 4000 Liège.
Le cabinet se situe au premier étage du bâtiment.
La sonnette reprend l’indication « BVC SAUVENIERE AVOCATS ».
Quand ?
De 17h30 à 19h, tous les premiers mardis du mois.
Pour qui ?
Toute personne ayant été victime par le passé ou subissant toujours des faits de violences physiques, de violences sexuelles, de harcèlement, ou de délits de haine.
Pour quoi ?
Le but est de fournir gratuitement des premiers conseils juridiques aux victimes de ces faits, ou aux personnes pensant potentiellement en être victime, d’éventuellement les rediriger vers des professionnels compétents pour ce qui ne concerne pas la procédure pénale, mais avant tout d’offrir un espace bienveillant pour toute personne souhaitant de l’aide et une écoute par rapport à ce type de fait.

02/05/2024

🗓 Rappel permanence 🗓
La permanence pour les victimes de violences physiques et sexuelles de Liège se tiendra ce mardi 7 mai 2024 à partir de 17h30.
Où ?
Boulevard de la Sauvenière 85/101 à 4000 Liège.
Le cabinet se situe au premier étage du bâtiment.
La sonnette reprend l’indication « BVC SAUVENIERE AVOCATS ».
Quand ?
De 17h30 à 19h, tous les premiers mardis du mois.
Pour qui ?
Toute personne ayant été victime par le passé ou subissant toujours des faits de violences physiques, de violences sexuelles, de harcèlement, ou de délits de haine.
Pour quoi ?
Le but est de fournir gratuitement des premiers conseils juridiques aux victimes de ces faits, ou aux personnes pensant potentiellement en être victime, d’éventuellement les rediriger vers des professionnels compétents pour ce qui ne concerne pas la procédure pénale, mais avant tout d’offrir un espace bienveillant pour toute personne souhaitant de l’aide et une écoute par rapport à ce type de fait.

26/03/2024

! PERMANENCE !

Exceptionnellement, la permanence du mois d'avril ne pourra être organisée.

En cas d'urgence, je vous invite à me contacter par e-mail : [email protected].

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